CHAPITRE DEUXIÈME
Repeuplement» par plantation».
Faut-il utiliser les semis qu'on trouve en forêt, vaut-il mieux élever les plants en pépinière ? La réponse n'est pas douteuse. En pépinière, on prépare le sol en Tameublissant ; aussi les racines se développent rapidement, et un plant n'a jamais trop de racines pour réussir. L'extraction est plus facile et le chevelu mieux ménagé. On peut, soit en repiquant les plants dans la pépinière, soit en
250 ÉLÉMENTS DE SYLVICULTURE.
le coupant surplace, retrancher le pivot qui, chez certaines essences, est très-prononcé. Dès lors, Tenracinement est plus latéral, moins profond; il faut de moins grands trous, et la mise en terre est plus rapide et mieux faite. Enfin, c'est seulement en pépinière, et avec des soins spéciaux, qu'on peut obtenir de grands plants bien constitués.
A défaut de pépinières, on peut cependant utiliser les plants de forêt ; mais il faut savoir les choisir. On donnera la préférence à ceux qui ont crû dans les endroits clairs et qui ne forment pas des semis très-drus. Les plants un peu espacés ont plus de cime et des racines latérales plus fortes et plus nombreuses. S'il s'agit de jeunes plants feuillus, les plus trapus sont les meilleurs. Ce sont des sujets bien enracinés, et la forme de la cime est indifférente, puisqu'on peut les recéper en les mettant en terre. Ceux qui sont effilés et non encore ramifiés ont généralement une racine simple, longue, dont une bonne partie restera en terre ou devra être retranchée, et ils sont d'une reprise douteuse, à moins qu'il ne s'agisse de plants figés de deux ans au plus. Quant aux plants résineux, sauf pour le sapin, qu'on ne peut pas repiquer avant l'âge de trois ans, les plus jeunes sont les meilleurs.
Pépinières. — La première question à résoudre
REPEUPLEMENTS PAR PLANTATIONS, • 251
est celle de remplacement. Il n'est pas nécessaire d'établir une pépinière en forêt soiis prétexte que les plants souffriront moins en restant dans le même terrain. Quel que soit le sol dans lequel on doive employer les plants, il faut mettre une pépinière dans un terrain de bonne qualité et profond, dans un endroit horizontal ou plutôt légèrement incliné , abrité mais non pas complètement, à proximité d'une source ou d'un ruisseau, si c'est possible.
En effet, un terrain profond et de bonne qualité donnera des plants vigoureux, garnis de nombreuses racines, et il est évident qu'ils résisteront mieux que d'autres à la crise de la plantation. La composition minérale de la terre n'a pas une grande importance, parce que dans une pépinière on apporte du terreau ou des engrais qui la modifient. Néanmoins, les sables gras sont préférables. L'emplacement doit être légèrement incliné pour empêcher l'excès d'humidité, et pas trop, pour éviter l'excès contraire. L'exposition de l'est et du sud-est est la meilleure, parce que la végétation n'y est pas très-hâtive et qu'on y est moins exposé aux gelées printanières. Il faut éviter de placer une pépinière au milieu d'un massif élevé : abritée de tous côtés, l'atmosphère ne se renouvelle pas facilement, et c'est une cause de gelée. Enfin^ dans les grandes sécheresses, il est avan-
252 iLÉUENTS DE SYLVICULTURE.
tageux d'avoir à peu de distaDce une source ou un ruisseau qui permette les arrosementB.
Quand l'emplacement est décidé, on détermine l'étendue de la pépinière d'après le but qui l'a fait établir. S'agit-il d'une pépinière permanente, il faut la faire assez grande. Il vaut mieus une seule pépinière que plusieurs petites : elle eat mieux soignée, surtout si on Tamise à côté d'une maison forestière. Mais il ne faut pas la faire assez grande pour que son entretien devienne difficile, et il est à conseiller de ne pas dépasser deux hectares. Si on ne veut que des pépinières temporaires, on les fait plus petites et on les multiplie au besoin. En effet, les pépinières volantes ne s'entretiennent pas avec des engrais ; on utilise celui que la forêt 7 a déposé. Le plus souvent on ne défriche pas ; on les établit sur des vides ou des clairières et à proximité de l'endroit à reboiser.
H est toujours utile de clôturer une pépinière. Cela devient indispensable pour use pépinière permanente et pour celles où on sème des glands ou des faînes, aiîn de les garantir contre les sangliers. Quant aux petits rongeurs, on évite leurs dégâts en semant tard au printemps, au moment de la germination. — - Il n'j a pas d'autre moyen de se défendre contre les oiBeaux, si friands des graines résineuses, que de poster un garde cbargé de les éloigner à coups de fusil.
REPEUPLEMENTS PAR PLANTATIONS. ' 253
Avant d'ensemencer une pépinière, il faut en cultiver le terrain et le cultiver profondément, afin de le rendre bien meuble ; en même temps, on répierre soigneusement. Mais on doit éviter, en défonçant le sol, de ramener à la surface les couches de terre profondes; elles n'ont pas encore subi Faction de l'atmosphère et ne renferment pas de principes assimilables. Le défoncement profond se justifie, parce qu'il permet l'accès de l'air dans le sol, le développement rapide des racines et parce que, tout en permettant l'infiltration des eaux de pluie, il s'oppose au dessèchement. C'est un fait d'expérience qui s'explique d'ailleurs facilement.
Si cette culture donne des plants plus vigou'reux, elle oiBfre, d'un autre côté, le danger de favoriser également la végétation herbacée. Aussi est-il prudent de faire au préalable une ou deux cultures agricoles, en donnant la préférence aux plantes sarclées et binées : pommes de terre, maïs, etc. C'est seulement après qu'on dispose remplacement pour recevoir les graines forestières.
A cet effet, on partage la pépinière en platesbandes dirigées dans le sens de la pente du terrain. On leur donne une largeur moyenne d'un mètre et on les sépare . par des sentiers de
254 ÉLÉMENTS DE SYLVICULTURE.
trente à quarante^ centimètres de largear. Enfin^ on fait aboutir les sentiers sur des chemins qui découpent la pépinière en compartiments. C est dans les plates-bandes qu'on dispose les semis, et on les exécute en plein ou par rigoles. On peut semer en plein pour les plants qu'on doit repiquer en pépinière avant de les employer, ou pour ceux qu'on plantera par touffes à l'âge d un an. Mais il est presque toujours préférable de semer par rigoles qu'on ouvre dans le sens de la largeur des plates-bandes.
Ces rigoles se font à la houe pour les grosses graines. Pour les semences fines, et généralement pour les résineux, on se trouve bien de les ouvrir à la planche. Après avoir bien ameubli la surface et l'avoir égalisée avec un râteau, on place sur la terre une planche un peu épaisse, d'environ vingt-cinq centimètres de largeur, et portant audessous deux lattes creusées en forme de gouttières. On marche ou on frappe sur la planche, de manière à fkire pénétrer les lattes sur toute leur épaisseur. En enlevant la planche, on découvre deux rigoles présentant chacune deux raies séparées par un petit ados. On sème sur l'arête de l'ados et les graines tombent à droite et à gauche dans les raies. Il ne reste plus qu'à les recouvrir avec du terreau ou de la bonne terre bien émiettée.
