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VII. — Traitement du sapin

Station. — Le sapin est une essence très-répandue en France, et elle couvre de grandes surfaces en Europe. On le trouve tantôt pur, tantôt mélangé avec le hêtre, le pin sylvestre ou l'épicéa. On le rencontre principalement dans les climats rudes; mais il se trouve dans les climats très-rudes comme dans les tempérés; seulement alors il perd de ses qualités. Le sapin réclame avant tout les pays accidentés dont l'altitude est comprise entre 500 et 1,800 mètres; c'est là qu'il acquiert ses plus belles dimensions et son meilleur bois ; mais on ne le voit pas spontané en plaine, même dans le Nord de l'Europe, et les rares exemples qu'on en cite sont des endroits où il a été introduit de

ÉLËUENTS DE SyLVICDLTURE.

d'homme, oa des coteaux contigns aax mon- :s et qui participent à leur climat.

idilions spéciales de TÉ|éUU«n. — Le sapin a la mce assez légère et munie d'une aile qui let sa dissémination au loin ; son couvert est épais et son jeune plant a le tempérament délicat. II résiste à l'action da couvert jus- Irente ou quarante ans, et même au delà.

î ea station, il est peu exposé aux gelées tanières, mais il craint la chaleur et disparaît facilement tant qu'il n'a pas pris de branches aies, jusque vers l'âge de trois à quatre ans, fine est pivotante lorsque le terrain a assez de indeur; mais l'&rbre ne tarde pas à produire acines latérales puissantes qui lui permettent : fixer et de prospérer sur des sols superficiels ême rocheux.

SB terrains divisés, simplement frais, de na* siliceuse ou calcaire, sont les plus favorables apin. Il craint les terres argileuses et huis, où il est bientôt atteint par la carie des les.

% croissance du sapin est très-lente au débat qu'il n'est pas franchement verticillé, ce qui 3U vers dix ans; à partir de ce moment il te rapidement en hauteur ; sa croissance en lètre est moyenne, se maintient égale peu-

FUTAIE ÉCLAmCIE.

dant assez ' longtemps et redevient lente vers Tâge de 80 à 100 ans. A une faible altitude et sous les climats tempérés, il pousse rapidement lorsqu'il est verticillé ; mais sa long^évilé est restreinte.

Le sapin vit plusieurs siècles et devient un arbre de première grandeur, qui peut atteindre jusque 45 mètres de hauteur; son diamètre dépasse rarement 1 mètre 20 à hauteur d'homme.

Emplois. — Le bois de sapin sert à de nombreux usages : il forme une partie importante des charpentes et des solivages ; placé en travers, il supporte d'assez fortes charges, et plie longtemps avant de rompre; il fournit de^ mâts à la marine marchande ; débité en sciages , c'est une des essences les plus utilisées par la menuiserie; la boissellerie l'emploie fendu pour faire les ustensiles de ménage ; on en fait encore des bardeaux ou essandoles pour couvrir les maisons. Il est de qualité inférieure pour le chauffage, sauf les branches où se trouvent un certain nombre de cellules résinifères, et Técorce qui contient les réservoirs de résine. Le peu de résine contenu dans la tige est sans doute un des motifs qui empêchent le bois de sapin de bien résister aux alternatives de sécheresse et d'humidité.

Réfolnlion. — Pour ces différents emplois, on ne

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fait pas de distinction entre les couches extérieures et les couches internes. On se sert de toutes les dimensions apparentes; dès lors, le déchet est peu considérable, et des sapins de 70 centimètres de diamètre en moyenne suffisent à tous les usages. A des altitudes moindres que cinq cents mètres ou dans les sols riches et sous les climats tempérés, une révolution de 120 ans peut donner ces dimensions; mais dans la vraie région du sapin, il faut de 150 à 180 ans.

