‹ Manuel de sigillographie françaiseChapitre 24 sur 205 · MATIÈRE DES SCEAUX · texte numérisé non relu

MATIÈRE DES SCEAUX

labbaye de Saint-Servais et de Robert de Torcy (?) chevalier, sont les plus Idéaux spécimens connus de sceaux en ivoire ^

Il existe au musée de Lyon une intaille en agathe représent int un évèque ou un abbé assis, tète nue et tenant un livre ou un bâton pastoral; M. Babelon, qui a décrit cet intéressant monument • et le croit du x*" siècle, le considère comme une matrice de sceau, mais comme il ne porte aucune légende il subsiste un doute à cet ég-ard. 11 peut se faire cependant que la légende ait été gravée sur un entourage métallique maintenant disparu.

On trouve en efîet des matrices composées d'une intaille généralement antique, plus rarement du moyen àg-e, sertie dans une couronne métallique. Cette disposition est surtout fréquente dans les anneaux sigillaires ou signets, dont la partie centrale est souvent occupée par une pierre gravée. Les inventaires princiers en font souvent mention, mais il n'en existe plus qu'un très petit nombre. Les sceaux de Jean BuUant et de Simon Buel, conservés au Cabinet des médailles, celui de SolTrey Morard, qui appartenait au baion Pichon, sont formés d'intailles entourées d'un cercle d'argent ; celui de Simon de Ventura, de la vente Charvet, est composé d une cornaline sertie dans un cercle de bronze -K

1. La |)rcinièrc est au musée d'Amiens, la deuxième a été publiée par M. Babelon Bulletin des Antiquaires de France, 1S07, p. 261 : la troisième par M. de La Guère 'ihid., 1885, p. 2G8).

2. Babei.ox. Sceaux d'ugathe et d ivoire (BulleUn des Antiquaires lie France, 1897, p. 259;.

3. On Ipou\ era quelques-uns de ces sceaux reprfiduils ci-après fip. M\, 37. iO, i2.

38 MAMEl. DK SIGll.LOGHAI'HIE KRANCAISK

Examiiioiis maintenant la matière des sceaux euxmêmes, cest-à-dire de l'empreinte obtenue au moyen dune matrice et apposée ou appendue aux actes.

Il n'existe pas, à proprement parler, de Imlles dor en France, comme on en trouve aux actes émanés des empereurs d Allemag-ne ou de la seig^neurie de Venise. Les deux seules émanées de princes français et encore en place que Ton connaisse, celles de C.harles II d Anjou (1292) et de Robert P'' 1323), comtes de Provence et rois de Naples, ont été employées par ces princes plutôt en cette dernière qualité que comme comtes de Provence, ou tout au moins à 1 imitation de leur chancellerie napolitaine '.

Les bulles d'argent de quelques princes carolinu^iens. entre autres de Charles le Chauve, qui existent dans certaines collections, sont des surmoulés relativement modernes de bulles de plomb.

Je ne connais pas non plus en F'rance de ])ulles de bronze indiscutables, comme on en trouve, paraît-il, (juel(jues-unes en Allemagne. Deux exemplaires d'une bulle de Ciraud Adhémar, seigneur de Montélimar. en bronze et unifaces, sont conservés au musée Galvet à Avignon, et dans la collection Caron, à Paris, mais l'absence de trous de suspension, caractère qu'ils ont de commun avec les bulles d'argent dont je viens de parler, doivent les faire considérer comme des moulages récents.

I. ni.AiNCABii. Iconoyniithie des sce;iux et bulles des archives des lintirhes-du-Rhone. pi. X. ii' 3. ft XTI. iv i.

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