REPEUPLEMENTS PAR PLANTATIONS. 255
L'avantage des rigoles à. la planche consiste daps une grande économie de la semence et dans une répartition régulière des graines. Les jeunes plants, naissant sur une même ligne, ne se gênent pas entre eux et se développent latéralement en liberté. Dans les semis en plein ou en rigoles un peu larges, les plants de l'intérieur ne tardent pas à souffi*ir, surtout quand on a semé dru ; un grand nombre restent chétifs et no peuvent être employés qu'après avoir été repiqués. Aussi faut-il recommander, quand on n'emploie pas la planche, de faire les rigoles étroites, de laisser entre elles un intervalle de dix à quinze centimètres, et de semer les graines sur une seule ligne, de manière qu'elles se touchent si elles sont grosses, qu'elles soient distantes de quelques millimètres si elles sont fines.
A l'exception des semences très-difficiles à conserver, telles que l'orme, le bouleau, l'aune, les peupliers, les saules, etc., qu'on doit mettre en terre aussitôt après la récolte^ la saison la plus favorable est le printemps. Il faut même semer assez tard pour éviter l'action des dernières gelées : fin avril et premiers jours de mai pour la plus grande partie de la France. Mais alors on s'expose à la sécheresse et aux chaleurs qui suivent ordinairement les pluies de l'équinoxe, et
256 ÉLÉICKNTS DE SYLVfCCLTCRE.
les graines, ne trouvant plus assez d'humidité, pourraient ne pas germer. On remédie à ce danger en les faisant tremper dans de l'eau, ou mieux encore dans du purin. Le temps de l'immersion est variable avec la grr)sseur du fruit ou la dureté de son enveloppe, et doit durer de douze heures à plusieurs jours. Les graines de mélèze sont celles qui demandent le plus de temps. Les semences absorbent ainsi l'humidité néce^3aire à leur germination et, sous l'influence des premières chaleurs, elles germent très-rapidement an bout de quelques jours. On évite de la sorte les principales causes de destruction : les animaux et les intempéries.
Il est fort difficile d'indiquer, d'une manière précise, la quantité de semences à employer en pépinière. Elle dépend, avant tout, de la qualité des graines, mais aussi de l'âge auquel on veut employer les plants. Si on doit se servir de plants d'un an ou si on doit les repiquer en pépinière avant leur emploi, on peut semer assez dru, c'està-dire que les plants peuvent presque se toucher. En admettant les semis à la planche ou faits d'une manière analogue en rigoles étroites, ce serait donc cent à deux cents plants pour chaque rangée d'un mètre de longueur; admettant aussi que la graine est de qualité moyenne, c'est-à-
REPEUPLEMENTS PAR PLANTATIONS. 257
dire qu'elle présente les deux tiers de bons fruits, il faudrait employer pour la même longueur cent cinquante à trois cents graines. U paraît alors convenable de rechercher le nombre de graines que renferme un poids ou un volume déterminé. Les expériences faites à la pépinière de la Belle Fontaine, près Nancy, ont donné les résultats suivants :
EuencM. ^
ITolume.
Poidi.
ttombn de gnioet.
Pin sylvestre désailé 1
l litre.
510 gr.
Pin d'Autriche —
Pin maritime — 1
Pin Weymouth — i
Sapin — 1
Epicéa —
Mélèze — i
Ces semences se vendant généralement au poids, on en déduit que
1 kilog. de pin sylvestre contient 139,200 graines.
1 — de pin d'Autriche — 47,600 —
1 — de pin maritime — 22,300 —
\ — de pin Weymouth — - 61,200 —
1 — de sapin — 31,200 —
l — d'épicéa — 122,800 —
1 — de mélèze — 127,800 —
On peut y ajouter le charme, dont un kilogramme de semences sans involucres renferme de vingt-cinq à trente mille graines.
Les faînes et les glands se vendent habituelle-
•TLT. 17
258 ÉLÉMENTS DE SYLVICULTURE.
ment à Thectolitre. L'hectolitre de faînes pèse en moyenne de quarante-deux à quarapte-cinq kilogrammes et renferme environ cent quarante à cent cinquante mille graines. Quant aux glands, ils sont de grosseur tellement variable, qu'il est difficile d'indiquer un résultat. Le chêne pédoncule, dont la végétation en sol convenable est un peu plus uniforme que celle du rouvre, donne pour un hectolitre un poids d'environ 50 à 60 kilogrammes et vingt-deux à vingt-six miUe glands.
Ce n'est là évidemment qu'une indication générale susceptible d'être modifiée, suivant les circonstances, avec les moyens de surveillance dont on dispose et les dangers ou les ennemis qui menacent les jôunes plants naissants.
Quand les semences ont été répandues, on les recouvre de terre juste ce qu'il faut pour les soustraire aux dégâts des oiseaux et les empêcher d'être découvertes par la pluie. On se sert avantageusement pour cela de terreau préparé dans la pépinière, ou de terre bien émiettée. Une couverture d'un centimètre d'épaisseur est la plus convenable pour les semences fines, comme celles de l'épicéa, du pin sylvestre...; pour les graines plus grosses, comme le gland ou la faîne, ou pour celles dont l'enveloppe est ligneuse, comme le charme,
BEPEUPLEMiNTS PAR PLANTATIONS. 259
il faut éviter le dessèchement, et il est ayantageux d'aller jusqu'à deux ou trois centimètres.
Il est quelquefois bon d'abriter les plants au moment de la germination et pendant les fortes chaleurs de la première année. On se trouve bien d'employer de menues branches, qu'on pose directement à plat sur le sol ou qu'on pique entre les sillons. C'est surtout un abri plus qu'un couvert qu'il faut rechercher et, dès lors, on évitera de laisser à demeure des paillassons horizontaux maintenus à une certaine hauteur par des piquets. Des genêts^ des ajoncs ou des rameaux de résineux sont très-convenables pour cet emploi.
On a cru pendant longtenips à l'impossibilité de faire à découvert des pépinières de hêtre ou de sapin, en raison du tempérament de ces essencea. On avait cependant remarqué qu'on pouvait repiquer sans abri lea plants de hêtre pris en forêt au moment àe la germination, à la condition de les enterrer jusqu'aux feuilles cotylédonaires. C'est, en effet, la tigelle qui en est la partie la plus sensible* On a alors imaginé, pour Je hêtre et le sapin, d'ouvrir des rigoles étroites, dont on rejette la terre sur les bords, de façon à leur donner dix à douze centimètres de profondeur. On sème au fond de ces rigoles et^ à mesure que les plants «'élèvent, on rabiat la terre autour d'eux jusqu'à ce que le terrain soit nivelé. Ce
260 ÉLÉMENTS DE SYLVICULTURE.
procédé a constamment réussi , surtout quand on a pris soin d'ouvrir les sillons d'est en ouest, pour abriter les plants du côté du midi.
Le sol d'une pépinière s'épuise vite : en effet, il ne reçoit plus les feuilles mortes et jA plus Tabri constant que lui fournissait le massif. De plus, il s'appauvrit des matières inorganiques qui ont servi au développement des plants. Il devient ainsi nécessaire de lui rendre ce qu'il a perdu, au moyen des «engrais. Ce peut être du fumier de ferme, ou du guano, ou des sels solubles; mais, le plus souvent, c'est du terreau qu'on prépare directement dans un coin de la pépinière. On ramasse à cet effet des feuilles et des herbes qu'on met en tas en les mélangeant avec de la terre fine, et on les arrose de temps à autre avec do l'eau ou mieux avec du purin. On emploie surtout ce terreau en couverture lors du répandage des gi^aines. Si on n'a pas de terreau à sa disposition, et si on veut maintenir la pépinière sur le m^me terrain, il devient indispensable d'établir une jachère pendant laquelle on donne au sol un ou plusieurs labours. On laisse ainsi reposer, chaque année, un tiers ou un quart de l'étendue.
