‹ Manuel de technique microscopique, ou, Guide pratique pour l'étude et le maniement du microscopeChapitre 11 sur 48 · AGENTS COLORANTS · texte numérisé non relu

AGENTS COLORANTS

certains tissus, en les colorant en rouge. Dans une coupe de peau, par exemple., il teinte fortement le tissu conjonctif du derme, en laissant les fibres élastiques incolores, ou légèrement teintées en jaune.

Son action varie selon que les coupes proviennent de pièces conservées dans tel ou tel liquide. C’est ainsi que celles qui ont subi l’action de l’alcool se laissent parfaitement colorer, tandis que, conservées dans l’acide chromique, elles sont plus réfractaires à l’imbibilion. On se servira donc, dans le second cas, de solutions plus fortes que dans le premier.

Si l’on veut colorer des pièces traitées par le nitrate d’argent, il peut arriver que l’on n’obtienne que difficilement l’élection du carmin; ce cas se présente, quand on s’est servi de solutions argentiques trop fortes; il en est de même pour l’acide osmique. Ces divers détails deviendront, d’ailleurs, familiers par la pratique.

Disons, enfin, que pour garder intacte la teinte du carmin sur une préparation, il est bon que le milieu dans lequel on la conservera soit légèrement acide. M. Ranvier indique, dans ce cas, la glycérine additionnée de 1 0/T) d’acide formique. .

Dans les livres de technique, on trouvera plusieurs formules de préparation pour la solution de carmin. Il est inutile de les essayer : elles sont généralement mauvaises ou ne présentent aucun avantage sur celles que nous venons d’indiquer, laquelle a le double mérite d’êLre fort simple à préparer et de donner de fort belles colorations.

2° Picro-carminate d'ammoniaque. — C’est à M. Ranvier que nous devons, sinon la découverte, du moins

la vulgarisation d’un réactif qui donne d’admirables résultats dans la pratique histologique.

Ce réactif possède, de plus que le carmin, la propriété de colorer les pièces en deux couleurs ; il jouit, en un mot, d’une propriété élective double. En faisant agir ceLte teinture sur une coupe de peau, par exemple, on aura la satisfaction de voir les glandes colorées en jaune, avec la couche cornée de l’épiderme, tandis que le reste du tissu présentera une belle teinte rose. Si on désire n’avoir que l’action du carmin, il suffira de plonger les coupes dans l’eau, qui se chargera de dissoudre et de faire disparaître l'acide picrique, qui formait la teinte jaune.

Voici, selon M. Ranvier, la manière de le préparer : « On verse dans une solution saturée d’acide picrique du carmin dissous dans l’ammoniaque, jusqu’il saturation ; puis on évapore dans une étuve. Après réduction des quatre cinquièmes, la liqueur refroidie abandonne un dépôt peu riche en carmin, qui est séparé par filtration. Les eaux- mères évaporées donnent le picro-carminate solide, sous la forme d’une poudre cristalline de la couleur de l’ocre rouge. Cette poudre doit se dissoudre entièrement dans l’eau distillée. Une solution au centième est la plus convenable. »

Nous avons essayé ce mode de préparation et n’en avons obtenu que d’assez mauvais résultats.

Voici comment nous le préparons depuis plusieurs années dans notre laboratoire.

On prend 15 grammes de carmin que l’on triture dans un mortier et qu’on délaye dans une petite quantité d’eau. On ajoute ensuite de l’ammoniaque en proportion quelconque pour opérer la solution.

On a préparé, d’autre part, une solution concentrée d’acide picrique que l’on verse goutte à goutte jusqu’à

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