DouiiT iiAncg. Colleclion de sceaux. n" 995S
2. lîibl. nat.. Cabinet des médailles. — Demay. Inventaire des sceauj: de Flandre, n" j80, et ibôO.
contre un lion soit en souvenir de la prouesse de Samson, soit comme symbole de force et de puissance. Les deux frères Hugues et Guillaume l'Archevêque, seigneurs de Parthenay (1180-1220 et 120o-1220), se sont faits représenter vêtus d\me courte tunique, coiffés d'une mitre et à cheval sur un lion dont ils ouvrent la gueule avec violence. Pariset Perrin (1380) a un sceau presque semblable, mais c est un homme d'armes qui chevauche et déchire le lion. Sur le sceau de Thibaud, prévôt d'Amiens (xiv^ s.), c'est ime femme qui, dans la même attitude, écarte les mâchoires du lion ; sur celui de Jean Blaive, sergent du guet (139C), c'est un homme sau- A'age et velu qui accomplit cette prouesse; enfin la ville de Rue en Ponthieu (1303 et 1384) a fait graver sur son sceau un chevalier combattant un lion, mais face à face et l'épée au poing K
Quelques sceaux représentent des scènes de chasse. Thévenin le Maréchal, forestier (1396), s'est fait figurer en tunique courte et relevée, tenant en laisse un vigoureux limier dans une forêt. Le sceau de la prévôté de Saint-Germain-en-Laye (xiv" s.), oîi nos rois prenaient si souvent le plaisir de la chasse, représente un chasseur galopant et perçant un cerf de son épieu. Ceux de Jean Poilevilain (12o7)et d'Eudes le Turc (1267) représentent également des cavaliers mais font de plus allusion au nom de leurs possesseurs; Jean Poilevilain est figuré galopant et saisissant un vilain par les cheveux ; Eudes le
1. Doti':T u'.Vrcq. Collection de sceaux, n° 5792. — Demav. Inventaire de la collection Clairanihaiilt, w 10 i3 et Inventaire des sceaux de Picardie n" SOi. — Hil)l. nal. niss. lai. 5ii.3 p. 61 et mss. franc. 20580, n" 61.
Turc en bonnet phrygien et robe flottante, décoche une flèche derrière lai '.
Nous avons vu ci-dessus le sceau municipal de Biarritz (13ol; offrant le curieux tableau d'une pêche à la baleine (pi. XIX, n° 1).
Sur le sceau de Bertrand, comte de Forcalquier (1168), nous voyons un personnage en robe longue, assis et jouant de la harpe ; le même type se retrouve sur une bulle de Guillaume de Montpellier avec la légende : ('onfifehor tihi in cythara dominus Deus meus, et sur le sceau de maître Etevin, orfèvre (xiii®s.),avecla légende: le sui un rei /à ici vos arpe -. Je crois que c'est une allusion au saint roi David.
Beaucoup de docteurs es lois, en théologie, en médecine se sont fait représenter dans l'exercice de leurs fonctions; il me suffira de citer Bienvenu de Campeis, juge de Gapençais (1276), qui est assis, coiffé d'un mortier, vêtu d'une robe longue, devant un pupitre sur lequel il feuillette un volume. Pierre Bona, médecin (1313), s'est fait représenter à mi-corps, de face, vêtu dune houppelande fourrée, coiffé d'une toque et examinant le liquide suspect contenu dans un flacon à long col. Robert le Forestier, chirurgien du roi (1346), est debout en robe et mortier, tenant une baguette et tàtant le pouls à un malade demi-nu et assis. G. de Blanche-
1. DouËT d'Akc^. Collection de sceaux, n°= 3246, 3786 et 4891. — Roman. Sceaux des forestiers, p. 8.
2. Bl.\xc.'v.rd. Iconographie de sceaux et bulles des Bouches-du-Rhône. pi. XXIII, n° 1. — Ch,\rvet. Collection Dongé, pi. IV, n° 3. — Long- PKRiER. Sceau de M' Étevin. orfèvre. (Bulletin des Antiquaires de France, 1859, p. 127;. Voyez figure 44.
rie, apothicaire (xiv® s.), est debout sous un arbre et pile une drogue dans un mortier •.