Quand la pépinière est ainsi préparée et que les graines ont germé (ce qui a lieu au bout de
REPEUPLEMENTS PAR PLANTATIONS. 261
quelques jours lorsqu'elles ont été trempées dans Teau ou le purin), il y a certains soins à donner aux jeunes plants. Us consistent dans des arrosements, des rechaussements, des sarclages et des binages.
Il faut être sobre des arrosements, à moins qu'on ne puisse les exécuter avec une petite pompe foulante, dont la lance est garnie d'une pomme d'arrosoir. Alors, l'eau arrive sur le sol en petites gouttelettes qui pénètrent immédiatement. Quand on se sert d'arrosoirs ordinaires, l'eau forme boue avec la superficie du terrain avant de pénétrer, et laisse à la surface une croûte imperméable à l'air. Aussi est-on obligé de continuer à arroser jusqu'à la première pluie qui remet le sol en état, à moins qu'on ne brise cette croûte à l'aide d'un léger binage. Soit qu'on se serve d'arrosoirs, soit qu'on prenne une pompe foulante, l'eau doit pénétrer jusqu'aux racines pour produire un effet utile.
Si on a pu placer la pépinière à proximité «et un peu au-dessous d'une source, le meilleur mode d'arrosage consiste à faire des irrigations. On a dû, pour cela, disposer horizontalement les sentiers qui séparent les plates-bandes et les établir quelque peu en contre-bas des sillons. On y amène l'eau et on l'y retient par de petits barrages jusqu'à ce que le terrain en soit bien
262 ÉLÉMENTS DE SYLVICULTURE.
pénétré. De cette façon, la surface n'est jamais délayée et la perméabilité du sol est constamment maintenue.
Comme on a dû ameublir fortement la portion cultivée de la pépinière, il se produit nécessairement plus tard un tassement et les semis peuvent être déchaussés. Le même effet peut se produire k la suite des gelées. Pour remédier à ce danger, il suffit de répandre du terreau ou de la terre bien émiettée, de manière à rechausser les plants à la hauteur où ils se trouvaient auparavant.
Pour éviter le déchaussement par les gelées qui, dans les terrains légers et calcaires, est souvent mortel, on se trouve très-bien de mettre de la paille ou des feuilles sèches sur les rigoles au commencement de Thiver. On retire cette litière au printemps, après la saison des gelées.
Les sarclages consistent dans l'enlèvement de la végétation herbacée qui a pu se développer en même temps que les semis. Les herbes sont dangereuses parce qu'elles se développent plus vite que les jeunes plants; leurs racines touffues s'emparent du terrain; leurs chaumes exercent une action de couvert très -rapproché et d'autant plus nuisible. Quand vient l'époque de leur maturité, elles répandent leurs semences à profusion. A l'arrière-saison elles se couchent sur les
REPEUPLEBUENTS PAR PLANTATIONS. 263
jeunes plants et les étouffent II est donc urgent de s'en débarrasser au moment où elles se mon- .trent, surtout dans les sols fertiles et frais.
Si le sol de la pépinière a été préparé par une culture préalable de plantes sarclées, on a peu à craindre les herbes pendant la première année. Le danger sera encore diminué si les sillons sont assez rapprochés, parce qu'alors les jeunes plants ne tardent »pas à couvrir tout le terrain. Mais, quelque soin que Ion ait pris, il peut s'en présenter néanmoins. On les enlève alors à la main, et l'opération est facilitée par le peu de largeur qu'on donne aux plates-bandes. En stationnant sur les sentiers de chaque côté, on arrive aisément au milieu.
Quand même il ne se présenterait pas d'herbes dans les sillons au milieu des semis, il est toujours important d'enlever celles qui se développeraient dans les sentiers et sur les chemins de la pépinière. Cette extraction doit se faire, au plus tard, avant le moment de la maturité des graines. On recueille tous les produits du sarclage pour former le terreau dont il a été parlé plus haut.
Les binages sont une légère culture faite à la surface du terrain, une espèce de seconde façon donnée au sol. Il ne se pratiquent pas toujours
264 ÉLÉ!tfENTS DE SYLVICULTURE.
en pépinière, et n*ont leur raison d'être que si on veut élever de» plants d'un certain âge. On est conduit, en effet, à les desserrer et à donner pins d'espace à chacun d'eux en les repiquant sur un autre point. Alors le sol n'est plus complètement couvert : il se tasse et les herbes peuvent prendre pied. C'est le moment de faire un binage qui rendra au terrain sa mobilité, tout en le'débarrassant des herbes. On a quelquefois dit qu'il fallait s'abstenir de biner pendant les grandes chaleurs. L'expérience prouve le contraire en montrant qu'un sol ameubli se dessèche moins profondément, et condense plus de rosée qu'un sol tassé et compacte. C'est le cas de dire qu'un binage fait à propos équivaut à un arrosement. •
On distingue des plants de basse tige, de demitige et de haute tige. Les premiers sont ceux qui ont moins de un mètre de hauteur ; les demi-tiges ont de un à deux mètres ; les hautes tiges dépassent deux mètres. On doit donner la préférence aux plants de basse tige toutes les fois qu'une indication précise ne vient pas contredire leur emploi : ils sont d'une reprise bien plus certaine. En effety la réussite d'une plantation dépend surtout de l'état des plants, qui ne peuvent jamais avoir trop de racines. Or, il est impossible d'extraire un plant un peu grand sans laisser un
BEREUPLEHEKTS PAR PLANTATIONS. 265
certain nombre de racines en terre, et la quantité en sera d'autant plus grande que le plant sera plus âgé. C'est pour cela qu'on conseille d'employer des sujets d'un an, de deux ou trois ans au plus, pour presque toutes les essences. Les plants de demi-tige ou de haute tige doivent être réservés pour réintroduire une essence là où il y a déjà d'autres semis, ou dans des endroits trèsfrais où les grandes herbes sont à craindre, ou enfin pour en faire des têtards ou des arbres d'émondes.
Lorsque les sujets doivent être employés de basse tige, et lorsque les semis en pépinière ont été faits par sillons ou rigoles étroites, on les extrait pour les remettre en place directement. Mais si le semis a été fait en plein ou par sillons de vingt-cinq à trente centimètres de largeur, et qu'on n'emploie les plants que vers trois ans, ceux du milieu sont souvent chétifs, peu garnis de feuilles et de racines. On s'exposerait alors à un insuccès presque certain en voulant s'en servir immédiatement. Il vaut mieux, dans ce cas, les repiquer en pépinière en les espaçant entre eux d'environ un décimètre en tous sens. Ce repiquement se fait dans des planches qu'on a bien ameublies, un à un, à la main ou à Taide d'un cadre disposé de la manière suivante : On établit avec des lattes un cadre oblong dont la largeur est
égale à celle de la planche à repiquer ; les côtés du cadre sont entaillés de petites encoches distantes entre elles de Tespacement qu'on veut donner aux plants, et qui peuvent recevoir une règle mobile. Cette règle est elle-même munie de fentes dans lesquelles les plants peuvent glisser assez facilement. Pour se servir de ce cadre, on le pose sur la planche, on ouvre une rigole dont un côté est vertical, on garnit la règle d'au* tant de plants qu'il y a de fentes, on l'applique dans les encoches du cadre, et on butte les plants en même temps qu'on ouvre une seconde rigole. On enlève la règle, on la garnit de nouveaux plants et on recommence ainsi Topération jusqu'à ce qu'on ait achevé la longueur du cadre. On déplace alors celui-ci pour le reporter à la suite.
