VI. — Eêsumé du traitement des forêts à chêne
En'résumé, les règles relatives au traitement les futaies à chêne peuvent se formuler de la manière suivante :
Le chêne ne doit jamais être élevé à l'état Dur si on veut en retirer les produits les plus utiles.
— La régénération doit s'en faire par la voie laturelle, et les peuplements artificiels n'en doivent être que le complément;
Quelles que soient les conditions de végétation,
FUTAIE ECLAIRCIE.
la production des semis naturels n'est qu'une question de temps et de prudence ;
Avec les semis naturels, il n'y a ni perte d-e temps ni perte d'accroissement, puisque, en attendant les semis, la production se porte sur les réserves qui ne sont largement espacées que lorsque le semis s'est déjà produit ;
Les repeuplements artificiels, toujours d'un prix élevé, ne donnent souvent que des peuplements sans avenir; les mieux réussis présentent encore une trop grande égalité de force dans les tiges; les éclaircies y sont d'une difficulté extrême, et font reculer devant leur exécution les agents les plus sûrs d'eux-mêmes.
— Il faut toujours faire les trois coupes successives de régénération.
La coupe d'ensemencement doit être sombre dans les terrains simplement frais, où l'on n a pas beaucoup à craindre l'exubérance de la végétation herbacée (généralement dans la station du chêne rouvre) ; «Ile doit être très-sombre dans les terrains humides, très-riches en terreau, très-argileux, où les grandes herbes sont redoutables (généralement dans la station du chêne pédoncule);
Si le semis de chêne préexiste, il faut néanmoins établir une coupe assez sombre pour assurer la naissance et le maintien des semis de hêtre et de charme, qui sont les principaux auxiliaires
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du chêne, et dont le premier a le tempérament délicat et le second craint beaucoup les herbes et le dessèchement du sol à la surface ;
Si les porte-graines chêne ne sont pas assez nombreux dans la réserve, c'est au moment de la coupe d'ensemencement qu'il convient d'introduire un millier de basses tiges non recépées par Y hectare; des plants recépés vaudraient moins,
parce que les rejets se produisent mal sous le j couvert; — de même, les planter au milieu d'au-
! très semis déjà obtenus, c'est s'exposer à les voir
disparaître ; I En faisant la coupe sombre, il faut nettoyer le
■ sol de la végétation basse qui peut le recouvrir;
il faut également relever le couvert en coupant les branches les plus basses des réserves, sans que cet élagage puisse porter sur les chênes non encore mûrs et qui doivent survivre aux coupes de régénération ;
Lorsqu'il préexiste sur le sol un semis nombreux de hêtre et que le chêne fait défaut ou est dominé par lui, il faut recéper les hêtres sous le couvert de la coupe sombre, afin de donner l'avance au chêne, dont la végétation est moins rapide au début ;
Si, en attendant une année de semence, les ré* serves reformaient l'état de massif clos, il faudrait rétablir la coupe sombre.
— La coupe secondaire doit souvent se faire en plusieurs fois et ne peut jamais être supprimée impunément; c'est le moyen le plus sûr encore d'atténuer Taction des gelées printanières et de maintenir les essences auxiliaires;
La coupe secondaire a pour but de donner plus de lumière aux jeunes plants, tout en protégeant le sol contre le dessèchement que les semis jseuls seraient impuissants à prévenir, et en empêchant: le développement des grandes herbes encore dangereuses en ce moment ;
Il faut, pour Tentreprendre, que les semis soient assez nombreux pour pouvoir former fourré au bout d'un petit nombre d'années (dix ans par exemple), et qu'ils aient au moins trois ans^ cependant, dans une futaie de chêne et charme, on peut être conduit à faire une légère coupe secondaire quand le semis de chêne existe seul; elle servira de coupe d'ensemencement pour le charme qui ne s'installe pas bien sous une coupe très-sombre^
Il y aura souvent lieu de pratiquer l'émondage des branches gourmandes sur les chênes et les charmes : sur les premiers, pour empêcher la dégradation de leur fût; sur les seconds, parce que ces branches nuisent aux semis en abaissant le couvert.
— La coupe définitive ne doit se faire qu'au moment où les semis, formant franchement le fourré, suffisent à eux seuls à maintenir la fraî-
^rimm^vs, DE STLVTCITLTCRE-
cheur 4a aol^ etoa rb n'ont plus i redcMiter Tactfon des geltê^s prîirtaiiîères.
Aa «eal point de me de la régénémtîoii, elle ierrsdt être complète; il fkat cepen^iant eonserrer les ctêneâ aasea TÎgoareiix pour proeparer encore an moînâ une trentaine d'année:»; le tort qa*ils pearrent causer acuE senûâ ne saurait être comparé à Fangnientation de leur ntîlité; d'ailleurs les semîâ de cKene ne font pas dé&nt dans nos forétSj et îJs sont bien moins precienx puisque leur réalisation est reculée dans on arenir très loîntaîn^ tandis que les réserres conserrées sa\>nt exploitables dans trente^ quarante on cinquante ans^ alors que les gros bois feront nécessairement défaut;
H n'^est pas exact de dire que ces réserres ne se maintiendront pas. N^est-il pas constant qu'un grand nombre des réserves du tire et aire se sont maintenues, malgré Tabsenee de tout soin ? D en sera de même, à plus forte raison, si on Teut bien les préparer à fisolement, et les émonder une fois ou deux arant que les branches gourmandes aient pris quelque dimension ; d^'ailleurs, on sera toujours à même d^nlerer celles qui dépériraient;
En même temps quW fera la coupe définitive, il peut j aToîr lieu de procéder à un nettoiement pour &ire disparaître les rejets des vieilles souches, les bois blancs trop nombreux, ainsi que les hêtres qui dominent des chênes bien venants et
bienplacéô; les bouleaux sont plus utiles que nuisibles, quand ils ne forment pas un sur-étage complet; dans tous les cas, il ne faut les enlever que progressivement en commençant par les isoler.
