‹ Manuel de sylvicultureChapitre 43 sur 51 · EMMAGE DU PIN MARITIME · texte numérisé non relu

EMMAGE DU PIN MARITIME

surtout se rappeler qu^un arbre n*a jamais trop de feuilles qt éviter de couper beaucoup de branches à la fois.

On conçoit facilement qu'en desserrant ainsi les jeunes peuplements et en élaguant les branches basses, on laisse le sol sans abri suffisant. Le feuillage léger du pin marititne ajoute encore à ces mauvaises conditions. Aussi voit- on apparaître une épaisse végétation d'herbes, d'ajoncs, de bruyères, de genêts, de fougères, etc. C'est là une source de litière et d'engrais très-recherphés. Mais on ne laisse pas la forêt en profiter : sous le nom de soutrage^ on recueille toute cette végétation buissonnante qu'on achète, en moyenne, 50 centimes la charretée contenant environ deux mètres cubes« L'hectare peut en donner de 5 à 12.

C'est évidemment une perte pour la forêt ou le terreau ne s'accumule pas ; mais cela facilite le parcours des résiniers et, surtout, diminue beaucoup le danger des incendies qui désolent le pays pendant les chaleurs. Ce danger est si grand qu'on établit, de distance en distance, de grandes tranchées de dix à vingt mètres de large qu'on défriche et qu'on entretient tous les cinq ans. Dans les plantations récentes, et notamment dans les dunes^ on les fait tous les mille mètres, de ma* nière à détacher de« carrés de cent hectares.

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Il y a deux manières de gemmer : le gemmage à vie et le gemmage h mort. Dans Puq et dans lautre on ouvre des quarres, c'est-à-dire que, après avoir aminci l'écorce, on l'entame jusqu'au bois, au pied de l'arhre, sur une hauteur d'environ dix centimètres. L'entaille se fait avec un hàbchot, espèce de hache dont le fer est légèrement creusé et dont le manche est coudé à droite. Une ou deux fois par semaine, l'ouvrier rafraîchit la plaie et l'exhausse d'à peu près un centimètre. On monte ainsi jusqu'à une certaine hauteur qui, dans les forêts soumises au régime forestier, ne doit pas dépasser au total trois mètres quatorze centimètres. Le cahier des charges stipule également que les quarres ne doivent pas avoir plus de douze centimètres de largeur, ni plus de un centimètre de profondeur.

Les arbres gemmés à vie ne doivent avoir qu'une seule quarre à la fois, et il serait utile, pour prolonger leur existence, de ne lui donner que huit centimètres de largeur. La même quarre est continuée pendant cinq ans et s'élève verticalement, savoir : la première année de cinquantecinq centimètres, les trois suivantes de soixantequatre centimètres, la cinquième de soixante- sept centimètres. Après ces cinq années, on recommence une nouvelle quarre dans les mêmes conditions, et ainsi de suite, jusquW moment où

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Tarbre, devant être bientôt exploité, est gemmé à mort. Le gemmage à vie se commence lorsque Tarbre mesure un mètre de circonférence. Suivant

M. Lamarque, il y aurait avantage, surtout au début, à le faire en quatre ans et à laisser l'arbre se reposer pendant une année. Les quarres abandonnées ne tardent pas à se recouvrir et on peut revenir, au bout d un certain temps, en ouvrir de nouvelles au-dessus des anciennes, sur les bourrelets d'écorce qui se sont formés et qu'on appelle des ourles.

On rencontre ça et In quelques vieux pins qui comptent ainsi un grand nombre de quarres. Leur aspect est tout particulier. Il arrive fréquemment que les anciennes quarres se découvrent par le défaut d'adbérence des ourles ; cellea-ci s'écartent et foi*ment un renflement qui fait ressembler le bas de Tarbre à un fuseau. On dirait que le pin va s écraser sous le poids de sa cime.

Dans les forêts particulières, on monte souvent les quarres jusqu'à quatre et cinq mètres de hauteur, et on en ouvre deux ou trois à la fois sur les gros arbres. C'est un abus et, si on obtient plus de résine pour un moment, on diminue singulièrement la longévité des arbres.

Le gemmage à mort se fait, comme on vient de le voir, sur les vieux pins voisins de leur exploitation et sur ceux qui doivent disparaître

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à chaque éclaircie pour donner plus d'espace aux autres. On le commence dès que les arbres peuvent porter une quarre, c'est-à-dire dès qu'ils mesurent cinquante à soixante centimètres de circonférence. Cela se présente ordinairement vers vingt aiis. On ouvre les quarres comme pour le gommage à vie ; seulement on les conduit plus rapidement en hauteur et on en ouvre plusieurs h la fois sur le pourtour de l'arbre. Généralement il faut trois à quatre ans pour gemmer un arbre à mort.

Quand on vient d'ouvrir ou de rafraîchir une quarre, on voit la gemme perler sous forme de gouttelettes sur le bois mis à nu. Une partie coule le long de la'plaie; le reste, par suite de l'évaporation, se solidifie et encroûte le bois; c'est le galipot. Anciennement on laissait la gemme couler le long de la quarre jusqu'au pied de l'arbre où elle était recueillie dans un petit auget creusé dans une racine ou dans le sable. On perdait ainsi, pendant la première année surtout, beaucoup de résine qui était absorbée par le cable. Actuellement on se sert de petits pots en terre qu'on suspend à l'arbre et qu'on élève à mesure que la quarre monte. Pour diriger la gemme dans le pot, on place une petite collerette en zinc, taillée eç forme de gouttière et légèrement enchâssée dans

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