Il faut également avoir recours au repiquement pour élever des sujets de moyenne et de haute tige. Ces derniers doivent même être transplantés plusieurs fois en ayant soin, chaque fois, de les espacer davantage. Cet espacement doit cependant être tel que les plants se constituent à Fétat de massif, et puissent perdre leurs branches basses sans avoir recours à un élagage.
Au moment du repiquement ou du rigolage des plants, il est essentiel de retrancher par une section nette les racines brisées ou endommagées.
REPEUPLEMENTS PAR PLANTATIONS. 267
Même si les racines sont intactes, il est nécessaire de couper une partie du pivot chez les essences qui Tont très-développé. On se propose ainsi de faire apparaître des racines latérales qui se présentent sur un bourrelet autour de la section. Ces racines latérales sont plus superficielles, d'une extraction plus facile et exigent des trous moins profonds pour la mise en terre.
Certaines essences, comme le chêne et même le hêtre, développent dès la première année un pivot considérable qu'il est impossible d'extraire sans le briser. La conservation du pivot exigerait d'ailleurs des trous trop profonds lors de la mise en place. De plus, ce pivot reste pendant un certain temps la racine unique ou ne présente que de faibles et rares ramifications. C'est là une mauvaise condition pour la reprise des plants. On y remédie, quand on n'a pas recours au rigolage, en recépant le pivot sous terre. On se sert à cet eflFet d'une bêche dont le fer, long d'environ cinquante centimètres et plat, est terminé en biseau et forme un certain angle avec le manche. La bêche doit être solide, en bon acier et tranchante. On a d'avance disposé les semis par sillons assez étroits, et on enfonce le fer obliquement, à droite et à gauche de chaque sillon, pour atteindre les racines de tous les plants. Puis avec le pied on referme les fentes produites par l'instrument.
268 ÉLÉMENTS DE SYLVICULTURE.
L'opération se fait liabitaellement à Tautomne de la première année et, dès le printemps suivant, on voit se développer de nombreuses racines latérales autour de la section. On ne peut pas, malheureusement, employer cet instrument dans tous les terrains : c'est ainsi qu'un sol pierreux ébrèche le tranchant de la bêche et l'empêche de pénétrer ; un sol trop compacte colle au fer, et on est alors obligé de tremper celui-ci dans Teau à chaque coup ; dans un sol très-meuble, les plants sont souvent entraînés avec les racines contre lesquelles la bêche vient butter sans les trancher.
Quand il s'agit d'extraire les plants d'une pépinière pour les employer, il faut prendre toutes les précautions possibles pour conserver les racines intactes. S'il s'agit de plants de haute tige, il faut les enlever un à un. Pour cela, on commence par tracer avec la bêche un cercle assez grand pour ménager les racines latérales. On émiette la terre pour la détacher des racines en respectant le chevelu et, quand le trou est suffisamment profond, on coupe le pivot d'un coup oblique. — Si ce sont des plants de basse tige élevés par rigoles ou sillons alignés, le mieux est d'ouvrir une petite tranchée en avant du premier sillon. On lui donne une profondeur suffisante, et on y renverse
mam et on ice«îa«» le^raReat b tie^rre^ — ^ ^^ enfin, on a aiSûre i des sajets lydnenx d\i«i «n^ on pent dêeoapcr ks planches et le$ enlever oonune des mones de gaion« On le$ $èjviur^ au moment de les mettre en terre.
On doit employer les plants aussi t^^t qxie )H>^ sible après leur extraction, mais on ne )HnU )^9 tonjonrs le faire immédiatement^ En etTot^ les p<^« pinières sont quelquefois assez éloigniV^s dt'S t>n« djoits i replanter. H faut alors les mettre en jau^ aussitôt après leurarrivée^cVst-À^diroquonouvi'o une rigole dans laquelle on place les planta »aus trop les serrer et après avoir délié les botto». On enlève les racines qui présenterai ont déjj^ de» traces de moisissure et on les recouvre do torro bien émiettée. On a dû d^aillours n*cxtralro loi plants de la pépinière qu'au moment do rt^xpéditien, et en faire des bottes pou sorréos dium lo«" quelles les racines sont entourées do niouMOi Quelquefois, si le transport doit durer longtoniim, on soustrait encore les racines au contact do l*air en les plongeant dans une bouillie Mnvz olairn d'argile délayée dans de l'eau.
Plaatatiei prapreaeit dite. - • On peut d'ab^^rd m demander qu'elle est la saison la plus favorald^^
^ 270 ÉLÉMENTS DE SYLVICULTURE.
pour planter. A moins de planter en mottes, au^ quel cas les racines ne sont pas dérangées, il est incontestable qu'on ne peut pas planter pendant le temps où la végétation est en activité. Fendant le reste de Tannée, il est évident que la saison des gelées est également contraire. Il n'y a donc à choisir qu'entre l'automne et le commencement du printemps. Si on se rappelle que de l'état des racines dépend la reprise des plants, on voit déjà que l'automne est préférable au printemps. Le haie qui suit l'équinoxe du printemps expose, en effet, le chevelu à se dessécher très-rapidement. Or, le chevelu, c'est-à-dire les extrémités les plus déliées des racines, est l'organe d'absorption, et son intégrité est la première condition à observer pour réussir. De plus, s'il s'agit de plants déjà un peu grands, les alternatives de gelées et de pluie qui caractérisent l'arrière-saison amèneront le contact parfait entre la terre et les racines. Mais, d'un autre côté, quand on emploie de tout jeunes sujets, 1^6 gelées soulèvent la terre avec les plants, et ceux-ci courent le risque d'être déchaussés au moment du dégel. On ne peut donc pas dire d'une manière absolue que l'automne est préférable au printemps, ou réciproquement. Le tout dépend des conditions locales. D'ailleurs, on n'a pas toujours le choix, et si on a de grandes surfaces à planter, on est bien obligé de répartir
le tr&TÛl entre les dc^x sùsobs^ Uessenii^l <^ de planter arec soin.
Pour eelau il âmt slnqnièier de la confection de« trous, de reqpoicettent à leur donner^ do U taille des plants et de leur mi$e en tarre; il £àut ensuite examiner les différents procèdes de plantation^
Les troos doivent être asseï profonds )x>ur que les plants, bien garnis de racines, puissent t'tro placés à l'aise et à une profondeur égale à celle qu'ils occupaient précédemment S'il s'agit do hautes tiges, et par conséquent de grands trous, il est avantageux de séparer les différentes couches de terre afin de mettre les meilleures en contact immédiat avec les racines. Mais, quollo que soit la nature des plants à employer, il est toigours préférable de faire les trous d'avance pouramou« blir la terre et lui faire subir Taction do latmosphère. D'ailleurs, Topération bo fait avoo plui d'ordre et d'économie, si on s'occupe uniquomont et séparément de la confection des trous et du la mise en terre des plants.