Les tvpes de quelques sceaux sont inspirés par des fabliaux populaires au moyen âge. Un petit sceaumatrice de la collection Schlumberger, représente Aristote, coiffé d'un bonnet pointu, marchant à quatre pattes, bridé et chevauché par Campa spe. Deux autres de Robert Pleurepain et Guillaume Sachespée, figurent la scène principale du fabliau du Vilain et de TOiseau; loiseau perché sur un arbre, chante : oci, oci, le vilain ! au nez du vilain qui veut singer le gentilhomme '-.
Les sceaux qui renferment une allusion au nom de leur propriétaire sont très nombreux, quelquefois même ils offrent de véritables rébus, qui ne peuvent être devinés que si le nom du sigillant est préalablement connu. Gauthier des Agneaux (vers 1210) a pour type un agneau; Philippe des Autieux (xii" siècle), deux autels de forme antique juxtaposés ; Robert d'Avesnes (1274), une gerbe d'avoine cantonnée de quatre étoiles ; Richier de l'Aigle (1180), un aigle éployée ; Jean Chevrin (1500), un arbre entouré d'une haie ; contre lequel se dresse un chevreau, Aleaume Cacheleu (1329), un berger sonnant du cor et poursuivant un loup ; Raymond Catel (1303), un petit chien ; Jean l'Enfant (1436), un enfant dans un berceau; Raoul des Haies (1401), un arbre entouré d'une haie ; Guillaume Hareng (vers 1236), un hareng ; Pierre
1. Roman. Sceaux des familles seiçjneiiriales de Dauphiné, n" 329. — Valbon.nais. Histoire de Dauphiné. t. I, pi. VI, n° xix. — Douët o'Arcq. Collection de sceaux, n" 5857.
2. Collections Blanchet et Schlumber},'er. — Mémoires des Antiquaires de VOuesl, 1880, p. 37.5. — linllelin des Antiquaires de France, 1910, p. 110.
des Jumeaux (1293), deux enfants semblables l'un à l'autre, séparés par un arbre dont ils cueillent les fruits ; Guillaume Lono^uespée (vers 1200j, une épée en pal avec son ceinturon ; Jean Louvet 1292\ un loup emportant un agneau et saisi par un chien: Eble de Mauléon (vers 1200), un lion marqué d une coquille à l'épaule '.
Un sceau de Jean Dalée (^1418j représente un grand I passé dans un D, accosté d'une aile et de deux E, ce qui traduit exactement le nom du possesseur du sceau ~.
Les outils professionnels ou insignes de charges exercées sont fort nombreux sur les sceaux ; en voici quelques exemples: Guillaume de Hangest, trésorier du roi [Un xn*^ siècle), porte une clef accompagnée de deux fleurs de lys; Perreau, barbier (xiv*" siècle), un plat, un rasoir et une savonnette ; Geoffroi, bonnetier (xiv*^ siècle), un bonnet et une mitaine faisant pendant à deux étoiles ; Mahieu Le Barbier, charpentier (1433), deux haches, les manches enlacés, accostées de quintefeuilles et de feuillages ; Jean Ebbin, forestier (1306), une cognée ; Pierre de Ham, maitre des fossiers du roi (1339), deux bêches en sautoir ; Guillaume Halle, maçon (1371), un marteau et une équerre; Nicolas Lame, autre maçon (1371), une équerre, une truelle et un compas ; Jean Prévôt, maréchal-ferrant (1305), un fer à cheval, un clou et un marteau ; Pardin le Raumier, boulanger
1. DouËT d'Arcq. Collection de sceaux, n°' 1648,2372, 5126 et 5899, — GtESNo.N. Sigillographie de la ville d'Arras, Paris, 1865, in-i". — Léchaidé dAMSY. Extrait des chartes et autres actes normands. — Demay, Inventaire des sceaux de Normandie, n"' 61, 85 et 2070.
2. Bibl. nat. Cabinet des titres, Pièces originales, t. 961, dossier 21231, n°2.
(xiv® siècle), une pelle chargée d'un pain ; P. Résonat, tondeur de drap (xiv*' siècle), de grandes cisailles ; et enfin Guillaume Houdard, monnayeur (xiv'' siècle), une main tenant des pinces '.
