‹ Manuel de sigillographie françaiseChapitre 35 sur 205 · Charvet. Colleclion Dongé, n · texte numérisé non relu

Charvet. Colleclion Dongé, n

■\. Matrice de sceau conservée au Caliinet des nuclailles.

Dès le XIV'' siècle, on trouve des sceaux-matrices en forme de boîte destinée à renfermer de la cire à sceller. Celui de Léon de Gavi se compose d'un récipient cylin-

Fig. 5. — Sceau de Sétfuin de Porchères, vers 1280.

drique en argent, en forme de barillet, pouvant s'ouvrir en deux parties égales, et se suspendre au moyen de deux anneaux saillants sur sa surface ; le sceau à type équestre est gravé à Tune des extrémités du barillet '. Cette boîte sigillaire était certainement destinée à renfermer la cire destinée à recevoir l'empreinte. Le désir de réunir dans un seul objet le cachet et la cire a donné naissance à ces tubes d'or ou d'argent, parfois très ornés, si nombreux aux xvii^ et xviii'' siècles, sur l'une des extrémités desquels est gravé un cachet, tandis que l'autre s'ouvre sur un vide intérieur qui peut renfermer un bâton de cire d'Espagne.

J. (lolleclion Charvel, n" 1561.

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On trouve encore au xvi'' siècle des sceaux gravés sur une tige cylindrique en fer; l'empreinte était donnée au moyen d'un coup de marteau appliqué sur l'autre extrémité. D'autres se composent d'une plaque métallique ayant au revers une longue pointe en fer soudée, destinée à être introduite dans un manche en bois. Les sceaux munis d'une douille dans laquelle était introduite l'extrémité d'un manche en bois ne datent que de la fin du xvi" siècle ; leur maniement facile les vulgarisa rapidement et ce mode de scellement fut bientôt adopté par le clergé, les tribunaux, les administrations. C'est le seul en usage aujourd'hui.

Il est important de remarquer que, dans le but de poser l'empreinte du sceau dans l'axe qui lui convenait et d'éviter, par exemple, que les personnages fussent placés la tête en bas ou les écussons renversés, on avait soin de marquer presque toujours l'extérieur de la matrice d'une étoile ou d'un autre petit signe destiné à en indiquer le haut. L'absence de ce signe est déjà une présomption de fausseté pour les sceaux-matrices les plus authentiques en apparence, car heureusement les faussaires ne s'avisent jamais de tout.

L'art malhonnête de fondre ou de graver de fausses matrices de sceau ne date pas d'hier, il était cultivé au moyen âge. A la lin du xi*" siècle, ^ italis, orfèvre à Limoges, fabriqua une fausse bulle du pape Urbain II

rjS MAMF.I. I)i: SIGlLI.dGRAPIlli: KHA.NCAISK

|)iir ordre (niuinbaud. évèque de cette ville, l.c pa|)(' reconnut la fraude et déposa l'évêque prévaricateur '.

Depuis lors on n a cessé de fabriquer de fausses matrices; celle d'Arnulf, comte de Flandre (918-965), a réussi à tromper d'habiles connaisseurs ; celle d'Alboin. évêque de Poitiers (937-962), a été tenue pour authentique par Benjamin Fillon - ; celle en ivoire et à deux faces du chapitre de Sens (xi'' ou \if siècle i. quoique de fabrication probablement moderne . n"a pas soulevé d'oijjections ■'' ; celle de Guillaume des Roches, de la famille de Craon. a trompé Gharvet (jui cependant s'y connaissait '.

Rien nest plus malaisé (pic de distinguer une matrice fausse d'une vraie, puisque la fausse peut être faite d'après une empreinte prise sur un sceau authentique, coulée par des procédés qui, depuis le moyen âge, n'ont pas beaucoup varié, et retouchée au burin de manière à lui donner toute l'apparence d'un objet ancien. Le retrait du métal rend, il est vrai, les matrices fausses coulées plus petites que l'empreinte qui a servi à les fabriquer, c'est un moven de reconnaître leur fausseté.

I. I>u<:i>-k i>E La yi.KRCHU. Les scemid. p. U'. HoIjiiI d Artois cuudainnô comme faussaire en 1334 avait fait couper en deux dans le sens de la tranche un sceau royal, avait rattaché les cordons aune charte fausse fabriquée par ses ordres, et avait ensuite recollé sur eux les deux disques du sceau en les faisant chanHcr (Mouanvu.m'v. BihUofhèque de r École des Charles, 1887, p. 611 .

'2. FiLLON. Sceau d'Alboin, évâque de l'ailiers Archives hisloriijiies du Poitou, 18'2. p. 299).

.<. QuAXTiN. Les sceaux du chapitre cathédral de Sens Bulletin de ta Société historique de /Tonne, 1S61. n. 17).

i. BiîHTnAxn ou Bhoussillox et de Fahcy. La maison de Craon. i- 1. p. \W. et Cataloque Gharvet. n" 881.

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Il est plus difficile de fabriquer de toutes pièces un sceau-matrice sans copier un modèle préexistant ; les quatre matrices citées plus haut sont inventées à plaisir et on peut constater, que pour celles de Poitiers et de Sens, le faussaire a joint un g-rènetis dun aspect tout moderne à une composition archaïque, et cela seul suffît à dénoncer la falsification.

Toutes les matrices de sceau doivent être examinées à la loupe dans le plus minutieux détail avant de pouvoir être déclarées authentiques.

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