CHAPITRE VI MATIÈRE DES SCEAUX
De l'époque méroving-ienne et caroling-ienne il ne subsiste plus de matrice de sceau, mais seulement des anneaux sigillaires ; le plus célèbre est celui de Childéric r'"" (io8-481) (pi. Il, n'* 2) trouvé dans son tombeau à 1 ournay et fondu à la suite de 1 exécrable vol commis en 1831 au Cabinet des médailles où il était déposé. C était une ba^ue épaisse en or massif, avec chaton gravé en creux portant Tetligie et le nom du roi. Celui de la reine Hertilde, femme de Dagobert (628-638), qui faisait partie du cabinet du baron Pichon -'. celui de Sigebert II (638-656) sont conçus de la même façon ; ce sont des bagues, celle de Bertilde avec une légende autour d'un monogramme, celle de Sigebert avec son buste de profil.
M. Deloche a publié la plupart des anneaux sigillaires qui subsistent; le plus grand nombre est en or, quelquesuns sont en argent. L'or et l'argent furent les métaux généralement employés pour les anneaux, signets ou
I. Dblochk. Étude historique et archéologique sur les anneaux sigillaires et autres des premiers siècles du moyen âge. Paris, 1900. in-8>. Voir aussi les catalogues des ventes C'harvet. baron Piclion et Scliuermaus.
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cachets depuis lantiquité jusquk la Révolution. Poulies vraies matrices de sceau, c'est-à-dire pour celles qui sont de grande dimension et n'ont pas la forme d'anneaux, on a fait usage de l'argent, du bronze, de l'ivoire et du plomb. Aucune matrice de sceau en or n'est venue jusqu'à nous, et s'il en a existé, ce qui est probable, la valeur du métal explique sutlisamment leur disparition.
Les sceaux de la reine Constance (1 loi-1 KiO) et d'Isabelle de Hainaut 1 180-1 190. pi. XIII, n" 2 trouvés dans leurs tombeaux, celui de Jeanne d'Angleterre, reine de Sicile, morte en 1199, celui de la commune de Rouen (pi. XVIII, n" 2), figurant un lion furieux et datant de 1262, sont en argent, ainsi que celui du chapitre d'Embrun, du milieu du xui'' siècle, dont l'appendice de préhension figure un petit personnage finement ciselé '.
Le matrices de sceau en bronze sont en nombre infini: quant à celles de plomb je ne sais s'il en existe encore, mais il en a certainement existé; les paysans et hommes de fief du nord de la France s en sont souvent servi aux xiii*^ et \iv^ siècles, les empreintes caractéristiques de leurs sceaux barbares, publiées en grand nombre par M. Demay, ne laissent aucun doute à cet égard *.
On connaît cpielques rares matrices de sceau en ivoire, matière que la chaleur de la cire en fusion ne devait pas tarder à faire craqueler et briser. La matrice de sceau de Foulques, évèque d'Amiens 1036-1058). celles de
1. Cabinet des Médailles, musée des Archives nationales, collections du baron Pichon et de M. R. Vallentin du Cheylar. à Montélimar.
2. Demay. Inventaire des sceaux Je Flamlre et Inventaire des sceaux de .Wormandie. Plusieurs sceaux provenant de matrices de plomb sont reproduits dans les planches.