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Quant à la nature des éclaircies à effectuer, on suivra la marche générale indiq[uée, c'est-à-dire que les premières seront moyennes, sauf aux environs immédiats des chênes, dont les cimes seront largement dégagées sous forme de nettoiement, et que les suivantes, quand les bois seront à Tétat de hauts perchis, tout en desserrant davantage le peuplement, seront rarement fortes. En effet, avec les précautions indiquées, les éclaircies, moyennes sur Tensemble du peuplement, produirontles effets d'une éclaircie forte pour le chêne. En même temps le sol restera bien couvert et s'améliorera constamment.

IV, — Traitement en futaie du chêne et du charme

mélangés.

ATantages du mélaDge. — Le charme n'a pas d'emplois assez importants pour qu'il y ait lieu de l'élever en futaie pour lui-même; mais il devient de première utilité dans son mélange avec le chêne. C'est par suite d'une longue erreur qu'on l'a souvent détruit à l'égal des bois blancs; aussi le voiton maintenant favoriser ou réintroduire là où on l'avait combattu à outrance. Comme pour toutes les grandes essences, il faut l'utiliser quand il est spontané; il faut même souvent lui faire une assez large part.

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Sauf pour ses emplois/ le charme présente les mêmes avantages que le hêtre dans son mélange {

avec le chêne; il prospère même dans lés terrains très-frais où le hêtre cesse de croître, et devient )

ainsi l'auxiliaire naturel du chêne pédoncule.

Au point de vue purement cultural, le charme est supérieur au hêtre, en ce qu'il croît toujours moins vite et reste plus petit que le chêne; mais sa longévité ne dépasse guère un siècle et demi*. Néanmoins ce n'est pas une raison pour l'exclure des forêts à chêne et, quoique ce soit surtout une , question d'avenir enèore éloigné, on verra plus loin que cette difficulté est plus apparente que réelle.

Dans un assez grand nombre de localités, le chêne est mélangé tantôt avec le hêtre ou le charme, tantôt ayec les deux réunis. Cette dernière condition est très-avantageuse; elle assure une régénération plus prompte, plus complète, et facilite l'exécution des éclaircies dans l'intérêt du chêne. Il faut donc bien, se garder d'exclure le~ charme sous prétexte d'une moindre utilité.

Le charme n'est pas un arbre de première grandeur; il est assez largement représenté sous les climats tempérés, se plaît principalement d^ns les terrains argileux, mais prospère encore dans lesL sols divisés qui restent frais à peu de profondeur; on le rencontre en plaine et dans les pays de co-* teaux. Tout en craignant les fortes chaleurs, 1^

charme paraît demander une lumière Assez vive; il résiste très-bien aux geléeç.

C'est une essence qui devient fertile de bonne heure, porte semence presque tous les ans et dont la graine, munie d'une cupule foliacée, est em- ' ?

portée assez loin par les vents. La germination [

n'a lieu qu'au second printemps. Son couvert est j

épais; son jeune plant, qui ne craint pas les gelées, [

redoute beaucoup le dessèchement du sol, en rai- j

son de son enracinement très-court pendant les I

premières années; plus tard, les racines sont plu- |

tôt traçantes que pivotantes et ne s'enfoncent pas ^ '

au delà de cinquante centimètres; elles fournis- ;

sent de nombreux rejets jusqu'à un âge avancé et donnent des drageons.

Le charme a toujours une végétation lente et, »

comme on l'a vu ci- dessus, n'arrive qu'à des dimensions médiocres. Son tronc, plus ou moins cannelé, ne permet pas de l'employer à la charpente, d'autant plus que son bois résiste mal aux variations atmosphériques; mais il est précieux pour le charronnage et pour toutes les pièces exposées à des frottements; c'est un de nos meilleurs bois de feu et son charbon est très-estimé.

Réfolution. — La révolution devra toujours être choisie de façon à retirer du chêne les produits les plus utiles.

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Coupe d'ensemencenent. — Pour maintenir le sol en bon état, on fera une coupe d'ensemencement sombre, dans laquelle il ne sera pas nécessaire d'avoir une grande proportion de charme, ses graines se disséminant au loin. Sous cette coupe sombre, ou même très-sombre, si le terrain est exposé à se couvrir de grandes herbes, le chêne seul se régénérera; ou si le eharme germe, ce sera le plus souvent pour disparaître dans le courant de l'année même.