Les armes offensives ou défensives sont moins nombreuses ; Arseau de Salins (1381) a pour type un heaume cornu placé au haut d'une tour ; Delmace de Semur (xii® siècle) et Jacques, sénéchal d'Autun (1272), un bras tenant une épée haute (pi. XV, n° 5) ; Reynaud de Beaudemont (12o6), une épée côtoyée de deux croissants ; la ville de Saint-Amand (lo29). une épée accostée de deux fleurs de lys; Guillaume Gales (1231), un arc amorcé d'une flèche, et Robert de la Chapelle (1237), un fer de flèche \
C'est par milliers que les animaux sont représentés sur les sceaux, et quelques-uns sont d'un style superbe. De beaucoup le plus fréquent est le lion, presque toujours dressé (Roger Cauceis, 1201 ; Hugues de Brendealcourt, 1211 ; Guillaume de Moustiers, 1233). Les sceaux municipaux d'Arles portent un lion furieux entouré de la légende : Nobilis in primis clici solet ira leonis ; ceux de Rouen (1262) portent également un lion d'un très beau
1. DouËT d'Arcq. Colleclion de sceaux, n"" 5871 et 5888. — Dema\ . Inventaire des sceaux de Flandre, n° 56"6. Inventaire de la collection Clairambault, n"" 4i06, 4426 et 7439. — Mémoires de la Société des Antiquaires du Centre, 1877. — Société de Sphragistique, 1854, p. 271. , 2. DouËT d'Arcq. Collection de sceaux, n" 302, 1728, 3568 et
style (pi. XVIII, n«2), Agnès de Grandmoulin (1279) a pour type un lion chevauché par une aigle \
D'autres sceaux portent un lévrier soit seul, soit poursuivant un gibier (Isabelle de Bussières, 1267), un cerf, un chevreuil broutant (Simon du Bois, 1236), un
Fig. IS. — Sceau de la ville de Diinkerqne. I-2-26.
chamois (Jean de Viris, 1340), un cheval effaré (Richard de Longueville, 1237), une chèvre, un porc-épic, un écureuil, un sin^^e. etc. -.
1. DouËT dArcq. Collection de sceaux n" 2308. — Roman. Sceaux des familles seicfneariales de Dauphiné. n° 56i. — Bla>c.*.rd. Iconographie des sceaux des Bouchesdu-IUwne, pi. XXX^', n"' I à 4. — Demay. Inventaire des sceaux de Xormandie. n" 164".
2.. DouËT dWacQ. Collection de sceaux, xi"' 1461. — Demav. Inventaire de la collection ClHiranib:iult. n OJTl. — Bil)l. nat. mss. lai. 5481. p. 76.
De tous les oiseaux l'aigle est le plus fréquemment figurée sur les sceaux soit à une seule soit à deux têtes ; très fréquente dans le sud-est de la France, elle y fait allusion à la suzeraineté de TEmpire. Dreux de Mello (1203) porte une aigle à deux têtes tenant dans chaque bec une clef; Robert de Saint-Léonard (1219), une tête d'aigle arrachée, et Hervé de Monisoult (1221), une aigle combattant un dragon. Puis viennent le faucon, quelquefois coiffant un lièvre (Pierre de Genci, 1267); le gerfaut sur les sceaux municipaux d'Avignon (1231) ; des colombes tantôt isolées ou tenant un rameau dans leur bec, mais le plus souvent perchées au nombre de deux sur des rameaux stylisés ; le héron (Jean Héronst, 1396); le paon f Guillaume Odonis, fin du xu*' siècle); le coq (Philippe Ghaudel, 1263) ; la perdrix (Richard de Saint-Samson, 1268) ; le pélican, etc. *.
Le sceau de la ville de Dunkerque (1226) a pour type une morue -. On trouve aussi des bars et des harengs figurés sur les sceaux.
Quelques animaux sont heaumes ou mantelés aux armes, décoration tout k fait dans le goût du moyen âge ; ces types ne se rencontrent pas avant le xiv® siècle et ne se prolongent pas au delà du premier tiers du xv^. Robert d'Augeran (13o2) porte un lion accroupi, heaume et cime d'un vol ; Charles de Montmorency (1360), une aigle heaumée, cimée d'un limier; Hugues du Boulay
1. DouËT dAhcq. Collection de sceaux, n°» 2959, 3528, 3517 et 5500. — Demax . Inventaire de la collection Clairamhault, n° 4639. — Blaxcard. Iconographie des sceaux des Bouches-du-Rhône, pi. XXXVI, n" 8 et XXXVII, n"' 1 à 6. — Roman. Sceaux des familles seigneuriales de Dauphiné, n° 578.