‹ Manuel de technique microscopique, ou, Guide pratique pour l'étude et le maniement du microscopeChapitre 16 sur 48 · ÉTUDE DES TISSUS · texte numérisé non relu

ÉTUDE DES TISSUS

pourra également, si le tissu est composé de fibres parallèles, en fixer une extrémité, et isoler ces fibres en glissant entre elles la pointe d’une aiguille. Nous recommandons aux commençants, pour s’habituer au maniement des aiguilles, l’exercice suivant : On coupe des cheveux en petits fragments, et après en avoir déposé un certain nombre dans une goutte d’eau sur le porte-objet, on cherche à les isoler les uns des autres et à les ranger verticalement et parallèlement les uns à côté des autres. Cette petite manœuvre est excellente, pour donner à la main la sûreté qui permettra, plus tard, des manipulations plus délicates.

Dans un livre déjà ancien (1) et trop peu connu, Lacauchie préconise une méthode qui, dans un grand nombre de cas, donne d’excellents résultats. Si l’o injecte de l’eau dans les vaisseaux d’un animal, de manière à produire un œdème artificiel, on remarque que les tissus deviennent plus transparents et laissent voir les petits organes (glandes, glomérules adipeux, etc.) qui sont plongés dans leur épaisseur. M. Ranvier, modifiant ce procédé, emploie ce qu’il appelle les injections interstitielles, et obtient, dans certains cas, des résultats qu’on chercherait vainement à produire autrement. Voici en quoi consiste ce procédé : Supposons qu’on veuille étudier le tissu conjonctif, formé, comme on sait, de fibres intriquées, on prend une seringue de Pravaz, munie d’une canule piquante, et, glissant la pointe au milieu du tissu, on pousse brusquement une certaine quantité d’eau. Sous cette influence, les fibres sont en quelque sorte disséquées et écartées par l’eau, et en enlevant un fragment avec des ciseaux, on les aperçoit beaucoup plus clairement.

(1) Traité d’hydrotomie.

TECHNIQUE MICKOSCOPIQUE.

Il est nécessaire d’opérer rapidement; autrement, l’œdème, amené par cette opération, ne persiste pas, et les fibres reviennent sur elles-mêmes reprendre leur ancienne position. On peut, dans quelques cas, obtenir un effet constant, en injectant, il la place d’eau, de la gélatine qui se coagule par le refroidissement, et fixe, alors, les fibres dans leur nouvelle position. On peut également injecter, par ce procédé, divers réactifs dans les tissus (alcool 1/3, picro-carminate, acide osmique, etc.).

Enfin, rappelons que, par l’emploi de certains réactifs dissociants, on arrive à isoler les éléments constituants d’une pièce quelconque. C’est ainsi que, si l’on fait macérer un petit fragment d’intestin dans de l’alcool au 1/3 ou dans le sérum iodé, on obtient, au bout de peu de temps, une désagrégation complète des cellules épithéliales.

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