Voir ci-dessus p
2. Roman. Sceaux des familles seigneuriales de Dauphi né, n° 15. .1. DouËT n'Anr.Q. Collection de sceaux, n" îâO.
parti ou écartelé de deux blasons différents ; alors le graveur a souvent emprunté à chacun des blasons l'un de" ses supports traditionnels.
On trouve comme supports des anges, des dames, des hommes sauvages, des magiciens à bonnet pointu orné d'une aigrette, des lions, des griffons, des léopards, des dragons, des aigles, des cerfs, des renards, des chevaux, des ours, des hermines, des chats-huants, des chameaux, des sirènes à queue de poisson, des dauphins, des tours, des arbres, etc. Quelquefois les animaux-supports sont heaumes ; en un mot le goût bizarre du moyen âge s'est donné libre carrière dans ce motif de décoration. La matrice du sceau de Jean de Fiennes (xv*' s.), qui m'appartient, est un spécimen excellent de ce type. L'écu est penché, timbré d'un heaume de profil, cime d'une tête de cerf et supporté par un lion et un griffon d'un très beau style. La légende est inscrite sur une banderole (pi. XV, n° 4).
Outre les supports symétriques et pour ainsi dire parallèles, il en existe d'autres d'un modèle différent ; ils consistent en un seul personnage, homme d'armes, homme sauvage, dame ou ange, portant l'écu, mais ici le personnage n'est qu'un accessoire et non plus, comme dans le type pédestre, le possesseur du sceau lui-même représenté.
L'ange debout ou à mi-corps, tenant Fécuà deux mains devant lui, est surtout un support des sceaux ecclésiastiques ; on le trouve cependant, quoique plus rarement sur les sceaux laïcs (Jean de Kaeradlonet, 1371 ^). Il a été
1. Bibl. nat., Cabinet des titres, Pièces originales, t. 1603, dossier 36917, 00 2,
surtout fort en usage pour les contre-sceaux des rois et des princes du sang.
Le support de 1 homme d'armes à mi-corps, de face, le heaume clos, l'épée haute, 1 écu armorié au bras, se trouve depuis 1330 jusqu'à 1450; en somme c'est un fragment du type pédestre, comme l'écu penché et heaume en est un du type équestre. 11 est des sceaux de ce type fort élégants dans lesquels le heaume est surmonté d'un haut cimier historié (Guillaume Flotte de llevel, 1340) '. Quelquefois lécu que 1 homme d'armes jjorte au bras est lui-même supporté par un lion (Jean de l'Ile-Jourdain, 1340) '\
Le sceau d'Edouard, sire de Saint-Didier (^1383), nous montre ce type arrivé à une extrême complication; l'homme d'armes tenant 1 écu est assis sous un baldaquin gothique et à ses côtés dans quatre logettes sont autant d'hommes sauvages portant des écussons.
L'homme sauvage, que l'imagination populaire du moyen âge considérait comme l'habitant des immenses forêts qui couvraient encore alors la France, est un personnage nu, velu et barbu. Il paraît très souvent comme support sur les sceaux des forestiers, mais on le rencontre aussi sur d'autres. Son arme est presque toujours le bâton noueux. Il est debout, portant un écu et une massue, sur le sceau de Jean Reyrieu (1388) ; portant un écu et terrassant un dragon à coups de massue, sur celui de Guillaume de Maule (1377) ; heaume, cime d'un singe et assis sur un lion, sur celui de Jean de Giresme
1. Bibl. nat., Cabinet des titres. Pièces origrinales. t. 1169, dossier 266 i3, n° 2.