Ile-de-France
On possède les sceaux, à partir du début du xii'' siècle, d'une foule de grands barons possessionnés dans l'Ilede-France et dont la plupart remplissaient de grandes
1. BiHi.ioGBAiMiiK. DrcHESMî (Anorh). Histoire fjénéaloçfiqiie Je la, maison de Moiilnwrency cl de Laval. Paris, 1621, in-fol. — 25 sceaux.
Gaiomèkes. Les dessins de (îaignières conservés à la Bibliollicque nationale sont la source la plus riche à consulter |)our l'étude des sceaux de l'Ile de France. J'en ai publié l'inventaire dans les Mémoires des Antiquaires de France, t. LXIX, p. (il. — .3340 sceaux.
DoiiiiT d'Arcq. Collection de sceaux des Archives impériales. Cet ou\raf;e, auquel j'ai eu recours à chaque instant, est éf^alenient une source inappréciable poiu' les sceaux de celte région.
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charges à la cour. Le type le plus répandu est de beaucoup le type équestre, le cavalier brandissant lépée. Les comtes de Soissons en ont fait usage dès 111*)^ les sires de Ciievreuse dès 1140. les barons de Montmorency dès IIGO, les comtes de Meulan en II60, les seigneurs de Pierrefonds en 1168, les comtes de (^lermont en 1170, ceux de Beaumont en IIT'L ceux de- Montfort en IITG. ceux de Dreux en ll8t. ceux de Dammartin en 1189, les comtes de Corbeil en 1 109, les. sires de Poissy et ceux de Maintenon en 1200. les châtelains de Ncyon en 1203, les vicomtes de Melun en 1201. (jaleran, vicomte de Meulan vers llGoj, a un sceau à deux faces . dun côté le cavalier tenant la lance à gonfanon, et de l'autre le cavalier brandissant l'épée. Raoul^ comte de Clermont (1170 , est représenté sur son sceau uniface, marchant au pas, coilfé d'un chapeau de fer et portant la lance à gonfanon. Les comtes de Montfort 1176) ont des sceaux à deux faces, d'un côté au type de chasse (pi. Vil. n'^ 2), de l'autre au type équestre ordinaire. L'usage du contre-sceau commence pour les.
Marsy {De). Sceaux des ecc'gHes de Moyon. Paris, 1865. in-8°. — 20 sceaux.
CoKTi.ooox (Dii) ET TissEHANu. Les armoirics de la ville de Paris sceaux, emblèmes, elc. Paris. 1874-1875. in-4°. 2 vol. — 150 sceaux.
Moi'TiK. Hecherches historiques, archéologiques et généalogiques sur Chevreuse. Rauibouillet, l87ti, in-8". — 6 sceaux.
Tho.mas. Xumismatique et sigillographie pontoisiennes. Poutoise. J8«3. in-8°. Avec les Additions à la sigillographie pnnioisienne de M. pe. Marsy {Mémoires de la société historique de Pantoise et du \ exin, 1883, p. 21). — 45 sceaux.
PoQUET (Auui'i). Essai de sigillographie snissonnaise. Reims. 1886, iu-S», 16 p.
Mi'LLEn (Cii.v.Noi.NE^,. Vingt-neuf chartes originales de l'abbaye de- './ja.i/js (Comité archéologique de Senlis. 1891, p. 25 . — 31 sceaux.
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comtes de Soissons en 11 15, pour les autres beaucoup plus tard. Le type armoriai existe dès 1204 pour les vicomtes de Melun ; les autres seigneurs adoptent ce type presque aussitôt après cette date.
Le nombre des sceaux des chambres de justice et de finance, des juridictions diverses, des trésoriers, conseillers des aides ou des comptes, des administrateurs, etc., de riie-de-France, est immense et défie tout inventaire et toute classification.
