DoiËT t/Arcq. Collection de sceaux, n" 8234 et
Grenoble (1318), est représenté à genoux, mitre, crosse et priant, sous une voûte surmontée de la Vierge accompagnée de saint Hugues et de saint Vincent*.
Ensuite la représentation s'augmente d'un dais ou baldaquin, et le sceau se compose alors de deux étages, l'un inférieur consistant en une voûte sous laquelle est agenouillé le sigillant, l'autre supérieur, très orné, avec colonnettes, pinacles, niches et clochetons, sur lequel se déroule une scène ou bien sur lequel sont debout un ou plusieurs saints. De bons exemples de ce type sont les sceaux de Philippe des Moulins, évêque d'Evreux (1384), et de Michel de Perellos, archevêque d'Embrun (1422), sur lesquels la Vierge, portant l'enfant Jésus et tenant une branche de lis, est assise sous un riche baldaquin, accompagnée d'anges adorateurs, tandis que le prélat est agenouillé au-dessous entre deux écussons. Sur le sceau de Jean de Rochois, abbé de Saint- Wandrille (1400), la Vierge est accompagnée de saint Wandrille et de saint Loviis; sur celui d'André, évêque de Cambrai (1393), de saint Pierre et de saint Paul (pi. XXIV, n« 1)2.
Quelquefois le type est un peu différent ; au lieu d'être agenouillé sous une voûte au bas du sceau, le sigillant est agenouillé aux pieds de son saint patron ; dans ce cas son écu armorié prend au bas du sceau la place qu'il
1. DouËT d'Arcq. Collection de sceaux, n"' 6370, 79i3 et 9508. — Valdonnais. Histoire de Daaphiné, t. I, pi. III, n" V. — Bulletin des Antiquaires de VOuest, 1880. — Catalogue de la collection Schuermans, pi. IV, n° 17; voir aussi pi. IV, n" 21 et pi. V, n" 17.
2. Demay. Inventaire des sceaux de Flandre, n" 5849. — Roman. Sigillographie du diocèse d'Embrun, pi. II, n» 7. — Bibl. nat. ms. lal. 5425, p. 17.
TYPE IIAGIOLOGIQUE 175
eût pu occuper. Jean II Dauphin, fondateur des Trinitaires de Grémieu, paraît sur le sceau de cette maison, vêtu d'une cote armoriée et agenouillé aux pieds de saint Augustin debout sous un baldaquin et tenant une représentation de la Trinité (xiV s.); Henri, comte de Champagne, fondateur de la Collégiale de Saint-Etienne de Troyes, est agenouillé aux pieds de ce saint et lui présente un plan de Féglise (xiv^ s.) ; Guillaume de Tréville, penancier de Coutances (14o7), est au pied de saint Pierre faisant pendant à un écu armorié sur lequel sappuie ce saint. En 1603, Françoise de Quespray, abbesse de Notre-Dame de Gif, use encore d'un sceau en navette avec baldaquin, sur lequel elle est représentée à genoux aux pieds de la Vierge'.
A la fin du xiv'' siècle l'ornementation se surcharge encore ; ce n'est plus de deux étages mais de trois qu'elle se compose. Au-dessus de l'étage principal se dessine une arcade qui renferme la Vierge k mi-corps, son Couronnement, l'Annonciation, saint Maurice, saint Georges à cheval, ou toute autre scène. Quelquefois l'étage central est orné de quatre ou cinq personnages debout dans autant de niches, ou d'un seul accompagné d'anges adorateurs agenouillés dans des logettes ou sous des toitures ; presque toujours le sigillant est accosté d'écussons armoriés. Le champ se transforme alors parfois en un tableau, en un bas-relief complet. Le sceau de Marguerite de Sorennes, prieure des Hautes-Bruyères,
1. Charvet. Collection Dongé, n° 40 ; voir aussi le n" 90. — Coffi- .\ET (Abbé). Grand sceau du chapitre de la collégiale de Saint-Étienne de Troyes {Société de Sphragislique, 1851, p. 209). — Bibl. nat. nis. fran^. 208S2, p. 39; 20905, n" 67.
près de Paris (1365), représente Jésus-Christ tenant une longue croix, sortant du tombeau, et accompagné d'un ange assis, de trois femmes et de deux soldats endormis ; celui du couvent des Glarisses de Condom (1471) représente l'Apparition de Jésus-Christ aux saintes Femmes dans un jardin ; celui de Louis de Beaumont, évêque de Paris (1480), nous montre la Vierge enlevée au ciel par des anges, tandis que les douze apôtres entourent le sépulcre vide^. Un des plus beaux sceaux de cette époque est celui de la Trésorerie de la Sainte-Chapelle de Bourges (1470). Au centre, sous un baldaquin, Jésus- Christ, tenant un globe, est debout ; à droite saint Jean pose la main sur Jean, duc de Berry, agenouillé; à gauche sainte Catherine pose la main sur la duchesse Catherine de France également agenouillée ; de chaque côté, dans deux étages de logettes, sont des anges à mi-corps et au haut deux autres anges supportent l'écu du duc de Berry-.
Voici un sceau singulier du couvent des Dominicains de Carcassonne (1446), dans lequel le graveur a copié la disposition des sceaux précédents, tout en faisant quelque chose de très différent. Il représente la légende de la révélation de la mort de saint Dominique au frère Guala, prieur de Brescia, telle que le conte la Légende dorée. Sous un petit dais architectural, saint Dominique nimbé, vêtu d'un manteau à capuchon pointu, est assis de face, accosté de deux échelles tenues en équilibre par deux anges sortant de nuages ; dans la partie inférieure,
1. DouËT d'Arcq. Collection de sceaux, n° 6805. — Bibl. nat. ms. franc. 20902, n" 38 et 20915, n" 90.