Coupe secondaire. — Lors donc qu'il y aura un peu de chêne partout, on viendra faire une coupe secondaire qui sera la véritable coupe d'ensemencément pour le charme. Dans ce but, il faut se rappeler que si le charme a besoin d'une certaine lumière, il craint beaucoup le dessèchement du sol et l'envahissement des herbes; aussi devra-t-on s'attacher à faire cette coupe légère et à avoir un couvert bien relevé. Jusqu'à ce que les semis de cliarme aient bien pris possession du terrain, c'està-dire vers l'âge de quatre ou cinq ans, il faut être très-prudent; souvent même on fera bien de s'abstenir de toute opération. A cette époque, on établira une deuxième coupe secondaire qui fera disparaître les réserves charme et, s'il en est besoin, un certain nombre de chênes.

Coope dèliDÎtive. — La coupe déânitîve aura lieu,

comme précédemment, quand le fourré sera bien établi, avec réserve des chênes d'avenir.

Coupes d'amélioration. Nettoiemeats. — Si des essences inférieures s'étaient introduites pendant la régénération, il faudrait les surveiller sous forme de nettoiement; mais on n'a pas à craindre dé voir le chêne dominé par le charme, si ce n'est par des rejets de souches. On trouve quelquefois, au contraire, des places où le charme est très-rare avec un semis complet de chêne; c'est le cas de veiller à son maintien par l'extraction de quelques chênes. •

Édaircies. — Les éclaircies se feront d'après les règles générales et resteront moyennes. On a vu plus haut que le charme n'avait pas la même longévité que le chêne ; lorsqu'il s'en trouvera des pieds dépérissants, il faudra les faire disparaître successivement. Le massif s'éclaircissant petit à petit, de nouveaux semis de charme se présenteront sur le sol ; ils s'élanceront au fur et à mesure que la lumière leur arrivera, et protégeront constamment le fût des chênes. C'est ainsi que les faits se passent dans la nature, et cette indication est précieuse pour combattre l'idée systématique d'une double régénération régulière du charme pendant une révolution de chêne. En effet, outre la diflSculté de réussir un nouvel ensemencement d'une

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anière générale, on s'exposerait à voir lee chênes I couvrir de branches gourmandes et dépérir penint tout le temps que la nouvelle génération de larme mettrait k abriter les fûts. D'ailleurs il aura toujours un certain nombre de charmes qui ivront toute une révolution de chêne, et qui iffîront à produire le semis en mélange au terme e l'exploitabilité,

'. — Traitement des futaies d'essences feuillues mélangées.

On trouve fréquemment des forêts ou des frênes, es ormes, des érables, des bouleaux, des trémies, des aunes, des fruitiers, sont plus ou moins bondamment distribués dans les peuplements de hêne, charme et hêtre. Quoique, en général, ces Bsences soient de longévité différente, ce n'est as un obstacle à leur maintien dans les massifs; [ y a, au contraire, avantage à en conserver une ertaine quantité, en raison de leurs emplois spéiaux. Cependant l'orme diffus doit être rejeté; on bois est d'une qualité trop inférieure, et on le serait autorisé à le garder que là où son extracion interromprait le peuplement,

RéTolaliAD. — Toutes les fois que ces forêts préentent une certaine proportion de chênes, c'est

toujours en vue de cette essence qu'il faut fixer la durée de la révolution, en tenant compte de ses emplois et de sa végétation.

Coupes de régénération. — Les règles indiquées pour les essences précédentes sont entièrement applicables ici. Quand les jeunes chênes seront suffisamment nombreux et bien répartis, on favorisera le complément du semis à Taide des autres essences, tout en donnant la préférence aux essences les plus longévives, notamment au hêtre et au charme ; mais il suffit qu'il y en ait un peu partout, et on s'attachera principalement à voir le fourré constitué le plus tôt possible. Il est bien entendu qu'on arrivera à la coupe définitive avec une réserve presque exclusiveitient composée de chênes.

Coupes d'amélioration. — Si le fourré a été constitué avec toutes ces essences de végétation et de longévité difi^érentes, il est bien évident qu'il faudra arriver de bonne heure aux nettoiements pour assurer le maintien du chêne et commencer à faire aux essences mélangées la part qui leur revient. Pour cela, on doit se rappeler que les ormes, les frênes et les érables ne se montrent pas en massif, mais seulement par pieds disséminés, dans les vieux peuplements. Dès lors on évitera d'en conserver un trop grand nombre sur le même point.

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Les érables sycomores surtout ont une croissmce rapide et un couvert épais avec une longévité assez restreinte.

Dans les éclaircies, on continuera à proportionner les diverses essences, en ne perdant jamais le chône de vue, et quand les essences moins longévives auront acquis les qualités qui leur sont propres, on les fera disparaître successivement. On pourrait craindre, en agissant ainsi, de ne plus en avoir lors de la prochaine régénération; mais elles ont généralement des semences légères, et l'expérience montre qu'elles se disséminent à de grandes distances. Pour peu qu'il s'en trouve dans les perchis voisins, on est certain d'en obtenir dans les coupes de régénération.

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