‹ Manuel de sigillographie françaiseChapitre 172 sur 205 · Pkovknce, ORA>(ii:, Comtat · texte numérisé non relu

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Les comtes de Provence, depuis Raymond- Bérenger (1150), ont des sceaux à revers; sur une face ils brandlssentrépée, sur l'autre ils portent la lance à pennon. Les. sceaux des manjuis de Provence, ég'alenient à revers, sont différents; Alphonse 1"', roi d'Aragon, marquis de Provence (1193), est assis sur une face et galope sur l'autre, la lance en main ; Alphonse II est représenté avec la lance sur chaque face. Raymond IV, comte de Toulouse et marquis de Provence (1241), a introduit sur la rive gauche du Rhône le type toulousain ; il est figuré d'un côté assis, l'épée transversale sur ses genoux et de l'autre galopant avec la lance à pennon. Les comtes de Forcal- (juier ont aussi des sceaux à revers; d'un côté ils galopent la lance en avant, sur l'autre face est gravée la croix pommetée de Toulouse. Les seigneurs d'Orange sont représentés d'un côté de leur sceau brandissant leur épée et au revers est un huchet ou cornet enguiché. A partir du milieu du xiii*^ siècle, ils usent du sceau purement

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armoriai avec le huchet, la croix de Toulouse ou rétoile rayonnante. La plupart des sceaux des barons provençaux, des Sabran. des d'Ag'oult, des Siniiane, des Castellane, des Amie, des Blacas, des Sacriste, etc., sont éo^alement à deux faces, l'une au cavalier, l'autre armoriée. Garcinde, comtesse de Provence (1220), Galburge, princesse d'Orange (1256), et Galburg-e, dame de Serres (12o9),sont représentées à cheval armées de toutes pièces, rareté qu'il est bon de signaler. Dans la deuxième moitié du xii" siècle, les bulles de plomb font leur apparition ; Guillaume, comte de Forcalquier, en avait une en 1 174 qui n'a pas été retrouvée. Usitées principalement comme sceaux de juridiction, les bulles deviennent très nombreuses au XIII'' siècle. Les comtes de Forcalquier s'y font représenter en costume de guerre d'un côté, en costume de chasse de l'autre (1206) ; les princes d'Orange fl21o- 1480), avec une étoile, une croix de Toulouse ou un cor enguiché au revers ; les Sabran, les Porcelet, les Trets, les Boulbon, les Mondragon, etc., usent de la bulle de plomb ; il est même des bulles communes pour les juridictions de deux seigneurs ; on en trouve quelquesunes au nom de simples clercs et d'ouvriers. Non seulement les princes angevins ont usé de la bulle de plomb, mais même on trouve deux exemples de bulles d'or appendues à des actes souscrits par eux en Provence (Charles II, 1292 ; Robert, 132-j), importation tout à fait exceptionnelle de leur chancellerie de Naples. Ces princes d'Anjou, à cause de leur descendance de la maison royale de France, ont usé pour leur grand sceau du type de majesté qui s'est perpétué depuis le xiii" siècle jusque sous le roi Uené (1434-1480). Les bulles dimi-

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nueiit en nombre à partir du xiv" siècle ; les princes d'(3rang'e en ont cependant fait usage jusfjuau xvi''.

Marseille use comme sceau municipal d une bulle représentant dun côté saint Victor à cheval et de l'autre une ville fortifiée baignée par la mer (['2dl); en 1189 Avignon fait figurer sur son sceau ses quatre consuls €t au revers une aigle ou un gerfaut; en 1226 c'est une vue de la ville qui y parait, avec le célèbre pont sur le Hhùne. Tarascon y fait représenter son château et la tarasque 1211); Arles a un lion rugissant et 1 église Saint-Trophime (1221) ; Menerbe deux tours et un gerfaut (1242). Quelques-uns de ces sceaux municipaux ont des légendes en vers léonins .

