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XVII

Les sceaux des prévôtés, bailliages, sénéchaussées et autres cours royales et seigneuriales sont extrêmement nombreux mais tardifs: jusqu'au quatorzième siècle ils sont peu communs et disparaissent à peu près complètement, sauf pour les cours souveraines, au dix-septième siècle. Voici un certain nombre d'exemples des légendes inscrites sur ces sceaux. Le parlement de Bourgogne siégeant à Beaune : Sigillum curie parlamenti Belne (1387); baillages de Rouen: Sigillum ballivie liothomagensis (1282), de Caux; Veci le seel de la ballie de (Jaus (1302), des montagnes d Auvergne : S ballie montanearum Alvergnie (1303), de Limoges ; Sig. autenticù . dni régis Frâcie in ballivia Leniovicensi (1358) ; sénéchaussées de Toulouse : S' regium scnescallie Tholose (1341), de Boulogne: Sigillù. senescallie Boulonensis

1. DouËT D'Arcq. Collection de sceaux, n"' MOIO. 8013, 8015, 8022 et 8029. — Roman. Sceau du collège d'Harcourl [Bulletin des Antiquaires de France, 1877, p. i8). — Cartulaire de i Université de Montpellier, t. 1. p. xxxvii, pi. y .

(1477); prévôtés de Paris; Sigillum prepositure Parisiensis ( 1295), de Saint-Germain : S. prepositure sci Germani in Laya (xn*" s.); viguerie de Toulouse: S. curie vi.carii Tholose (1421); vicomte de Verneuil : ^S" vice comitatus Vnolii (1300) ; châtellenies de Fréteval : S. castellanie Fractevallis fxiii* s.), de la Ferté de Villeneuve : iS" castellanie Feritatis de Villanovio (xiv'' s.).

Les lég-endes suivantes sont sur des sceaux de juridictions seigneuriales : S. R. 9'*^ de Motheliart deq. on use a Mohilart (1296); .S. c/uo utitur in vicecornitatu Lemovicensi pro Guid. vicecolte (1314) ; Seel de la tarre du Perche a Morteinne [{'i2^) ; Si(jillii. curie Rionii pro dno duce Bituric z Alvernie coniitis Matisconis i. Alvernia constitutù (1363).

Dans beaucoup de juridictions les sceaux employés étaient différents suivant la nature de l'acte scellé, et la léo-ende variait de l'un à l'autre. Il v avait le sceau aux causes : Grant seel des causes de la vicomte de Caen (1368); Le petit s. aux causes du bailliage d'Evreux (li-69); le sceau aux contrats : Seel aux contraux de la chastellenie de Blois (1403) ; le sceau aux obligations : S. des obligations de Danfront pour le roi (1339), S. obligatOm vicecôitatus Baiocen (1377). On trouve aussi des sceaux pour le tabellionage, les héritages, les citations, etc., conçus de la même façon que les précédents.

Certaines charges importantes avaient des sceaux à légendes anonymes ; en 1346 le sceau des maréchaux de France avait pour légende : Le seel des mareschaux de France ; en 1364 celui du gouvernement de Dauphiné : Le seel de la liotenance du Dalphiné de Viennois ; en 1 458

2i6 MANUEL DE SIGILLOGRAPHIE FRANÇAISE

celui de radministration forestière en Normandie : S'aus eaus et forests dupais de Normandie K

Les légendes des sceaux municipaux se rattachent k un petit nombre de formules qui diffèrent suivant la composition de l'administration de la cité et les titres des magistrats municipaux, échevins, consuls, jurats, etc. Les exemples suivants donnent des spécimens d'à peu près toutes les formules usitées, en commençant par celle des marchands de Paris (1210) : Siffillum mer-catorum aque Parisius. Avignon (1226) : Sigilliim comrmmis Avinionis; Senlis (1228) : Sigilluni communie Silvanectensis ; Bayeux (1351) : Sigillum communie civitatis Baiocensis ; Saint-Omer (1247) : S. communionis Sancti Audomari; Biarritz (1331) : Sigillum conciliide Beiarris\ Meulan (1195) : Sigillum concionis de Moulent (pi. XVIII, n"* 1) ; Grenoble [\i%l): Sigillum univcrsitatis civitatis Gratianopolis ; Toul (1300) : Universitas civium TuHn.; Narbonne (1218) : Sigillû. pacis civium Narbonensium ; Glermont-Ferrant (1255) : Sigillû. reipublice Claromontensis: BrignoUes (1221) : Sigillum ville Brinonie ; Maubeuge (1293) : Cest li saius de la fràke vile de Mauhuege ; Bourbourg (1237) : Sigillum burgensiuni de Bi'oburq ; Sarlat (1223) : Ce est li sciaus as borgies de Sarlat; Arras (1303) : S. maioris et scabinorCi. Atrehatensium : Pontoise (1228) : Sigillum maioris et

1. Roman. Inventaire des sceaux des Pièces oriyinales. n" 7018. — Sceaux des forestiers, p. 16. — Sceaux des familles seigneuriales de Dauphiné, n" i77. Voir fisrurc 13, p. 116.