En principe, on doit cliorcher à faire h«N plantations lé plus économiquement ponNible tout dii leur donnant les soins nécessaics, C'est dire qu'on doit resteindre le nombre des trous Juste k vm qu'il faut pour que les plants ne soient pas trop longtemps à former massif. Cela d/spi^nd donc du la
272 ÉLÉMENTS DE SYLVICULTURE.
rapidité de végétation de Tessence et dç la qualité des plants. En général, un espacement variant de un à deux mètres est le plus convenable pour des plants de basse tige. On peut même écarter davantage les trous si on a de trèsgrandes surfaces à reboiser, et laisser aux forces naturelles le soin de combler les intervalles avec des espèces quelconques. Il est bien entendu quHI s'agit ici de terrains entièrement nus. Quand on fait des plantations pour réintroduire une essence en mélange avec d'autres, on peut se contenter de disposer les plants à quatre, cinq ou six mètres les uns des autres.
On a vu que les plants, et surtout leurs racines, devaient être aussi intactes que possible, et on a dû prendre les plus grandes précautions à cet égard lors de l'extraction de la pépinière et du transport. La condition est assez facile à réaliser pour des sujets très-jeunes; aussi peut-on généralement les employer sans leur faire subir aucune taille. Il faut même qu'il en soit ainsi pour les résineux qui n'admettent pas le recépage et qui craignent beaucoup les plaies dans leur partie aérienne. Pour les essences feuillues, si les racines ont été lésées, on peut en retrancher les portions défectueuses par une section nette et oblique ] et, si le reste est insuffisant pour nourrir
REPEUPLEMENTS PAR PLANTATIONS. 273
la cime, on y remédie en recépant le plant rez-terre, A la suite du recépage, les rejets qui se produisent sont le résultat direct de la force des racines, et Tcquilibre est rétabli dès la fin de la première année. De ces rejets, il n'y en a qu'un qui puisse persister sur une aussi petite souche, et le recépage n'est pas ainsi un obstacle à la création des futaies. Le plus souvent, quand les plants ont été repiqués en pépinière ou qu'on leur a fait subir la coupe du pivot sur place, on obtient des racines bien conformées et qu'on peut extraire sans lésion. Il n'en est plus de même lorsqu'on opère avec des plants de haute tige. Quoi qu'on fasse, il y a toujours des racines brisées qu'il faut amputer , et on ne peut rétablir l'équilibre que par une taille empirique de la cime. Il faut seulement se rappeler qu'il vaut mieux avoir plutôt trop que pas assez de racines,
,0n ne saurait non plus prendre trop de précautions pour la mise en terre des plants. Il faut que les racines soient posées naturellement et, autant que possible, dans la position qu'elles occupaient auparavant. Cela est surtout nécessaire pour les plants d'une certaine taille. Pour eux, on aura soin, après avoir bien disposé les racines, de les recouvrir de la meilleure couche de terre, de celle qui a subi depuis le plus long temps les
STLT. IS
274 ÉLÉMENTS DK SYLVICULTURE,
influences atmosphériques. On devra bien Témietter pour qu'elle s'insinue entre toutes les racines* II ne faudra pas cependant trop la tasser sous prétexte d'amener un contact complet; c'est l'affaire du temps. Ensuite on achèvera de remplir le trou avec le reste de la terre. Il y aura moins de précautionsàprendre pour les plantsde basse tige. On se contentera souvent de maintenir le plant d'une main contre une paroi du trou pendant qu'avec l'autre on ramènera la terre autour des racines. Quand le terrain le permet, on peut même ouvrir à la charrue des sillons distants de l'intervalle à mettre entre les plants, et se servir d'un plantoir pour faire les trous au fur et à mesure de la mise en terre. Il est toujours avantageux, lorsqu'on le peut, de disposer des pierres plates autour de chaque plant : elles maintiennent la fraîcheur du sol et empêchent celui-ci de se soulever aussi facilement par les gelées.
Enfin, on peut planter par plants isolés ou par touffes ou faire des plantations sur buttes.
On opère par plants isolés toutes les fois qu'on se sert de hautes et de moyennes tiges, ou bien quand on emploie des sujets de basse tige bien constitués. En soignant alors la mise en teri*e, on est à peu près certain du succès, à moins que l'année ne soit très-défavorable, et on économise
les pljuils. Mus si em fiùt «a^e de pUnts d'un an, ooanw cda est & cwwetHer pour le pin sjrK Tesire, répicffa . ., il est toujours indenl de planter par tovflfes de denx a trois plants. £n agissant ainsi, cm doil espérer qne Tan d eux an moins rénsôra et, si tons réussissent, il t en aura toujours un plus Tigoureux qui dépassera les antres. Ceux-ci buissonnent alors jusqu au moment ou ils dépérissent sous le courert ou jusqu a ce qu'on les recèpe et, pendant tout ce temps, ils ont été utiles en consenrant la fraîcheur autour des racines du plant le plus TÎgoureux. Pour procéder à la plantation par touffes, le mieux est d*a* voir semé les graines en pépinière dans des sillons où la terre, mélangée d'une forte proportion de terreau, a été bien ameublie. On aura dû semer dru et, pour extraire les plants, on choisira un jour de pluie douce. Ceux-ci viendront alors facilement en les tirant à la main après avoir ouvert une petite rigole latérale. Sinon on découpera le sillon par plaques qu'on enlèvera et transportera comme des mottes de gazon. C'est le meilleur moyen d'avoir des plants frais et de bonne qualité, mais on appauvrit d'autant le terrain de la pépinière.
Si les plants ont été arrachés, il faudra les placer immédiatement dans des paniers couverts pour soustraire leurs racines au dosséchemont. Pour le même motif, au moment de la plantation,
276 ÉLÉMENTS DE SYLVICULTURE.
on n'en prendra que peu à la fois dans la main. On les réunit par touffes de deux ou troks et, pour les mettre en terre, on se sert avantageusement d'un instrument en forme de truelle de maçon, à Taide duquel on fait le trou en ameublissant le terrain. C'est surtout dans la plantation par touffes qu'il est utile de placer des pierres plates autour de chaque trou,
La plantation sur buttes a été surtout préconieée en Allemagne. Pour y procéder, on se sert généralement de plants de basse tige repiqués en pépinière et qu'on a dépivotés. On établit alors sur le terrain, suivant des lignes régulièrement disposées, de petites buttes coniques d'environ 20 à 25 centimètres de base sur autant de hauteur. Ces buttes se font avec du terreau de feuilles et d'herbes préparé à l'avance. On les creuse à la main au sommet, on y place le plant dont on dispose bien les racines et on ramène du terreau sur celles-ci. On met enfin des plaques de gazon découpées qu'on place, l'herbe en dessous, de façon à ce que la butte soit exactement recouverte en ne laissant à la partie supérieure que juste le passage du plant. Tout en reconnaissant l'efficacité du procédé, il convient de dire cependant qu'il exige des frais assez considérables, et qu'on peut obtenir d'excellents résultats avec une dépense moindi*e.
ilE!>SXTI.SM1^'TS ^AH Ï^KNCPi» Î77
CH.vriTRE troîî<ii:mk.
