CHAPITRE IX T!YPES DES SCEAUX
Les graveurs de sceaux n'étaient pas obligés, comme les tailleurs de monnaies, de reproduire exclusivement et servilement les types qui leur étaient imposés, mais ils étaient contraints de suivre la mode et surtout de se conformer à la tradition si puissante au moyen âge. Or la mode a régné en maîtresse dans la conception des sceaux ; le sujet, le genre d'ornementation, se sont insensiblement modifiés au cours des siècles suivant le goût du jour; les mêmes types, le même système de décoration ont été usités en même temps sur toute la surface de l'Europe civilisée, avec les seules divergences provenant des goûts artistiques variés des divers peuples. La tradition a été également toute puissante : c'est elle qui
I. Ouvrages j^énéiaux : DouiJT d'Arcq. Collection de sceaux des Archives. Paris, 1863-1868, in-4°, 3 vol., 11840 sceaux. — Dem.w. Inven- Inire des sceaux de la collection Clairamhault. Paris, 1885-1886, in-4", '2 vol. 9708 sceaux. — Roman. Inventaire des sceaux des Pièces originales du Cabinet des titres. Paris, 1910, 10-4", 1 vol. paru, 8061 sceaux. — Les dessins de sceaux de la Collection Gaignères {Mémoires des Antiquaires de France, 1909, p. 42% 3340 sceaux. — Gray-Birch. Catalogue ofsaels in the Briiish Muséum. London, 1887-1900, in-8o, 6 vol. Voir le volume V. — Catalogues des collections Charvef (1883), baron l'ichon \H91 ci Sclniermiinz 1909).
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a immobilisé les types et qui les a répartis entre les diverses classes de la société, de telle sorte que lune ne pouvait usurper les types attribués aux autres.
Laissons de côté pour le moment les sceaux antérieurs au milieu du xi'" siècle, qui feront l'objet d'un article à part ; cest la période dincubation pendant laquelle les sceaux sont rares, barbares et presque toujours imités de 1 antique. Les types en usa^e depuis la deuxième moitié du XI*" siècle peuvent être ramenés à un petit nombre, et il faut avant tout les diviser en deux sections, les types laïcs et les types ecclésiastiques qui dérivent de conceptions différentes et ne sauraient être confondus.
Les types généraux sont, pour les laïcs : la figui'e royale assise ou ti/pe de majesté : le cavalier armé pour la guerre ou la chasse ou fi/pe équestre : le personnage debout, en pied ou à mi-corps ou type pédestre: le champ ou 1 écu armorié ou type armoriai : la reproduction de monuments ou type topographique. Douët dArcq proposait de classer les sceaux des dames sous une rubrique particulière ; je crois cette division arbitraire, car les dames sont représentées à cheval, ce qui rentre dans le type équestre, ou debout, ce qui rentre dans le type pédestre : je ne vois donc aucune raison plausible de leur assigner une place à part.
Les sceaux ecclésiastiques ont pour types les plus fréquents, un ecclésiastique debout, assis ou à mi-corps ou type sacerdotal ; Dieu, la Vierge, les saints ou leurs symboles, vénérés par le sigillant agenouillé ou même sans que le sigillant paraisse, type que Douët d Arcq nomme légendaire, mais qu il est, je crois, préférable de qualifier d'hagiologique.