‹ Manuel de sigillographie françaiseChapitre 167 sur 205 · Normandie, Perche · texte numérisé non relu

Normandie, Perche

Guillaimie le Conquérant, roi d'Angleterre et duc de Normandie, a en I0(J9 un sceau à deux faces, d'un côté au tvpe de majesté, l'épée haute et le globe à la main comme roi, de l'autre au tvpe équestre, le visage de face, ime lance à gonfanon sur l'épaule comme duc (pi. VII, n** 1). Ce type a persisté jusqu à Henri III en 1263. 11 faut excepter Geoffroi Plantagenet 1149) et Henri H, avant son accession au trône (1131-1189), qui, n'étant pas rois, ont usé du type équestre sur les deux côtés de leur sceau et tiennent sur la face la lance à gonfanon, sur le revers l'épée haute. Les comtes du Perche à partir d'Etienne (1190) onteudes sceaux autype équestre

I. lîiiiLKKiHAi'im:. — Lkchaidé uAmsy. Extrait des chartes et autres actes normands qui se trouvent dans les archives du (Calvados. Gacn. 1834-1835, in-8", 2 vol. — i61 sceau.\.

Gervais. Musée de la Société des Antiquaires de Xorniandie. Catalogue et description des objets d'art et d'antiquité. Caeii. 1864. in-8".

— 13 sceaux.

Kahcy (De). Sigillofjraphie de Normandie. Évèques de liai/eux. Carn, 1S75-1S7<J, in-1", 329 p. — Sj sceaux.

Demay. Inventaire des sceaux de Normandie. Pari?. 1881, in-i", 4.34 p.

— 3187 sceaux.

SoKANCÉ (V" t>e). Sigillographie des anciens comtes du Perche (Documents sur la province du Perche, 1805. in-S°;. — 27 sceaux.

334 MANUEL Di: SIGILLOGRAPHIE FRANÇAISE

ordinaire; les contre-sceaux commencent à Geoffroi III (\ 1 97 j. Celui d'Enguerrand de Coucv ( 1206) est une réduction du type équestre, le cavalier tenant la lance à gonfanon. Les comtes d'Alençon à partir de Robert III (1211) ont également des sceaux équestres avec contre-sceaux. Les sceaux de Pierre II, comte d'Alençon (1381-1394), sont remarquables par leur décoration surchargée et magnifique. Les sceaux des comtes de Morlain !ll93i, d Harcourt (1339), de Beaumont-le-Roger (1325), d'Aumale (xii^ s.i, des vicomtes d'Auge (1251), des sires de Fougères ,1163^, sont au type équestre ordinaire, la plupart avec contre-sceaux armoriaux. Les comtes de Tancarville (13o5y ont des sceaux armoriaux. Les seigneurs de Parthenay (1220) ont affectionné la représentation de Samson terrassant un lion et coitîé d'une mitre.

[^a ville de Rouen a des sceaux municipaux d'un beau style figurant un lion léopardé (1222) (pi. XVIII, n° 2), celle de Verneuil (1228) également. La ville d Eu porte une aigle (1308), celle de Saint- Valéry un navire (1303) ; celles d'Aumale (1308) et de Vétheuil ^1218) ont fait graver sur leurs sceaux leur maire à cheval tenant un bâton noueux.

Les sceaux des administrateurs anglais pendant l'occupation, du milieu du xiv^ siècle au milieu du xv*', des Bedford. Beauchamp, Talbot, Salisbury, etc., sont armoriaux et remarquables par leur dimension, leur ornementation délicate et surchargée. Les officiers de justice et de finance ont fait un très grand usage du signet ; les paysans et hommes de fief ont eu dès le XIII® siècle des sceaux nombreux et grossiers produits en général par des matrices de plomb. Les sceaux de juridic-

SIGILLOGRAPHIE RÉGIONALE 33,*j

tion,des vicomtes, chàtellenies, etc., sont très abondants en Normandie ; la plupart figurent des châteaux et des écus armoriés.