On a vu plus hâut que Ion t)lA!i(ft<intm ii«)h( généralement préférable» aux hooiIa di) <('<«« ^ U condition d'approprier Ion o»«ic'ncr>fl m\ fio) fd ii\\ climat et de choisir convonablomt'tU la m^I^mm des plants. Il faut cc'pctndarii rf'^'^mtmUt'^ <|U(^ )i^ semis a parfois sa raiiiou il^lr^s p^r ^,^*'mp\^* lorsque la main-dœuvre ««t <j*u« ^ni^ i/'/^^/^l'^v^'^ lorsqu'on peut se pr<>cur</r '1<' yinu^ï^^ «imw/Hî^m de Bemenees à bo» litanJi^^ <j*^' i'/^^ v^-n* i*j<»vduire une nouvi^Jle <;»*<ii<;«' kï uhn 'i*- ^«-jl*- '4»>J occupe déjà le i^^rr^hij, vf^ii^ih^^i^^^ '^ *' "»i'* '^/''* on di«po!»e eiit Ir*^ «yVuH 'H^y W Ivm^ m I/^/^»*/ /a*|'^ dément d^ igxajud.*;* feurli^/*». JJ *"^ ^v^i* ^^</*l•
a^r iP<i^ <^<itrtrtMr <iui-l<iUi;f u*t '^^v'"'/***- *'U* -j^ *«.>'*> ^ *
^ grvnci'^^^^^
^^^ . */irt., /><>'"• ^'"^•InMS couverte de *''"« >i^^ ^^ ^""^Z J* P^"^"" ""^ "^* ^^ *^^
J[^^5 pi>rr©»f ^^^l'/que cet instrument sera
^1^^ Toateê ^^ ^^ lui donner la préférence
jinp/ic«^^f» ^^ fjonneuTte dépense moindre. Mais
ptLTce q^ ' . . yjj demande une grande quantité
^^ . g^ileët plus difficile de se rendre compte
iréttSBÎte on de Tinsuccès de Topération, et
/«! regarniB y sont plus pénibles.
l^ labour par bandes lui est de beaucoup supérieur^ II consiste à ouvrir à la charrue ou à la Jione des sillons parallèles, espacés entre eux de nn  deux mètres, selon la rapidité de la croisaance, la déclivité de la pente et le but qu'on se propose, et à laisser les intervalles en friche. On donne à ces sillons une largeur moyenne de 25 à 30 centimètres, et on les dirige en plaine de Test à l'ouest en ayant soin de rejeter la terre du côté du midi. De cette façon les semis sont abrités contre les grandes chaleurs pendant la première année. Dans les terrains en pente, on dirige les sillons horizontalement et, sur les rampes rapides, on peut diminuer un peu leur largeur. On a soin de faire la surface cultivée de niveau, et même il est préférable de lui donner une pente légère vers le fond en accumulant les gazons et les terres sur le bord. Le labour par bandes présente
bsndes ÎDcalties pe«t ^irir d «hri cxMiuy' W \>)h^^ lenn; il est Timi que, d un «utn^ ix'^^ K>$ 9^miM)VH^% des herbes peuTent se rt pendre dAiis^ le« ^ilKuM^ Mus c^est rartoiit dans les pontes qu«^ ci^ uu>dt> de labour est préfênbie : 1«6 bmidiN» inoulttm maintiennent le sol qu^une culturt^ on ploin 1mU« serait s'ébouler vers le bas; les sillons oultivt^ permettent Finfiltration des eaux qu'ils nation* nent comme autant de rigoles ; les touillos mortos, les détritus de toute sorte sy aocuuiulont ot m« décomposent à proximité dos pliints; onHn lt>« graines ne sont pas entraînées par Iom plui(;«.
Lorsque le sol présente dos obstnoloM à la surface, ou si on est obligé doconoinitor la umiii" d*œuvre et la semence, on cultive lo turrain par trous ou potets. Ce travail se fait à la houct, On donne à chaque potet la forme d'un potit oarrd de 30 à 60 centimètres de c6té, ot on Ivn dlniumtt autant que possible par lignciS réguli^roii« On a soin de rejeter les gazons du^'Até du tuUil nu plaine, et sur le bord extérieur dans lits rarfi|M'S/ L'espacement entre les tH>ti5ts <;si rariakli» ikfM^ les essences et les difficultés du U'jthUté
Dans ces trois modes de laU/ur^ on d/zit s'atMk
380 ÉLÉMENTS DE SYLVICULTURE.
cher à bien ameublir le sol tout en évitant de ramener à la surface les couches profondes du terrain. Il ejst toujours avantageux d'y procéder à Tautomne, quand on veut semer au printemps, pour que la terre subisse Faction de l'atmosphère et soit plus propice à la végétation.
A propos de la préparation du terrain se pré* sente naturellement la question de Técobuage et celle des assainissements. Il suffira de quelques mots pour en faire comprendre le plus ou moins d'importance.
Uécolmage consiste à brûler les végétaux qui peuvent recouvrir le sol et faire obstacle à la réussite des semis. Il se pratique soit à feu courant, soit à feu couvert. Dans le premier cas, on met le feu à cette végétation, en ayant soin d'empêcher l'incendie de se communiquer aux terres voisines, mais sans préparation préalable. Dans le second cas, on coupe la surface du terrain par plaques qu'on laisse sécher. On en secoue la terre autant que possible et on en forme de petits fourneaux qu'on brûle isolément; puis on répand les cendres sur toute la surface. Ce dernier procédé est surtout applicable quand le terrain est humide et recou* vert d'une épaisse végétation herbacée. Lorsque le sol est tapissé de bruyères ou de myrtilles, il est i)on de les arracher à la main avant d'y mettre le
REPEUPLEMENTS PAR SEMIS. 281
feu. De cette façon on en détruit les racines qui ne tarderaient pas autrement à fournir une nouvelle couverture plus épaisse encore que la précédente. L'écobuage, en tuant la végétation nuisible, a encore pour résultat de restituer au sol, par les cendres, des principes inorganiques qui en augmentent la fertilité. — On a dit que ces cendres pouvaient en même temps ajouter à la légèreté du sol, et qu'alors Técobuage n'était praticable, sans danger, que dans les terres fortes. On peut d'abord faire remarquer que les terres légères sont rarement très-enherbées, au moins par des herbes touffues. Les sols siliceux seuls peuvent présenter un épais tapis de myrtilles ou de bruyères. D'un autre côté, les cendres provenant de la combu^btion sont à l'état de particules très-ténues, et forment une terre plus tenace que meuble. Qui n'a vu des amas de cendres mouillées, et qui ne sait qu'après leur dessèchement il faut souvent la pioche pour les entamer ? Si maintenant il s'agit de terres humides, couvertes de fortes herbes, de joncs, etc., ce qu'il y a de mieux à faire c'est, au lieu de semis qui courront toujours le risque d'être étouffés, de procéder à des plantations de moyennes ou de hautes tiges.
Quant aux assainissements, à moins d'avoir affaire à des eaux stagnantes, il faut en être trèssobre. Il s'agit bien plutôt d'ifpproprier les essences
282 ÉLÉMENTS DE SYLVICULTURE.
aux conditions locales. Quelques fossés bien étudiés suffiront à rendre Técoulement des eaux plus facile, et il ne faut pas oublier que c'est dans les sols très-frais et même humides que se plaisent nos espèces les plus précieuses, le chêne pédoncule, le frêne, lorme, le charme, Tépicéa, Faune, etc.