— Une régénération qui s^obtient dans un intervalle de 20 à 25 ans entre la coupe d'ensemencement et la coupe définitive, est faite dans d'excellentes conditions; ce temps n'est long que comparé à la brièveté de la vie humaine,
— Quand la régénération est terminée, il ne reste plus qu'à assurer le maintien du chêne et à améliorer constamment sa végétation. C'est le rôle des nettoiements et des éclaircies.
Jusqu'à ce que le peuplement ait atteint l'état de bas perchis, il n'y a que des nettoiements à faire. Ils sont d'autant plus nécessaires que le sol est plus riche et le climat plus tempéré. A moins que les charmes ne proviennent de rejets de souhces, les nettoiements ne porteront pas sur eux parce que leur végétation est plus lente que celle des chênes ; mais ils pourront porter sur les hêtres, les essences inférieures, les bois blancs et les morts-bois. Par exemple, le hêtre dans les sols siliceux, le hêtre, les bois blancs et les essences inférieures dans les terrains argilo-siliceux, le hêtre et les morts-bois dans les sols calcaires et argilo-calcaires doivent être surveillés d'une
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manière toute spéciale. On aura soin de ne jamais interrompre le peuplement, d'opérer souvent par étêtement, de ne pas extraire radicalement une essence que les éclaircies peuvent faire disparaître successivement d'une manière plus utile, et de ne dégager que le nombre nécessaire de chênes (cinq à six cents bien répartis par hectare). Ces nettoiements seront répétés aussi souvent tju'il le faudra, sans qu^on doive chercher à les rendre plus productifs en les retardant, éj' Les éclaircies sont d'une importance capitale
toutes les fois que le hêtre est mélangé au chêne, parce qu'elles ne sont alors que la continuation des nettoiements à tous les âges. Elles doivent être conduites dans un but bien déterminé et constamment suivi : celui de dégager les cimes des chênes sans isoler leurs fûts. Pour cela, contrairement aux règles de Véclaircie faite dans un peuplement formé d'une seule essence, on fera disparaître les hêtres dominants aux environs immédiats des chênes, pour conserver les hêtres dominés. Il faut donc commencer de bonne heure, car les hêtres dominés auraient disparu dans un perchis forme depuis longtemps. On continuera de même dans toutes les éclaircies suivantes, et on favorisera les semis de hêtre qui pourront se montrer sous les massifs déjà grands. Ces semis formeront un sousétage très-avantageux à la croissance du chêne.
Maïs cet avantage ne doit pas conduire à les chercher d'une manière uniforme et systématique à un moment donné, car ce serait isoler les chênes. Les éclaîrcies seront faites fortes autour des chênes, tout en restant moyennes pour Tensemble.
Lorsque le mélange a lieu entre chêne et charme,, ou entre chêne, charme et hêtre, l'exécution des éclaircies est singulièrement facilitée. C'est du charme qu'on gardera autour des chênes. 11 faut seulement se rappeler que le charme demande Féclaircie moyenne plus tôt que le hêtre. La différence de longévité du charme et du chêne ne doit pas préoccuper. Au fur et à mesure que des piedâ de charme arriveront à maturité, leur extraction permettra aux semis de cette essence de se montrer, par suite de l'état de plus en plus clair du peuplement. Il faut seulement opérer de telle sorte que les semis se produisent successivement, afin de ne jamais isoler les chênes. Comme c'est le pédoncule qui est généralement mélangé au charme, ce serait une faute, plus grave encore qu'avec le hêtre, de chercher à régénérer régulièrement deux fois l'essence auxiliaire pendant la vie des chênes. Il y aura d'ailleurs toujours un certain nombre de charmes dont la longévité atteindra le terme de la révolution adoptée pour le chêne, et qui pourront servir de porte-graines.
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eofin, les chênes n'entraient: dans les peuents que pour «ne faible proportion, ce serait maison de plus de leur donner la place néire. Les éclaircîes, en effet, ont encore pour
de proportionner le nombre des pïeds de le essence, et il ne faut pas perdre de vue 'il est désirable, dans les bons edIb, d'arriver rme de l'exploitabilité avec une forte proin de chênes, au début c'est l'esBence auxi-
qui doit dominer. C'est également en faisant claircies qu'on enlèvera, s'il y a lieu, les la laissés lors de la coupe définitive.
o'est peut-être pas inutile, en terminant le ment du chêne, d'appeler l'attention sur les IX d'assainissement qu'on peut être tenté ■éprendre. On a quelquefois oublié que le ! pédoncule est l'arbre spontané des terrains rais et même humides; c'est l'arbre des ■s basses exposées à des inondations plus Dins fréquentes. C'est donc une erreur de des travaux de dessèchement toutes les fois es eaux ne sont pas stagnantes et que le Q ne devient pas marécageux. Nul doute que lérissement prématuré dans maints endroits, la disparition du chêne pédoncule dans ■es, ne soient dus k des assainissements jifs. Sans interdire les travaux de cette na-
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tare, il est donc permis de recommander une étude préalable et attentive du sol et de la végétation. Ici encore il faut être prudent et se contenter d'aider la nature dans une juste mesure. Le plus souvent il suffira de curer quelques ruisseaux en y joignant l'ouverture d'un fossé bien dirigé pour permettre l'écoulement des eaux surabondantes. C'est dans les endroits mouillés en hiver qu'on rencontre parfois les semis de chêne les mieux réussis ; on sait en effet que le gland peut se conserver sous l'eau.