Cabinet des médailles, Lejis de Bastard, n
lions accroupis ou passants, des dragons, des têtes de Mores ou de vieillards diadèmes, des écrans avec rappel des armoiries de l'écu, entourés de cornes, de trompes ornées de houppettes, des tètes humaines agrémentées de longues oreilles, des têtes de chevaux effarés, des vases de fleurs, des queues de paon, des plumails, des lendiers et jusqu'à des bottes éperonnées. Il est impossible d'en faire une nomenclature complète.
La plupart peuvent être de fantaisie, mais beaucoup
Fig. H. — Sceau de Guillaume de Harville, 1412.
ont une raison d'être. La famille d'Albret, par exemple, porte traditionnellement comme cimier une tête humaine à longues oreilles ; on a voulu y voir des oreilles d'âne, ce sont, en réalité, des oreilles de lièvre car on faisait dériver le mot Albret du latin leporetus *.
Les supports et le cimier du sceau de Guillaume de Harville (1412) présentent une scène de la vie animale ; le cimier est une libellule et les supports deux lézards rampant vers elle pour la dévorer -.
). DouËT d'Arcq. Collection, de sceaux, n"' 1142 à llîT). — Roma>. Inventaire des sceaux des Pièces oricfinales, n°' 110 A 120. 2. Bibl. nat. mss. franc. 6211, n" 250.
Les volets ou lambrequins qui tombent du heaume couvrent parfois une grande partie du champ de leurs enroulements, et le champ lui-même est guilloché, diapré ou réticulé, les claires-voies remplies de fleurettes, de têtes d'animaux, d'initiales ou d'une de ces devises mystérieuses que le moyen âge affectionnait.
Ce type sigillaire s'est perpétué, sans modifications notables jusqu'au milieu du xvi*' siècle, comme on
Fi{i^. 15. — Sceau de Bernardin de Clermont. 1J13.
peut en juger par le sceau de Bernardin de Clermont (1513) oîi l'écu penché est cime d'un demi-dragon et supporté par des lions K
Tant que la hiérarchie féodale fut fortement constituée et respectée, les familles chevaleresques seules jouirent du privilège de timbrer leurs écus avec im heaume ; à partir du milieu du xvi'' siècle les familles parlementaires voulurent aussi timbrer leurs écus et elles les surmon-
1. DiiMAY. Inventaire de la Collection Clairambaull, n° 259i.
tèrent du mortier, c'est-à-dire de leur coiffure professionnelle, qu'elles ornèrent de cimiers et accompagnèrent de lambrequins.
Un assez grand nombre de sceaux armoriaux, depuis le milieu du xiv*^ siècle, sont ornés non seulement d'un, mais de plusieurs écus armoriés. Nous avons vu précédemment celui de Raoul de Louppy (1364) ' portant trois écussons, d'autres en portent jusqu'à cinq. Louis de Willerval (1380) a un sceau composé delà façon suivante : au centre est l'écu principal, entouré dune légende circulaire, et au delà de la légende sont quatre écus plus petits soutenus par un lion et un griffon ~. Philippe, duc du Bourgogne (1385), a également cin([ ^écussons sur son petit sceau; au centre celui de Bourgogne entouré de ceux de Flandre, Artois, Bourgognecomté et Rethel, sur un fond de rosaces et de dentelures 3.
Jusqu'au milieu du xvi'^ siècle, les dames n'ont généralement fait usage du type armoriai que dans les contresceaux de leurs sceaux équestres ou pédestres ; cependant on trouve bien plus anciennement quelques sceaux féminins armoriés. Dès 1183 Iseldis, femme d'Hasculfede Soligné, a un sceau rond dont le champ porte un losange sous un chef, mais cela est exceptionnel '*. A