Saison dn semis. — En thèse générale, le moment le plus favorable pour semer est celui qui est indiqué par la dissémination des graines. C'est une indication naturelle qu'il est utile de suivre, mais qu'il n'est pas toujours possible d'imiter. Il ne faut pas oublier, en effet, que la valeur de la semence entre pour une portion notable, quelquefois la plus forte, dans le prix de revient. Il est donc impossible, dans un semis artificiel, de répandre les graines aussi abondamment que le fait la nature. De plus, elles ne sont pas placées dans des conditions favorables pour résister à la gelée, et les dégâts des animaux, dont elles forment la nourriture, menacent encore leur conservation. C'est surtout pour les glands^ les faînes et les châtaignes que ces dangers sont les plus grands. Ces semences, qui mûrissent et tombent à 1 automne, ne germent qu'au printemps et sont avidement recherchées par les sangliers et les petits rongeurs. Aussi est-on obligé de les garder jusqu'au printemps en suivant les procédés qui ont été
R£P£m>L£&IENTS PAR S£MIS. ?83
indiqués plus haut. Quant aux ormes, au bouleau, à Taune et aux autres essences, dont la conservation est presque impossible, il faut les semer aussitôt après la dissémination. Le chaime et le frêne ne germent généralement qu'au second printemps après leur maturité. On les conservera en rigoles jusqu'à ce moment, afin d'éviter que le terrain ne se couvre, pendant cet intervalle, d'herbes qu'ils craignent beaucoup, et qui sont nombreuses dans les terrains très-frais où ils se plaisent.
Pour les résineux, en semant au printemps, on se conforme généralement aux indications naturelles. En effet, à l'exception du sapin qui se dissémine à l'automne et de l'épicéa qui en fait autant dans les expositions favorables, les autres résineux spontanés en France se disséminent aux premières chaleurs du printemps. Mais la graine d'épicéa se conserve très-bien et^ pour la graine de sapin, il y a souvent avantage à la semer tout de suite parce qu'elle se détériore facilement par les manipulations et le transport.
Le semis du printemps est donc la règle générale. Il se justifie encore parce que les semences germent avant que la terre soit enherbée et que, pour les résineux, on évite en partie les dégâts des oiseaux de passage qui en sont très-friands. li est même bon, comme pour les semis en pépi-
284 ÉLÉMENTS DE SYLVICULTURE.
nière, de semer assez tard, sauf à faire tremper les graiaes dans de Feau ou mieux dans du purin. Néanmoins, quand on a de grandes étendues à ensemencer, on est bien obligé de partager Topération et de semer à Tautomne aussi bien qu'au printemps. Il faut alors le faire avec plus d'abondance pour tenir compte des chances contraires.
Manière de semer. — Quand on a cultivé le terrain en plein, on sème ordinairement à la volée. Seu* lement, il est utile de mélanger les petites semenées avec de la terre fine afin de les répartir plus également. L'emploi des semoirs mécaniques pour économiser la semence paraît difficile et, le plus souvent, Finclinaison du terrain ne le per^mettrait pas.
Dans le labour par bandes et celui par potets^ on sème également à la main. Mais quand il s'agit de semences légères, il faut avoir soin de se baisser pour qu'elles ne soient pas emportées par le vent dans les intervalles incultes. On ne doit pas prendre trop de graines à la fois, et on les laisse glisser entre le pouce et l'index, afin de bien les répartir et d'en répandre la quantité convenable. . i,.
Dans tous les cas, il est bon de se rendre compte de la quantité de semence employée pour ne pas arriver à la fin du semis avec un manque ou un
REPEUPLEMENTS PAR SBMIS. 285
excédant. Pour cela, on partage le terrain et lea graines en un même nombre de parties égales»
On arrive ainsi à régler convenablement le répandage dès le début*
Après avoir répandu la graine, il reste à la recouvrir. .Cela se fait à Taide d'une herse, d'un râteau ou d'un fagot d'épines, selon la nature de la graine, l'enfoncement qu'il faut lui donner et le mode de labour adopté. Quand on se sert de la herse, on règle Tentrure en entrelaçant des branches flexibles entre les dents. La couverture des graines doit aller de ô millimètres à 3 centimètres, selon la grosseur des fruits, la quantité d'humidité nécessaire à la germination et la dureté de l'enveloppe.
Quelquefois on repique les graines, c'est-à-dire que, sans préparer le terrain par un des moyens indiqués précédemment, on ouvre, à l'aide d'une houe ou d'un plantoir, des trous de distance en distance et qu'on y dépose une ou deux graines. On fait ces trous plus ou moins profonds et on recouvre la semence avec de la terre émiettée ou avec le pied. Ce procédé est employé lorsqu'on dispose de peu de semences ou quand on veut réintroduire une essence dans de petites places vides, au milieu de tout jeunes semis.
Quantité de semenei. «— - La quantité de semence
286 ÉLÉMENTS DE SYLVICULTURE
à employer dépend d*abord de la qualité des graines. Pour s'assurer de cette qualité, lorsque les semences sont assez grosses, on les ouvre avec un canif, et il faut que l'amande remplisse bien son enveloppe, qu'elle soit blanche (excepté le frêne, où elle est bleuâtre, et l'érable, où elle est verte), qu'elle soit fraîche et que le germe soit intact. Si la semence est petite, il faut qu'en l'écrasant sur l'ongle elle laisse une trace plus ou moins laiteuse, et qu'elle ait Fodeur de téré* benthine pour les résineux. — Le poids fournit encore des indices, mais on ne peut donner qu'un poids moyen. Il a été indiqué plus haut. JÇncore faut-il, pour employer ce procédé, s'assurer que les semences fines n'ont pas été mêlées avec de la terre ; au8si fera-t-on sagement de les remuer avant de les peser.
Comme on emploie fréquemment le pin sylvestre, il faut prendre garde à une fraude qui se commet souvent dans le commerce, et qui consiste à lui mélanger de la graine d'épicéa qu'on a préalablement teinte en noir. Le seul moyen certain de la reconnaître c'est de faire germer une certaine quantité de graines : le pin sylvestre pousse avec cinq ou six feuilles séminales et a la tigelle rou-r geâtre ; l'épicéa a la tigelle jaunâtre et présente huit à neuf feuilles. Cette précaution est d'autant plus importante à prendre que le pin sylvestre
REPEUPLEMENTS PAR SEBIIS. 287
sert ordinairement comme essence transitoire pour refaire les sols en mauvais état ou pour introduire plus tard, sous son abri, des essences délicates qu'on ne pourrait semer à découvert.
Lorsqu'on trouvera les deux tiers de bonnes graines, on pourra considérer la semence comme étant de bonne qualité.
La quantité à employer dépend encore du mode de labour adopté. Il est évident que proportionnellement il faudra plus de graines pour un semis par bandes que pour un semis en plein, et plus pour un semis par potets que pour un semis par bandes. L'écartement mis entre les bandes et les potets ayant été calculé d'après l'espacement qu'on veut avoir entre les plants, on doit éviter toute chance d'insuccès.
Enfin, il faut tenir compte de la saison du semis ainsi que des causes variables qui menacent la conservation de la semence, et on doit répandre celle-ci plus abondamment quand on sème à l'automne que quand on sème au printemps.
