‹ Manuel de sylvicultureChapitre 44 sur 51 · GEMMA6E DU PIN MARITIME · texte numérisé non relu

GEMMA6E DU PIN MARITIME

le bois. Le pot est maintenn en place entre cette collerette et un clou fiché au-dessous de lui et sur lequel il repose légèrement. Pour éviter encore une déperdition d'essence, on peut recouvrir le pot avec une petite planchette. Le résinier visite les pots quand il vient rafraîchir les quarres et les vide lorsqu'ils sont pleins. Le galipot se racle une ou deux fois dans le courant de Tannée.

L'emploi des pots et des collerettes constitue le système Hughes. Il nécessite une dépense première assez forte, mais procure l'avantage de recueillir une plus grande quantité de gemme plus pure ; la différence est comme quatre est à trois, dit M. Samanos. Très-usité dans les dunes, à Cap- Breton, à Mimizan, à Biscarosse, à la Teste, ce système est déjà moins général dans le pays de Dax, et il est encore peu pratiqué à Mont-de- Marsan. C'est une cause de grande infériorité, parce que, pour éviter la déperdition de la résine dans le sol, les ouvriers conduisent la gemme de plusieurs quarres dans le même auget. Or, ils sont obligés pour cela de pratiquer dans le bas de l'arbre des gouttières qui entament le bois sur presque tout le pourtour et amènent un dépérissement rapide.

9 L'opération du gemmage est limitée entre le 1*' mars et le 15 octobre; mais on commence à

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aiuincir l'écorce dès le 10 février. Un pin gemmé à vie donne environ trois litres de gemme quand il est en plein rapport, c'est-à-dire quand il a au moins quarante centimètres de diamètre. On peut ainsi constater que, eu égard au nombre décroissant des tiges, un hectare donne à peu près une barrique de trois cent quarante litres de résine par an, quel que soit Tâge des bois. Il est plus difficile d'apprécier le rendement du gemmage à mort. Cependant on admet que deux cents à deux cent cinquante pins de vingt centimètres de diamètre donnent également une barrique par année, et cela pendant trois ans. Jai vu auprès de Biscaresse, dans le bois particulier de M. Marcellus, un pin de quatre mètres de tour et onze mètres de fût, qui portait dix quarres en activité, et qui pouvait encore produire chaque année de sept à huit litres de résine.

Le prix de la résine est nécessairement trèsvariable. Il est quelquefois descendu à 40 francs la barrique, prix extrêmement bas; pendant la guerre d'Amérique il est monté jusqu'à 290 francs. Actuellement la résine brute vaut 120 francs la barrique à Mont-de-ÎIarsan où on la manipule. Le résinier est paj^é de son travail à tant la barrique ; son salaire varie de 30 à 35 francs, ce qui représente des journées moyennes de 4 à 5^ francs.

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