LoRHAlNE
Les sceaux des ducs de Lorraine commencent en 1078, celui de Zwentibold, roi de Lorraine en 897, dont j'ai déjà parlé (p. 72 et 230), mis à part. Thierri en 1078 a un sceau rivé représentant un cavalier la lance en arrêt, Técu vu à revers. Simon (1132) a \in sceau semblable et apposé par le même j)rocédé. En 1172 Mathieu se fait représenter brandissant une épée ; Simon II en 1178 est le premier qui porte un écu chargé des alérions de Lorraine. En 1196 Ferri de Bitche revient à la lance à
1. lîiui.ioGKAi'iiiK. — Cai.met iDom'i. lUsloire ecclésiasli<iiie et civile de Lorraine. Nancy, 1745-1757, in-fol., 7 vol. — 101 sceaux.
UnuERT (<>nAni.KsV Si(] illoçj raphie de Toul. Paris, in- i". — 146 sceaux.
WiEXKn. Musée historique lorrain. Calaloffue fie.s objets d^art et d'anliquilé. Nancy, 1S87, in-S". — 61 sceaux.
Ferry. Si([Hlo(jrapliie de Sninl-Dié [liiiUclin de lu Sociéli' philoniniiifue vos(]ienne. 1SS6-1809. p. 103. — 103 sceaux.
I>iiNY. .Uonofjraphie des sceaux de \'erdtin. ^'eI■^lll^. isyo. in-4". — 7,') sceaux.
SIGILLOGRAPHIE RÉGIONALE 331
gonfanon, et ce type s immobilise jusqu à Ferri V (1312- 1329). On reprend ensuite le type du cavalier l'épée haute qui, avec des variantes bien naturelles dans le costume et l'ornementation, persiste jusqu à Léopold (1710). A partir du xyi*^ siècle, le champ du sceau est orné de trophées d'armes, de paysages et de fleurettes. Le contre-sceau armoriai commence en 1225.
Les comtes de Bar à partir d'Henri I'"(1179), ont usé du type équestre ordinaire, avec contre-sceau figurant un buste viril. Gérard, comtede Vaudemont (1174-1179), se sert tantôt d'un sceau sur lequel le cavalier tient une lance à pennon, tantôt dun autre sur lequel il brandit une épée ; ses successeurs n'emploient que ce dernier type, de même que les comtes de Brienne à partir de Jean (1209).
Il existe en Lorraine un grand nombre de sceaux de juridiction, ou armoriaux, ou figurant le duc assis ; les .sceaux-matrices ont servi pendant de longues années ; quelques-uns datant du xiu'' ou du xiv*" siècle sont encore utilisés au xvii'".
La ville de Metz avait des sceaux particuliers pour chaque quartier du pariage ; le sceau de la cité (1297) repré.sentait la lapidation de saint Etienne, qui est aussi figurée sur celui de la ville de Toul (1300). Sur celui de Sarrebourg (1472), le même saint paraît debout dans un porche d'église. Verdun en 1390 avait fait graver sur son sceau une ville dans une enceinte fortifiée, et Epinal, en 1 144. une tour.
Le sceau d'Adalbéron, évèque de Metz (942) , est l'un des plus anciens sceaux épiscopaiix de France ; le prélat est nu-tète, debout, tenant une crosse et un livre :
.'{32 mam"i:l dk sn.iLLor.iiAniii: khançaisk
ce sceau est rivé sur le parchemin. A partir de Conrad, évêque en 1223, les sceaux sont au type épiscopal classique. Les plus anciens sceaux des évéques de Toul représentent Riquin (1108-1127) /'fio-ure 20. p. 161) et Henri de Lorraine (1127-1165) en buste, tenant une crosse et un livre, avec le titre de Lcucornm cpiscopus. Ensuite les prélats sont assis ou debout avec la mitre droite, la crosse et un livre sur laquelle est écrit le mot : Pax. Les contre-sceaux datent de Renaud, évêque en 1213. Thierri, évêque de N'erdun (10t7-1089), est debout, nu-tête, tenant une crosse et un livre. A partir d'Albert de Hirgis (1186-1208). le prélat est coiffé de la mitre droite, debout ou assis, tenant un livre et une crosse. (Cependant Jean d'Apremont. évêque élu (1218), est nutête, une main posée sur sa poitrine et tenant de l'autre une fleur. Les grands prévôts deSaint-Dié. qui portaient le titre épiscopal avant d'être évêques en réalité, ont d'abord pour type de leurs sceaux leur saint patron (1097), puis une aigle (1135); à partir de Mathieu de Lorraine (1200), le prévôt est assis de face, mitre, crosse et bénissant.
Le chapitre de Toul avait fait graver sur son sceau saint Etienne debout (11 40) ; celui de Sainte-Madeleine de Verdun (1238). sainte Madeleine debout et voilée ; celui de Saint-Etienne de Metz (1379), saint Paul; celui de Saint-Dié (1260), son patron assis. L'abbaye de Mouzon avait pris pour type la Vierge (1239) ; celle de Beaupré, un bras tenant une crosse en pal (1178) ; celle de Saint-Hubert des Ardennes (1135), l'eiligie de son saint patron.
Les sceaux de Lorraine sont remarcpiables par leur
SiniLLOGKAPHIE REGIO^AL^:
ancienneté. Plusieurs sont rivés sur l'acte, un plus grand nombre encore sont en cuvette. La série ducale est des plus intéressantes. Les évèques n'ont jamais porté la mitre cornue ; les sceaux à double face n'ont pas été en usage dans cette province; les contre-sceaux datent de la fin du xu'' siècle seulement.