‹ Manuel de technique microscopique, ou, Guide pratique pour l'étude et le maniement du microscopeChapitre 19 sur 48 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Les procédés généraux de technique, que nous avons indiqués précédemment, suffisent pour étudier les principaux éléments qui entrent dans la constitution d’un tissu, mais ne donnent qu’une idée généralement assez vague sur sa plus bu moins grande vascularisation. Il est alors nécessaire de recourir à d’autres méthodes etd’employerle système des injections, dans les vaisseaux, d’une matière colorante, qui permet d’en l’econnaître la distribution, de constater la forme des mailles et surtout les rapports avec les autres éléments. L’importance de ces recherches n’échappera à personne. Il est, en effet, indispensable, quand on veut faire l’étude complète d’un tissu, de connaître à fond le mode de distribution des vaisseaux dans sa trame, après quoi seulement on peut avoir une idée nette de sa nutrition et de son rôle physiologique. Mais, pour arriver à ce résultat, il faut une grande expérience et de nombreux tâtonnements. L’art des injections est entouré de difficultés et ce n’est qu’à, la longue et en suivant ponctuellement les règles que nous allons indiquer, qu’on obtiendra des résultats satisfaisants. 11 ne s’ensuit pas que cette partie de la technique soitinabordable à la plupart des travailleurs. Nous voulons seulement insister sur ce point, qu’il faut beaucoup de

TECHNIQUE microscopique.

patience et de persévérance et ne pas se décourager, si, comme la chose est inévitable, on manque scs premiers débuts; on sera d’ailleurs bien récompensé plus tard, car de toutes les préparations histologiques, aucune ne donne plus de satisfaction qu’une belle injec-' tion.

Nous étudierons : 1° les appareils destinés aux in- j jections; 2° les instruments accessoires; 3° les ma- ; tières à injection et leur mode de préparation ; 4° le manuel opératoire ; 3° l’examen des pièces injectées ! et leur conservation.

1° Appareils destinés aux injections. — Le plus simple et celui dont on s’est servi dès l’origine est la seringue. A la rigueur, on peut obtenir par son moyen des résultats passables, mais à la condition d’avoir l’expérience des injections et de connaître à fond les ' causes qui font réussir ou manquer l’opération. En effet, avec cet instrument on est exposé à pousser trop ou trop peu, et de plus la main donne forcément des secousses qui, généralement, ont pour résultat la rupture des vaisseaux. 11 est de plus presque impossible de soutenir longtemps l’effort, et les vaisseaux se distendant trop rapidement ne résistent pas à la près-; sion et laissent échapper le liquide à injection. Nous ne conseillons pas aux commençants de débuter de la sorte. Il leur sera préférable de se familiariser d’abord avec les appareils à pression continue, qui leur « feront la main » beaucoup mieux.

En tout cas, on choisira un modèle de la contenance de 200 grammes environ et on s’assurera que le piston fonctionne bien. Il devra être à double parachute et le corps de l’instrument sera muni d’un robinet s’ouvrant et se fermant frottement doux. Il por-

tera à sa partie supérieure, deux anneaux pour servir de points d’appui aux doigts qui poussent l’injection.

L’extrémité inférieure de la seringue se termine par un bout conique, destiné à entrer dans la canule qu’on fixe dans le vaisseau dont on a fait choix.

Les canules que l’on rencontre dans le commerce sont de diverses sortes. Les unes, coniques dans toute leur longueur, doivent être rejetées, parce que souvent lorsqu’elles ont pénétré dans le vaisseau et au moment où l’on fait la ligature qui doit les maintenir, elles fuient en arrière, sous la pression du fil. Les autres sont au contraire cylindriques dans toute leur longueur, avec une partie supérieure évasée, dans laquelle pénètre l’ajutage de la seringue. Ce sont celles que l’on doit préférer. On aura soin que leur surface soit bien polie, pour qu’elles puissent pénétrer facilement, et au moyen d’une lime, on tracera deux ou trois sillons pour que le fil puisse mieux les fixer en y pénétrant.

Il est utile d’avoir des canules variées, depuis les plus fines, jusqu’à celles qui présentent un diamètre de 1 millimètre environ. Il faudra en prendre le plus grand soin et les laver après chaque opération, à l’eau d’abord et à l’eau et à l’alcool ensuite. On les empêche

Ide se rouiller intérieurement, ce qui aurait souvent pour inconvénient de permettre à des parcelles de la masse à injection de s’arrêter et d’engorger le trajet. Pour plus de sûreté, il sera bon d’y laisser à demeure un fil d’argent dans l’intérieur.

Les plus belles injections se font avec des appareils à pression continue. Il en existe plusieurs modèles, mais la plupart présentent des inconvénients. Un des plus anciens, imaginé par Ludwig, consiste en un flacon à deux tubulures contenant la matière à injection. L une des tubulures est munie d’un tube à Latteux, 2« édition.

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entonnoir plongeant jusqu’au fond du flacon. L’autre donne passage à un tube en verre, coudé à angle droit, se continuant avec un conduit en caoutchouc, destiné à introduire le liquide dans l’organe et muni à cet effet, à son extrémité libre, d’un robinet pouvant s’ajuster sur la canule fixée dans le vaisseau à injecter. Ce dernier tube ne plonge dans le flacon que jusqu’au niveau de la face inférieure du bouchon

Pour faire marcher l’appareil, on le remplit complètement en versant par l'entonnoir des doses successives de mercure; ce métal, en s’accumulant au fond du flacon, refoule la masse à injection par en haut et la force à pénétrer dans l’organe.

Ce procédé, comme on le voit, est assez simple, mais il a cependant de graves inconvénients. Le premier, est que le mercure étant mélangé à la masse, se salit et rend le nettoyage de l’appareil difficile; le second est que ce métal coûte fort cher et qu’il en faut une assez grande quantité pour exécuter une injection.

On a donc cherché à imaginer d’autres instruments, et s’il en est de bons, comme celui du Dr Defois, ils ont l’inconvénient d’être chers, d’un maniement compliqué et difficiles à entretenir en bon état à cause de la multiplicité des soupapes. Ils ne donnent pas d’ailleurs de résultats supérieurs à celui que nous avons adopté et que nous expérimentons avec succès depuis 1868, et par son prix modéré, il est plus accessible que les modèles précédents à la plupart des travailleurs.

Cet appareil consiste en une sphère de cuivre B, destinée à emmagasiner de l’air comprimé et munie d’un tube en S (A) contenant du mercure et servant de manomètre. A cette sphère sont fixés quatre ro-

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binets : le premier reçoit le tube de la pompe aspirante et foulante en caoutchouc C ; le deuxième, D,

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