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354 IIAMEL DE SIGILLOGKAPIIIE FRANÇAISE

des rois et des ifi^iids feudataires ont déjà une certaine allure, tandis quà la fin du \if ceux du vulgaire sont encore barbares. Le sceau de Guillaume le Conquérant^ par exemple (pi. VII. n" Ij, présente dès 1069 une silhouette qui ne manque pas de caractère, d'un travail rude et brutal, sans doute, mais point banal. On peut en dire autant de ceux des comtes d'Anjou de 10 tO et des années sui vntes. Cependout cent ans plus lard les simples seigneurs avaient des sceaux très inférieurs à ceux-là, sur lesquels les chevaux n'avaient aucun caractère de réalité ni les cavaliers de forme humaine. Le graveur Mathieu qui a signé la bulle de Géraud Adhémar, seigneur de Montélimar (H84'i, a gravé quelque chose d'informe que l'on dirait dessiné par la main inexpérimentée d'un élève des écoles primaires •.

Même dans les sceaux des grands seigneurs des xi*^ et xii*^ siècles, tout dénote l'inexpérience. Les muscles des chevaux n'ont aucune saillie et leurs jambes sont placées suivant une fausse perspective, pour qu'elles puissent être bien vues ; le corps du cavalier est carré, les bras sont cassés et les jambes raidies. De même dans les sceaux ecclésiastiques, le personnage est debout sur ses pieds jetés en dehors, les mains disproportionnées ; le corps ressemble à un paquet d'étoffe dont les plis sont à peine accusés par quelques maigres hachures. Les écussons armoriés, isolés au milieu d'un champ qu ils recouvrent d'une manière insuffisante, renferment des animaux dont on peut à peine discerner l'identité, loups, lions ou chimères, aigles ou colombes ad libitum.

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