Orléanais. Touraine
Les princes de la maison de France qui ont eu la Touraine et l'Orléanais pour apanage, Philippe, duc d'Orléans (13o3'i, Louis, duc de Touraine (1380), et leurs descendants ont eu de très beaux sceaux équestres dont le champ est parfois très orné. Ceux des comtes de Blois commencent à Thibaud IV (1 138) ; ce seigneur use d'abord du type équestre, le cavalier portant sur son épaule la lance à pennon. puis il adopte celui du cavalier brandissant lépée qui a été en usage sous tous ses successeurs. Le contre-sceau armoriai commence à Thibaud VI (1215). Les Chàtillon. comtes de Blois, ont eu, en cette qualité, de fort beaux sceaux et des signets très élégants. Les comtes et vidâmes de Chartres, depuis Guillaume de Mello (1190), ont usé du type équestre ordinaire; le contre-sceau commence en 1202, et le sceau purement armoriai en 1265. On connaissait autrefois un sceau de Geofîroi, vicomte de Ghàteaudun (avant 1134); il n'a pas été retrouvé, et on n'en connaît pas pour cette seigneurie d'antérieur à celui d'Hugues V, son descendant (1189); il est au type équestre ordinaire. Raoul, mort en 1163, est le premier comte de Vendôme dont
1. BiBi.ioGKAi'iiiK. DfCHEsNK , André . Hisloirc de lu maison de Châlillon-sur-Mnrne (C.onitcs de Blois). Paris, 1631, in-fol. — 13 sceaux.
Del.wille-Lehoix. Noie sur quelques sceaux tourangeaux [Bullelin de la Société archéologique de Touraine, 18S3-18S3,p. 131). — 9 sceaux.
MÉTAis (Abuéi. Sceaux des vicomtes de Chàleaudun {Bulletin de la Société dunoise, 1893, p. 321). iO sceaux.
Mehlet (L. et R.;. Dignitaires de V Église Sotre-Dame de Chartres. Paris, 1900, in-S". — 4 i sceaux.
Stein. Quelques sceaux inédits du Galimtis [Annuaire de la Société archéologique du Gàtinais, ISOj, p. 2i)"i. — î" sceaux.
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le sceau soit venu jusqu'à nous ; il représente un cavalier marchant au pas et tenant une lance à pennon. Jean II I^OlJi use du sceau équestre classique ; Bouchard (1263) y joint un contre-sceau armoriai ; Jean V (1285; use d'un sceau purement armoriai ; néanmoins le type équestre s'est maintenu jusqu'au xv*^ siècle dans ce comté. Les sires d'Alluye, seigneurs de la Charité-sur- Loire, avaient en 1222 un sceau équestre avec revers armoriaL
En io06 la ville de Tours avait un sceau représentant son enceinte et ses monuments, copié certainement sur un sceau beaucoup plus ancien ; Mondoubleau en 132G avait adopté comme type une église ronde à coupole dans une enceinte. L'administration de la monnaie de Tours avait au xiv'' siècle un admirable sceau sur lequel l'écu de France était timbré d'un buste épiscopal et accosté de deux tours.
La série sigillaire des archevêques de Tours est remarquable. Elle débute à Hugues de Ghàteaudun (1005-1023) qui est assis, nu-tête, crosse et bénissant ; ce type a duré jusqu'à Engelrand de Preuilly (1148) qui est debout et coitïé de la mitre cornue; Josse, son successeur (1157- 1173), est vêtu de même, mais assis. A partir de GeolTroi du Lude (1207i. les archevêques sont assis ou debout avec le type sacerdotal ordinaire et le contre-sceau est quelquefois une réduction du type de la face. Geoffroi de Lé vis, évêque de Chartres (1116-1149), est debout, nu-tête, crosse et bénissant; Robert (1163) est coiffé de la mitre cornue. Au xiii^ siècle règne le type sacerdotal classique. Jean II, évêque d'Orléans (1111), est debout, nu-tête; en 1197, Henri de Dreux porte la mitre cornue et a un contre-sceau. Au xiii'" siècle commence le type sacerdotal ordinaire.
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Le chapitre de Tours avait fait graver au xii'' siècle sur son sceau saint Martin armé de toutes pièces ; en 1215 le saint a le costume d'évêque. Le chapitre de Saint-Maurice de Tours (12411 avait adopté le type de son saint patron à cheval ; celui de Sainte-Croix d'Orléans (1209) figurait le buste du Christ une croix à la main; <3elui de Chartres représenta d'abord la ^'ierge (1207), puis la sainte tunique ; sur celui de Saint-Père de Chartres (xii'' s.) figurèrent saint Pierre et saint Paul à mi-corps.
Sur leurs sceaux qui commencent en 1137, les abbés de Marmoutiers sont représentés tantôt à mi-corps, tantôt en pied. Garnier, abbé de 1137 à llo7, a un sceau en forme de baie en plein cintre. Saint-Chéron de Chartres '1190), Saint-Julien de Tours (1160), Turpenay (119o), Saint-Laumer de Blois 1 1217), ont aussi fait figurer sur leurs sceaux leurs abbés parfois mitres et crosses. Saint-Euverte d'Orléans (xii'' s.) y a fait représenter son patron, et la Trinité de Vendôme ;^l20o) la relique célèbre de la Sainte-Larme.
Les sceaux d'Orléanais et de Touraine sont remarquables au point de vue de l'art ; on ne trouve pas de contre-sceau avant 1200. Un sceau abbatial a la forme peu commune d'une baie en plein cintre.