‹ Manuel de sylvicultureChapitre 45 sur 51 · PRODUITS RÉSINEUX · texte numérisé non relu

PRODUITS RÉSINEUX

J'ai visité à Mont-de -Marsan plusieurs usines. Dans l'une d'elles on distillait la résine pour en retirer Tessence de térébenthine. L'établissement est disposé de la manière suivante : la résine brute est apportée dans un grand réservoir. Mais elle contient toujours une certaine quantité de matières étrangères, plus ou moins, selon les soins avec lesquels elle a été recueillie : terre, copeaux, morceaux d'écorce, feuilles, etc. Pour les séparer, on fait chauffer la résine brute dans des chaudières, en ayant soin de ire pas pousser la température au point de faire dégager l'essence. On filtre à travers de la paille de seigle, et on recueille dans une auge ce qu'on appelle la térébenthine. De cette ange la térébenthine passe dans un alambic par une soupape qu'on ouvre à volonté. Pendant la distillation on introduit dans lalambic, à l'aide d'un entonnoir, un petit filet d'eau ; celle-ci se vaporise et entraîne l'essenoe de térébenthine à travers le serpentin, où toutes deux se liquéfient. On reçoit l'eau et l'essence dans un baquet et on les sépare par décantation.

Le résidu qui reste dans l'alambic sert à faire la colophane, le brai sec et la résine jaune. On le fait couler, par une ouverture ménagée en bas, dans un conduit qui l'amène à une auge. La colophane s'obtient en filtrant à travers un tamis de laiton très serré placé au-dessus d'une caisse.

316 ÉLÉMENTS D£ SYLVICULTURE.

— Le brai sec n'est antre chose que le résidu coulé directement dans des moules creusés dans du sable fin. On en fait des pains de 45 à 90 kilogrammes. — Pour obtenir la résine jaune, on brasse le résidu brûlant avec un dixième d'eau, et on le coule également dans des moules en sable.

Tous ces produits sont utilisés par l'industrie : l'essence est employée dans les vernis, la peinture, pour l'éclairage, le nettoyage des meubles, etc.; la médecine en fait également usage ; — la résine solide sert dans la fabrication des papiers, des savons, des bougies stéariques, des torches, de la cire à cacheter, etc. ; la marine l'emploie à calfater les navires.

On brûle dans des fours spéciaux les résidus du premier filtrage de la résine brute, et on en retire du goudron et de la poix noire. ^

Avec une barrique de résine brute on fabrique 100 kilogrammes d'essence de térébenthine qui, aux prix actuels, vaut 125 francs. Les autres produits couvrent les frais et donnent encore un léger bénéfice. Le brai sec se vend à raison de 18 francs les 100 kilogrammes; le même poids de résine jaune vaut 20 francs.

Dans un autre établissement de la même ville on traite le brai sec en le surchauffant. Il se produit alors une double décomposition et, suivant

Page 1