Dans des conditions moyennes on peut adopter les chiffres suivants par hectare :
Scmii «■ pleia. Bemia p«r b«a«l«. Scout par pelvU.
Chêne 10 hectolit. 8 hectolit. 5 hectolit.
Hêtre 8 — 6 — 3 —
Orme 20 kilog. 15 kilog.
Charme (semence ailée)... 45 — 35 -— 2b kilog.
— (semence désailée) 40 — 30 — 20 —
288 ÉLÉMENTS DE SYLVICULTDBE.
Scoùt cm plds. Scak par baadt*. Semit ftr poicU.
Sapin (semence ailée) 40 kilog.
— (semence désailée . . 35 -^ Épicéa (semence ailée) ... . 12 kilog. 10 —
— (semence disailée). 10 — 8 — Pin sylvestre (semence ailée} 10 — - 8 — 6 kilog.
Pin sylvestre (semence désailée) 8 -^. 7 — 5 —
Pin noir d'Autriche et pin
laricio (semence désailée) 12 — 10 — 8 —
Pin maritime (semence ai-
léei 15 — 12 —
Pin maritime «semence désailée) 12 — 10 —
Mélèze (semence ailée) 18 —
— (semence désailée). Il —
Sécherifs. — Il reste maintenant à examiner la manière d'extraire les graines résineuses des cônes qui les renferment. Il y a pour cela différents procédés : la chaleur naturelle et la chaleur artificielle. Le premier mode est préférable parce qu'il se rapproche des moyens naturels et que les semences conservent mieux leurs qualités. On expose les cônes au soleil en les étendant sur des draps et, quand les écailles s'entrouvrent, on les remue fortement pour en faire tomber les graines. Mais, de cette manière, on est loin d'obtenir toutes les graines et on est exposé i toutes les intempéries qui peuvent se présenter pendant l'opération; de plus, le procédé est long et exige beaucoup d'espace. C'est pourquoi on préfère généralement la chaleur artificielle.
SÉGH£RI£S. 289
Il y a plusieurs systèmes adoptés pour la construction des sécheries. Le suivant est celui qui donne les meilleurs résultats pour la qualité des graines et qui permet d'en obtenir de grandes quantités. On établit en sous-sol un système de calorifère à air chaud, dont les bouches de chaleur aboutissent dans une étuve située à l'étage. L'air chaud vient buter contre un large chapeau en tôle qui empêche les semences de tomber dans les tuyaux. Sur le plancher se trouvent des cadres mobiles garnis de toile pour recevoir les graines. Au-dessus sont étages d'autres cadres ou claies mobiles dont le fond est formé de toile métallique à mailles assez larges, et qui sont destinés à recevoir les cônes. Enfin des cheminées d'aspiration sont disposées aux angles; elles débouchent au niveau du plancher et peuvent s'ouvrir ou se fermer à volonté. Pour la manœuvre des cadres, on a ouvert dans la cloison d'une chambre voisine autant de petites portières qu'il y a de rangs de cadres superposés et de cadres dans une même rangée. Les claies glissent horizontalement sur des coulisseaux et sont munies au-dessous de petites roulettes qui facilitent le mouvement. Des thermomètres placés à l'intérieur permettent de se rendre constamment compte de la température.
Il est facile de comprendre le fonctionnement
8TLT. 19
290 ÉLéMBNTS D£ SYLVICULTURE.
de cet appareil. On charge les claies de cônes et on ferme toutes les portières. On chauffe le calorifère, le pins souTent avec les cônes vides. L'air chaud se répand tout autour des cadres, et comn.c il est constamment remplacé par de l'air plus chaud que lui, il redescend après avoir frappé le plafond et s'échappe par les cheminées d'appel avec les vapeurs d'eau qull entraîne. On modère ou on active l'aspiration à volonté en fermant ou en ouvrant les cheminées d'appel. Les écailles s'ouvrent. De temps à autre on ouvre chaque portière, on remue les cônes en imprimant aux cadres un mouvement de va-et-vient, et les firaines tombent jusque sur les cadres inférieurs garnis de toile. Quand les cônes sont bien ouverts, on les retire et on les remplace par d'autres ; l'opération est donc continue. On surveille la température de l'étùve k l'aide des thermomètres, car il est nécessaire de ne pas dépasser une certaine chaleur pour conserver aux graines leur vitalité. Pour les pins et l'épicéa on peut aller jusqu'à quarante degrés centigrades. Pour le mélèze, il faut procéder doucement et arec moins de chaleur ; autrement la résine, en fondant, agglutinerait les écailles, et on n'obtiendrait pas les graines.
Si on s'aperçoit, en retirant les cônes de l'étuve, que les écailles du bas en sont peu ou-
SÉCHERIES. 291
vertes, ce qui arrive presque toujours, on peut achever Textraction des graines en les battant avec un fléau ou par tout autre moyen. Mais ii n'y a pas souvent grand avantage, parce que les semences de la base des cônes sont ordinairement vaines.
La récolte des cônes doit se faire à la main, et non en gaulant, pour ne pas endommager les arbres. On y procède dès la maturité, c'est-à-dire à la fin de Tautomne et pendant tout l'hiver. Les cônes cueillis au printemps et ceux qu'on ramasse à terre sont déjà ouverts et les bonnes gi*ainessont disséminées.
Quant au sapin, les écailles se désarticulent et tombent naturellement avec les graines. Après avoir cueilli les cônes quelques jours avant la dissémination naturelle, il suffit donc de les étendre sur des greniers en les remuant de temps en temps. On sépare ensuite les graines à l'aide d'un crible.
Quel que soit le procédé empLoyé,on obtient les semences munies de leurs ailes. Or, c'est un inconvénient parce que les tran^Kwts coûtent plus eher, et surtout parce qu'il est plus difficile de semeor uniformément (les graines peuvent être emportées par le vent) et qu'on ne juge pas exactesnent de la quantité qui s'échappe de la main. On a donc
292 ÉLÉMENTS DE SYLVICULTURE.
intérêt à désailer les semences, mais c'est une opération dangereuse quand elle n'est pas faite consciencieusement.
Le plus souvent, dans le commerce des graines résineuses, on enlève les ailes en mettant les semences en tas. On les arrose et on les laisse jusqu'à ce que, en enfonçant la main, on sente se dégager de la chaleur. Un léger frottement suffit alors pour désarticuler les ailes. Mais les graines ont ainsi subi un commencement de germination et un certain nombre a perdu sa vitalité. — Quand on ne veut pas courir ce risque, il faut mettre les graines ailées dans un sac qu'on ne remplit qu'au tiers, et c'est ensuite en frottant qu'on détache les ailes. Il ne reste plus qu'à vanner pour les séparer. Quoi qu'on fasse, il est presque impossible de désailer les semences de sapin. Cette membrane, très>adhérente, se brise en laissant toujours une partie plus ou moins longue. On a vu d'ailleurs plus haut que le sapin ne se prête pas à ces sortes de manipulations; il est donc plus sage d'employer la semence ailée.
Quand les graines ont été extraites, il ne faut pas les entasser tout de suite en magasin. On doit auparavant les étendre et les remuer à la pelle pendant plusieurs jours. Ce n'est qu'après cette opération qu'on peut les mettre sur une plus