LART ET LES ARTISTES GRAVEURS DE SCEAUX
Lart de la gravure sur métal est 1 un de ceux dont les traditions et les procédés avaient le plus complètement disparu après la chute de l'empire d'occident ; il suffit pour sen convaincre de comparer les premières monnaies mérovingiennes avec celles des derniers empereurs ; la décadence est sensible. La gravure sur pierre fine, qu'une élite seule pouvait apprécier, fut encore plus rapidement oubliée que la gravure sur métal ; il fallut des siècles pour que les artistes occidentaux redevinssent familiers avec les procédés des graveurs antiques. Lorsque les princes mérovingiens voulaient faire graver un cachet, ils s'adressaient certainement à un artiste byzantin. Le cachet annulaire de Childéric I" (pi. Il, n** 2) est un pastiche évident des monnaies d'Honorius, de Théodosc II et des autres empereurs de la décadence, qui les représentent casqués et de face. Quant aux anneaux ordinaires, ils ne comportent en général qu une légende et un monogramme assez peu élégant, et l'art, excepté en ce qui concerne la monture, y est complètement étranger.
l'art et les artistes (iRAVELRS DE SCEAUX 3o3
La mauvaise conservation des sceaux de la première race ne permet pas de se rendre un compte bien exact de la manière dont étaient gravées les effigies des mérovingiens ; ils me font l'etret d'être de la barbarie pure (pi. II, n" 3).
A partir de Gharlemagne, on constate, au contraire, vine renaissance artistique qui prend pour base l'imitation de l'antiquité et des artistes byzantins. Les sceaux de Gharlemagne, de Louis le Débonnaire, de Lothaire II, de Charles le Gros sont imités des monnaies romaines de l'époque antonine, dont ils rappellent l'agencement du vêtement, la couronne et le port de la tête. Sans doute les graveurs ont voulu faire les portraits des princes carolingiens, mais ils les ont faits, en s'inspirant de ceux de Galba, de Gommode et de Garacalla (pi. II, n« 5, et III, n° 1).
Cette imitation de l'antique, constante sous les premiers carolingiens, ne tarde pas à s'atténuer ; à force d'imiter, les graveurs finissent par devenir assez habiles pour inventer. Le type de l'empereur couronné, de face, à mi-corps et tenant jun sceptre, qui paraît sous Lothaire (9o8) ne doit rien à l'antiquité, et peu à peu il se transforme en type de majesté K
Au point de vue de l'art, les sceaux du début du moyen âge n'ont aucune unité ; ceux des grands seigneurs et ceux des seigneurs inférieurs, ceux des évèques des diocèses importants et ceux des prieurs et des chanoines, sont très ditférents comme travail et comme conception. Dèsla deuxième moitié du xi" siècle, les sceaux