Coupes de régénération. — Les coupes de régénération doivent être conduites, comme pour le hêtre, en faisant attention que le sapin est encore plus exposé aux vents par les endroits qu'il habite ; que son jeune plant n'ayant une existence à peu près assurée qu'à trois ou quatre ans, il ne faut pas entreprendre la première coupe secondaire avant cet âge; qu'il faut être très-prudent tant que le jeune sapin n'est pas franchement verticillé; qu'il vaut mieux enfin laisser subsister longtemps l'état de coupe secondaire un peu serrée plutôt que de s'exposer à voir le vent faire coupe définitive avant le temps voulu. On en sera convaincu si on veut se donner la peine de constater comment les semis s'élèvent sous un vieux peuplement à peine interrompu. Lors de la coupe définitive, il n'y a pas lieu de laisser des réserves

' ^Vt.

et, presque toujours, il serait d'ailleurs impossible de les maintenir isolées.

On a quelquefois dit que la coupe d'ensemencement devait être assez large dans les sapinières, et on a cité des exemples de réussite. Si on veut vérifier les faits et observer attentivement, on se convaincra qu'à la suite d'une coupe espacée, les jeunes plants préexistants peuvent bien se développer, mais qu'il ne se produit pas de nouveaux semis; que le sol se détériore et que, les vents aidant, les porte-graines sont renversés ou sèchent sur pied. Il faut alors repeupler artificiellement en pin sylvestre ou en épicéa, et le sapin est perdu pour toute une révolution. Ces prétendus cas de réussite prouvent simplement qu'il y avait lieu de faire une coupe secondaire et non une coupe d'ensemencement.

Coupes d'amélioration. — Si ce n'est dans le mélange du hêtre avec le sapin, il n'y a guère que l'érable sycomore qui, se montrant en grand nombre, puisse devenir dangereux; on trouve encore quelques saules et des sureaux. C'est le cas de procéder à de légers nettoiements qui sont souvent peu urgents. L'absence de ces opérations se traduit ordinairement par un simple retard dans la végétation du sapin.

Plus encore que pour toutes les autres essences,

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il faut faire des éclaircies prudentes au début dans le sapin. Cette essence, a-ton vu, résiste très-longtemps au couvert; on peut ajouter qu'elle reprend vigueur aussitôt qu'elle participe à la lumière. Or, les accidents de neige, de givre, etc., qui brisent la tête du sapin, sont très-fréquents, et les tiges qui en ont été victimes ne se reforment qu'avec diflSculté une cime toujours défectueuse. Si donc on a eu soin de conserver les sujets simplement dominés, ils pourront remplacer ceux qui auront été brisés. Plus tard, on fera des éclaircies moyennes pour desserrer très-légèrement le massif; mais toujours dans le même but, il faudra conserver les sujets dominés qui ne sont pas morts en cime; leur extraction ne saurait d'ailleurs améliorer la végétation du massif. On enlèvera de préférence les arbres chaudronnés. On n'arrivera pas jusqu'à faire l'éclaircie forte parce que, chez les résineux, on n'active souvent la croissance qu'aux dépens de la qualité.

Remarque. — Partout où j'ai étudié le sapin, j'ai pu me convaincre qu'il n'y a aucune urgence à commencer les éclaircies de bonne heure. C'est une essence qui se montre naturellement à l'état de massif serré, et pour laquelle cet état est favorable à tous les âges. J'ai pu constater en même temps les déplorables effets causés par des éclaircies

inopportunes ou imprudentes. Aussi ne saurais-je trop conseiller, après avoir conduit très-lentement la régénération, d'attendre, pour commencer les éclaircies périodiques, que les peuplements arrivent vers la limite supérieure des bas perchis; de n'enlever jusque-là que les tiges tout à fait dépérissantes, si leur valeur doit dépasser les frais d'exploitation ; et toujours de conserver précieusement les perches simplenxent dominées.

Mon opinion personnelle est même qu'il y a souvent lieu de maintenir les sapinières à Tétat jardiné : frappé des inconvénients du jardinage, on n'a pas assez tenu compte des avantages sérieux que procure ce mode de traitement des futaies quand il est appliqué avec modération, ni des difficultés d'application du mode des éclaircies en montagne. Il en sera question plus loin.

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