parium comunie Pontisarensiû.; Roye (1228) : Sigillum rnaioris et juratorum Roie ; Rethel (1293) : S. scabinorum Begistestensis ; Pamiers (1267) : Sigillum consulum Apamie ; Brusque (1303) : S. cosols de Brusca ; Embrun (12o4l : Sigillum consulum civitatis Ehredunensis ; Saint- Affrique (1303 : 6" consulum ville Santi Africani ; Montesquieu (1303) : S. consulù. et pbor. hominû. de Montequiu; Montblanc (1288) : S'. f/7s proomes f/' Mohlac. Les villes d'Arles, de Marseille, de Valence, ont inscrit sur leurs sceaux des vers léonins dont oh trouvera la transcription dans la première partie de ce chapitre. Les pages précédentes présentent un tableau des principaux groupes de légendes gravées sur les sceaux du moyen âge, mais il s'en faut que cet ensemble soit complet. Des milliers de clercs, de bourgeois, de personnages divers, dont on ne connaît ni la patrie ni la profession, ni même quelquefois le nom, ont eu des sceaux sur lesquels ils ont fait graver leur nom, sans plus, ou une devise, ou une sentence pieuse, ou un titre inexpliqué : Amor vincit omnia ; Beve bien ge vou. en prije ; S. sponsa Dci. etc. '. Cette catégorie de sceaux défie toute classification et tout catalogue, surtout lorsqu'il s'agit de sceaux-matrices qui, n'étant pas joints à un acte, n'ont pas de date certaine et dont la provenance n'est même pas toujours connue.

Légendes des conlre-sceau.r.

Le contre-sceau est nommé contra-sigillum ousigillum secretum, termes qu'on ne trouve pas, semble-t-il, avant

1. Charvet. Collection Dongé, iv" i3i et -lil et ma collection.

les dernières annés du xii'" siècle. Dans le midi on a employé de préférence celui de sigillum secretuin.

Les légendes des contre-sceaux se divisent en deux catégories distinctes suivant qu'elles ont ou n'ont pas de rapport avec celles du sceau.

Parmi les légendes qui n'ont aucun rapport avec celles des sceaux il faut placer en première ligne celles qui ne sont composées que des mots contra sigillum. sigillum secretum ou leurs variantes. Ces variantes sont fort nombreuses ; voici les principales : Sigillom secrelom, Sigillum secreti, Sigillum secreti nostri, Ces li contre sceau, Secretum meum, Contras' tegne itene), Contrasigillum secreti mei. Parvum contra sigillum, Fides sigilli, Fidelis cuslos sigilli, Sum sera (cera) sigilli, S'privafum, Le secret, Secretum, Secreti mei, Secretum meum, Secretum meum michi, Secretum meum michi et tihi, Secretum meum tibi, Secretum meum sit illi. Hoc est secretum meum, C'est mes secres, Secretum sigilli, Secretum est, Sit secretum. Ego sécréta tego, Annuncio sécréta, Secreti custos, Xoster fidelis secreti custos. Cela secretum. Secreti communis, Clavis sigilli, Clavis secreti, Signum secreti, Crede michi, Credendum est michi, Testimonium veri, Signum veritatis, Custodia veritatis, Veritas, Xotula actorum, Notula curie, Sigillum ad notulas, Custos sigilli notular, etc.

Certaines légendes anonymes sont des formules d'invocation ou d'obsécration : Confirma hoc Deus (1201j, Confir secr Deus (H88), Fugite partes adverse (1212), [''ac michi r/uod tihi vis (1 181), ou des allusions à l'usage auquel servaient les contre-sceaux pour cacheter les lettres missives : Frange, lege, tege (Laurent, abbé de

Saint-Laumer de Blois, 1226) ; Frange, inspice, lege, i^ge, comple (Pierre, abbé de Saint-Lucien de Beauvais, 1317 1.

Les contre-sceaux des seigneurs laïcs ont souvent pour lég-ende des devises chevaleresques : Passavant le meillor Blanche, comtesse de Champagne, 1210); Hoc est scutum meum (Richard de Beaumont, 1234) ; Passavant la Thibaut (Thibaut IV, comte de Champagne, 1247), ou un nom de seigneurie ou de ville, siège de la juridiction à laquelle appartient le sceau: Noerium (Miles de Noyers, 1211); Mercoriuni (Bernard de Mercœur, 1247) : Silvanec. iirhs regia (Elisabeth de Châtillon, 1241); Aurelianis (prévôté d'Orléans, 1295); Civitas (ville de Sens, 1263).

Sur les contre-sceaux des ecclésiastiques on lit surtout des légendes pieuses : Agnus Dei (1283); Ecce agnus Dei (1125 ; Agnus Dei miserere mei (1232) ; Sancta Trinitas unus cls. (1266); Ave gracia plena dûs tecum (1262); Signuni Dei vivi (1234); 0 crux admirahilis (1242) ; Crux sancta in te gloriahor (1225); Hoc signuni crucis erit in celo (1251); In hoc signo vinces (1235); Ligat, solvit hec claves Pétri (1317).

Les noms des saints patrons des églises paraissent très nombreux dans les légendes des contre-sceaux : S'. Mauricius Turonis {\2io); Ses Dionisius areopagita (1296) ; Ses Briocus (1220); Beatus Ciricus (1240); Stefanus pie nus gracie (1225), etc.

1 ne légende fréquente dans les contre-sceaux est : Gracia Dei su/n guod su m.

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