‹ Manuel de technique microscopique, ou, Guide pratique pour l'étude et le maniement du microscopeChapitre 12 sur 48 · AGENTS COLORANTS · texte numérisé non relu

AGENTS COLORANTS

ce que le mélange ait acquis à peu près la couleur « du sang ».

En cet état, la masse étant ammoniacale, il est nécessaire de la laisser s’évaporer à l’air libre jusqu’à ce que toute odeur ait disparu, ce qui demande quatre ou cinq jours en été et un peu plus en hiver. — Si l’on négligeait cette précaution, les tissus seraient teintés uniformément et il ne se produirait aucune trace d’élection.

Un très bon moyen pour favoriser l’évaporation consiste à verser la masse ammoniacale dans un large plat à photographie, de façon à étendre la surface d’évaporation.

Pour empêcher la production des moisissures, on ajoute à la solution quelques gouttes d’acide phénique.

On obtient de la sorte une liqueur d’une teinte rouge intense, mais qui dépose 'à la longue et que l’on doit filtrer chaque jour avant de l’employer.

3° Hématoxyline. — On obtient avec cette matière de magnifiques colorations violettes. Elle se fixe surtout sur les parties épithéliales et les noyaux. Il arrive souvent que les pièces sont trop fortement imbibées ; dans ce cas, on les plonge, un moment, dans de l’eau distillée, additionnée d’acide acétique, dans la proportion de 1 p. 100, jusqu’à ce que la teinte soit affaiblie, puis on les retire et on les lave à l’eau distillée pour enlever les dernières traces d’acide.

Voici le mode de préparation indiqué par Ranvier : on fait une première solution avec

Hématoxyline 0,35

Alcool absolu 10

7 2 TECliNIQUF MICROSCOPIQUE’.

et une seconde solution avec

Alun 0,10

Eau distillée 30

On verse la première solution dans la seconde, et il se produit un liquide d’un beau violet.

Ce produit s’altère en vieillissant. La matière colorante se fonce et se précipite.

11 est préférable de n’en préparer qu’une petite quantité au fur et à. mesure des besoins.

4° Purpurine. — Ce nouveau réactif est encore dû à M. Ranvier, qui a fait, à ce sujet, un mémoire étendu, que l’on pourra consulter dans les Archives de Physiologie , n° 6, 1874.

On le prépare de la manière suivante :

Une solution d’alun dans l’eau distillée à 1 p. 200, est portée à l’ébullition dans une capsule de porcelaine, on y ajoute une petite quantité de purpurine broyée avec un peu d’eau distillée. La dissolution s’opère en quelques minutes. Il doit rester un excès de purpurine non dissoute, ce qui indique que la solution est concentrée. On filtre à chaud, en recueillant le liquide dans un flacon, où l’on a mis de l’alcool à 36° de Cartier. L’alcool doit être en quantité telle, qu’il forme le quart en volume du mélange total. La liqueur que l’on obtient ainsi est fluorescente et d’un beau rouge orangé. On peut la conserver dans un flacon bouché, mais, au bout d’un mois, il se forme un léger précipité, et elle a perdu un peu de ses propriétés colorantes ; il vaut donc mieux, comme pour l’hématoxyline, préparer les solutions de purpurine au moment même où l’on doit s’en servir.

o° Fuchsine ou rouge d’aniline. — Peu employé. Sa

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belle nuance avait fait concevoir des espérances que la pratique n’a pas justifiées. En effet, la fuchsine, de même que les autres couleurs de même origine, colore uniformément les éléments, mais, ainsi que le fait remarquer Ranvier, ne possède pas d’élection. Si certaines cellules montrent leurs noyaux plus colorés que le corps même, cela vient de ce qu’il possède plus de matière et qu’il est plus épais. On ne s’en sert donc que rarement, dans le cas où l’on veut, par exemple, colorer des éléments déjà dissociés.

6° Bleu d'aniline. — 11 en existe deux variétés : l’une qui est soluble dans l’eau, l’autre seulement dans l’alcool. Ces deux agents s’emploient quelquefois dans des cas spéciaux, que nous étudierons plus loin.

On en fait des solutions à 1 ou 2 p. 100.

1° Bleu de quinoléine. — Ce réactif, dont la puissance colorante est fort intense, donne dans beaucoup de cas d’excellents résultats. Malheureusement, il est fort difficile de s’en procurer.

Préparation. — On en prend un gramme qu’on fait dissoudre dans 100 grammes d’alcool à 36° et, la solution opérée, on l’étend de son volume d’eau.

Il est nécessaire de bien surveiller l’action de cette matière colorante dont la puissance tinctoriale est telle, qu’elle ferait facilement disparaître sous son intensité tous les détails histologiques de la coupe en expérience.

Elle colore en bleu tous les éléments graisseux et donne aux fibres conjonctives des teintes variables selon l’âge et l’épaisseur des tissus.

8° Iode. — Réactif important pour déceler la matière amyloïde ou la matière glycogène. La première se colore sous l’influence de l’acide sulfurique en violet, et la seconde directement en rouge plus ou moins foncé.

On fait une solution d’iodure de potassium à 2 p. 100 qu’on sature ensuite avec des cristaux d'iode. On filtre, et on a soin de laisser un peu d’iode en excès.

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