DU DESSIN DES PRÉPARATIONS MICROSCOPIQUES
L’observateur qui se livre à des recherches suivies doit être en mesure de fixer sur le papier les images qu’il aperçoit dans le champ du microscope.
S’il est un peu familier avec l’art du dessin, rien n’est plus facile, les éléments histologiques présentant en général des contours d’une grande simplicité.
Avec l’exercice et même sans connaissances spéciales, on arrive rapidement, quand on possède bien la notion du sujet que l’on examine, à faire des croquis suffisamment exacts.
Cependant, dans certains cas, il est bon de recourir pour plus d’exactitude, à des moyens mécaniques qui permettent de reproduire assez fidèlement l’image aperçue dans le microscope.
L’instrument employé dans ce but est la chambre claire. Le modèle dont nous nous servons (fîg. 30) est celui de Nachet. Il consiste en un prisme monté dans une pièce munie d’une bague que l’on place sur le tube du microscope au-dessus de l’oculaire. Par suite de la marche des rayons lumineux (et pour ceux qui voudraient en connaître la théorie, nous renvoyons aux traités de Physique), l’œil qui plonge dans le microscope à travers la chambre claire aperçoit l’image de l’objet sur un papier que l’on a eu soin de disposer
dans ce but à côté de l’instrument, il est alors possible, avec un crayon, de suivre les contours de l’ombre projetée.
Telle est la théorie du dessin à la chambre claire, dont le maniement semble très facile. Dans la pratique, il n’en est pas ainsi. En général, le commençant éprouve une grande difficulté à percevoir à la fois le crayon et l’image de l’objet. Cela provient de ce qu’en général ce dernier est trop éclairé. En faisant varier l’intensité de la lumière fournie par le miroir du microscope, on améliorera la visibilité de la pointe du crayon. Il faudra veiller à ce que l’objet reçoive moins de lumière que le papier sur lequel on dessine.
Nous recommanderons également de bien tailler les crayons et de leur donner une pointe aussi effilée que possible. On arrive à ce but, avec la plus grande facilité, en les usant sur un papier d’émeri ou une lime fine. Les meilleurs sont ceux de graphite, que l’on peut se procurer chez tous les papetiers.
Ces conditions remplies, on tracera les traits du dessin que l’on aperçoit, sans que la pointe quitte le papier et en tirant, autant que possible, le trait d’un seul coup, sans s’arrêter. C’est le moyen d’avoir un dessin passable. Il ne faut pas s’attendre cependant à faire ainsi une œuvre d’art. La chambre claire n’a d’autre but que de permettre de faire un croquis grossier, de poser en quelque sorte les jalons de l’objet qu’on examine, il charge plus tard d’achever, à tête repo-