Les sceaux des archevêques de Rouen commencent à Hugues d'Amiens (H46) qui est assis, crosse, bénissant et coiffé de la mitre cornue ; Gautier de Coutances (1201) et ses successeurs ont la mitre pointue et usent du contre-sceau. Les sceaux des évêques de Bayeux débutaient par celui d'Eudes de Conteville (10o0-1097), qui existait au xvii'" siècle et n'a pas été retrouvé ; Philippe de Harcourt (avant 1163) est assis, coiffé delà mitre cornue ; Robert des Ablèges (1206-1231) et ses successeurs adoptent la mitre pointue. Les contre-sceaux commencent à Henri (1164-1203) (pi. XXI, n° 1). A Lisieux, en 1170, Arnoulest assis avec la mitre cornue ; Raoul (1 182-1 191)adoptela mitre ordinaire. AAvranches, Herbert (1 139 ) est assis coiffé de la mitre cornue qui disparaît sous ses successeurs pour reparaître en 1194 avec Guillame de Ghemillé et disparaître définitivement au commencement du xm^ siècle. A Sées, Gérard, en 1145, est debout, nu-téte, crosse et bénissant ; Froger (1137- 11 84) est debout avec la mitre cornue et a un contre-sceau, ainsi que ses successeurs jusqu'en 1203. Après cette date commence l'usage de la mitre droite. Rotrou, évêque d'Evreux(l 139-1 163), est debout avec la mitre droite ; ses successeurs jusqu'en 1204 adoptent la mitre cornue qui est remplacée en 1264 par la mitre droite Les contre-sceaux ne commencent qu'en 120'i. Algar, évêque de Coutances (1133), est debout, nu-téte ; Richard de Bohon. son successeur (1130-1178), est assis, coiffé de la mitre cornue; après lui commence la mitre droite.

"{:{(i MANUDL Dl. SIGILLOGRAPllIl^ IKANljAIsr:

Les chapitres de Rouen (xii*" s.), d'Evreux [xn'^ s.) <\e Baveux (xiii'^ s.), de Coutances l xir s.) ont des sceaux représentant la Vierge ; celui de Lisieux (1200) représente saint Pierre assis ; celui dAvranches (1366), saint André. Les sceaux des officialités d'Evreux (1234) et de Rouen (1237) figurent l'évêque debout: celui de lîayeux (1284) un buste épiscopal de profil accosté d'une •crosse; celui de Coutances (12(>0 un bras tenant une crosse entre deux fleurs de lys et deux annelets ; celui dAvranches (1236) un bras tenant une crosse et une mitre (pi. XXVI, n" 3). On ne trouve pas de sceaux abbatiaux avant le premier tiers du xm" siècle ; le plus ancien est celui de Sainte-Catherine de Rouen (1137) représentant l'abbé debout, type qui se voit aussi sur ■ceux de Saint- Wandrille (1178) et de Saint-Xicolasdu-Bois (1144). La Vierg-e parait sur ceux de Sainte- Marie-de-Ressons (1187) et du Bec (1221) ; saint Pierre sur celui de Jumièges (1217); sur celui de Cérisy, à Baveux (1222), figure saint Vigor enchaînant le démon ; ceux de Fécamp (1204) et de Lessay [xn^ s.) ont pour type la Trinité. La plupart des autres abbayes ont fait graver sur leur sceau 1 image de leur patron.

La sigillographie de Normandie est extrêmement riche «t remarquable au point de vue de l'art. On y trouve plusieurs sceaux en cuvette : les sceaux à double face n'ont été employés que par les ducs ; les contre-sceaux commencent au milieu du xW siècle. A partir du xiV, les sceaux normands subissent visiblement l'influence de l'art anglais, plus surchargé que l'art français et auquel on doit le gothique flamboyant.

sigillographie régionale 337

Page 1