On possède un assez grand nombre de sceaux des légats d'Avignon : la plupart sont d'un travail assez médiocre et gravés par des artistes italiens. Le plus ancien sceau ecclésiastique connu de Provence est celui de Giljelin. archevêque d'Arles (1 112) : le prélat est à mi-corps, nu-téte, et tient une crosse ; Hugues Béroald n 230) a un sceau en navette sur lequel il est représenté assis et au revers est une inscription en plusieurs lignes transversales (figure 2i, p. 222 > ; àpartir de Jean des Baux ( 1 257) règne le type épiscopal ordinaire. En 1 1 89, Hugues de Montlaur, archevêque d'Aix, est debout avec la mitre cornue ; en \ 196, Gui de Fos a un sceau à revers sur lequel il est figuré d un côté avec la mitre droite, tandis ([u'au revers est le buste de saint Maximin. En 1189, Uostaing, évèque d'Avignon, est debout avec la mitre cornue; en 1229, Nicolas de Corbie est debout avec la mitre droite. Foulque de Thorame, évèque de Marseille il 170-1188', a un sceau ovale sur le([uel il est

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debout, mitre, crosse et bénissant, et un contre-sceau sur lequel il paraît en buste. Rainier. son successeur (1206 u est assis, coilTé de la mitre cornue; Pierre de Montlaur est représenté à mi-corps sur sa bulle (1213), avec la mitre droite, et au revers est une vue de la ville de Marseille ; sur son sceau de cire il est en pied et avec un contre-sceau. Pierre de Sabran, évêque de Sisteron (1 168), estkmi-corps, crosse, mitre, l)énissant ; Henri de Suze (124 l-12o0)estde même mais en pied, et déplus il est accosté de deux bustes de saints de face encadrés, type qui se retrouve sur quelques sceaux ecclésiastiques de Provence. Alain, son successeur (1263), a un contresceau ; Raymond dOppède (I312)est sous un baldaquin gothique. Pierre de Saint-Paul, évêque d'Apt (llTo), et Didier, évêque de Toulon ( 1197), sont coiffés de la mitre cornue. Des autres évêchés provençaux : Cavaillou. Antibes, Riez, Fréjus. ^'ai,son, nous n'avons pas de sceaux antérieurs au xiii'' siècle.

Les ofïicialités d'Avig-non, de Garpentras, d'Arles, de Marseille, d'Orange et de Vaison font, dès la fin du xii'^ siècle, usag-e de bulles; elles y ont été même employéesquelquefois pour la chancellerie ordinaire. Quelquesunes sont anonymes. Celles d'Avignon représentent un buste impérial opposé à un buste épiscopal ou une mitre, celles de Garpentras le mors de saint Sitfren. Le chapitre d'Arles a d'abord une bulle avec cinq têtes de bélier ensautoir et au revers une égalise (121 i-i ipl. XXVII, n" 3), puis cinq têtes humaines également en sautoir accostées de quatre aigles (xiv" s.). Celui de \'aison a cinq têtes humaines de face (12")1 ; celui de Forcalquier, saint Mary son patron en costume épiscopal '^xv'^s.) ; celui de Sisteron^

la ^'ier<J^e foulant aux pieds le serpent 'xvi'' s.) ; celui de Riez, un saint évêque debout sous un baldaquin (xv* s.). L'abbaye de Montniajour a fait graver sur sa bulle (1228) saint Pierre à mi-corps sur une face, et sur l'autre l'abbé etun écolàtre affrontés: Saint-André-lès-Avignon (1226) a adopté également pour type saint Pierre et au revers une église.

Les sceaux de Provence sont assez récents puisqu'aucun n'est antérieur au xiT siècle. Beaucoup sont à revers ; on trouve même des sceaux à revers parmi les sceaux ecclésiastiques en cire, ce cpii n existe pas dans d'autres provinces. Un grand nombre de sceaux seigneuriaux sont en forme déçu ; les contre-sceaux ne se trouvent pas avant les dernières années du xii^ siècle. Quelques dames paraissent armées de toutes pièces et galopant sur des chevaux de bataille, type qu'on ne retrouve pas ailleurs. Les bulles ont été introduites au plus tard en 1174, elles sont très nombreuses au xm* siècle; leur centre est Avignon ; puis elles diminuent au xiv" et disparaissent à la fm du xv''. Par exception quelquesunes sont carrées.

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