Les sceaux municipaux sont très nombreux et plusieurs ont des types du plus haut intérêt. Je ne parlerai pas de la galère parisienne (1200) qui est assez connue. Les sceaux de Meulan (1195) (pl.XYlll, n"* 1) et de Beaumont (xii*^s.) représentent les têtes des échevins de ces deux villes; celui de Mantes (1208), le maire à cheval; ceux de |Laon (1228), de Chaumont en Vexin (1211), d'Athies (1228), le maire à pied le premier portant une épée haute au fourreau ; ceux de Soissons (1228) (pi. XIV, n° 1) et de Compiègne (xiii^ s.) figurent le prévôt royal entouré des échevins; celui de Noyon (1259) un homme d'armes au haut d'une tour, tenant une épée et une bannière ; celui de Beaumont (1228), un château fort: celui de Beauvais (1228), une vue de la ville dans une enceinte crénelée ; celui de Pontoise (1228), un pont fortifié ; celui de Poissy (1205), un poisson entre deux fleurs de lys ; celui d'Asnières (1259), le maire debout entre deux ânes.
Le sceau épiscopal le plus ancien de France est celui de Walbert, évêque de Noyon en 933 ; il est ovale et le prélat y est nu-tête. Puis vient celui de Roricon, évêque de Laon (949-976), sur lequel il est en buste de
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face, mitrô, crosse cl bénissaul : ce sceau est ég-alement ovale. Puis viennent par ordre d'ancienneté Héligot (1085) et Hu<i^ues de Pierrefonds ( 101)3), évêques de Soissons, etElinand (1090), évèque de Laon. les deux premiers debout, le dernier assis, nu-tète, crosse et bénissant. Le sceau d'Elinand a la forine d une baie en plein cintre. Le sceau le plus récent sur lequel un évèque de rile-de-France ait la tète nue est celui d'Etienne de Nemours, évèque de Noyon en I 18!). La mitre cornue se rencontre à Beauvais en llo6, à Noyon en I 1-j7, à Paris en 1159, à Laon en 1173. On trouve quelques exemples de la mitre pointue antérieurs à ces dates et elle est exclusivement employée à partir de llTo.
Lofficialité de Laon il2ol)apour type un château; celle de Noyon (i23i), un château dans une enceinte fortifiée, surmonté d'une rose ; celle de Soissons (12oi), un portique; celle de Beauvais 1210/ une main tenant deux clefs ; celle de Senlis (^1263) un monogramme.
Les chapitres de Notre-Dame de Paris (1146), de Laon (1181) et de Senlis (1213) ont pour type la Vierge ; celui de Saint-Marcel de Paris 1202), saint Clément et saint Marcel ; celui de Saint-Denis (1200 i, saint Paul ; celui de Beauvais (1222), saint Pierre en costume épiscopal. La Sainte-Chapelle de Paris (1386 et 14801 a fait graver sur son sceau saint Louis et sa mère vénérant les reliques ; puis la vue du monument lui-même ; la Sainte-Chapelle de Vincennes (1406j est également figurée sur son sceau (pi. XVII, n" 2).
On trouve des sceaux abbatiaux dès le milieu du xii' siècle et presque tous représentent le patron de labbaye. Cependant les sceaux de Notre-Dame de Soissons M287')
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et de Sainte-Geneviève de Paris (1224) représentent saint Pierre; celui de Montmartre (1216) et de Saint- Antoine-des-Champs (1217), saints Denis, Rustique et Eleuthère ; celui de Ghelles (xn. s,), sainte Bathilde ; ceux de Longpont (1160), de Montetif (1220) et de Poissy (1223), la Vierge ; celui de Saint-Prix de Noyon (1219) une église surmontée de trois clochers.
Les sceaux ecclésiastiques de l'Ile-de-France sont les plus anciens de France (933); leurs formes sont aussi à remarquer, l'un est en forme de baie en plein cintre, d'autres sont piriformes et un assez grand nombre sont en cuvette (1146-1213 i. Plusieurs sont rivés et non appendus. Les sceaux laïcs à deux faces sont fort rares ; les contre-sceaux apparaissent au milieu du xii^ siècle. Les sceaux de l'Ile-de-France sont généralement en avance au point de vue de l'art sur ceux des autres provinces.