‹ Manuel de technique microscopique, ou, Guide pratique pour l'étude et le maniement du microscopeChapitre 30 sur 48 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DE LA PEAU

Quiconque a suivi un service de chirurgie a pu remarquer la fréquence des lésions inhérentes au système cutané. Les tumeurs les plus variées, les altérations les plus diverses, s’observent dans ce tissu. Il est donc de toute importance de connaître parfaitement son histologie normale, sous peine de ne pouvoir interpréter les nombreuses modifications pathologiques qui se présentent journellement.

Nous étudierons successivement :

1° L'épiderme ;

12° Le derme ;

3° Les ongles ;

4° Les poils.

§ 1er. — Épiderme.

L’étude de l’épiderme est facile ; on pratiquera dans la peau, durcie par la méthode habituelle (alcool, acide picrique, gomme), ou simplement par macération dans l’alcool absolu , des coupes aussi minces que possible.

Après les avoir traitées par le picro-carminate, on constatera facilement l’existence de deux couches, l’une, interne, colorée en jaune ou couche cornée, n’offrant aucune apparence nucléaire, et constituée seulement par des cellules aplaties, l’autre, profonde, formée de cellules polygonales, plus ou moins régulières, et présentant, selon la région, des noyaux de volume variable; c’est la couche muqueuse.

Nous avons remarqué l’excellent* effet résultant de l’emploi de l’hématoxyline. Ce réactif convient surtout, ainsi que nous le verrons d’ailleurs, dans un grand nombre de cas, pour tous les tissus épithéliaux; il possède une puissance de coloration que l’on demanderait vainement à d’autres substances.

Les coupes seront laissées dans cette solution jusqu’à ce qu’elles aient une teinte un peu foncée, et dans le cas où les détails seraient masqués par une trop forte coloration, on ramènera la pièce au degré voulu, par macération dans une eau légèrement acidulée avec quelques gouttes d’acide acétique. 11 faudra ensuite avoir soin de faire dégorger la coupe dans l’eau de façon à ne pas laisser d’acide susceptible d’agir ultérieurement.

Ces réactions opérées, on observera les modifications des cellules qui deviennent de plus en plus aplaties à mesure qu’on arrive à la surface.

Ces cellules, traitées par la potasse ou la soude,

DE LA PEAU

(35 p. 100), se gonflent et laissent voir, au moins pour celles de la partie moyenne, des rudiments de noyaux.

On notera leur disposition stratifiée et ondulée. Sur des pièces macérées longtemps dans le bichromate de potasse à 20 p. 100, on peut môme arriver à séparer facilement plusieurs feuillets.

La coloration des cellules épidermiques superficielles devra être étudiée sur la peau de certaines régions: mamelon des femmes enceintes, peau du scrotum, des petites lèvres, pourtour de l’anus, couche cornée du nègre.

Quant à la couche muqueuse, sa structure est plus complexe. Tout d’abord, on remarquera que les cellules qui la composent, bien que munies d’un noyau, n’ont pas toutes la même forme. Les plus profondes, en contact immédiat avec le derme, sont allongées, placées symétriquement les unes parallèlement aux autres, présentent un noyau parfaitement net et affectent une direction perpendiculaire à la surface du derme.

Les cellules placées au-dessus de cette couche sont plus ou moins polygonales, selon la densité du tissu, mais n’ont plus l’apparence cylindrique des cellules de la couche profonde.

Nous conseillerons à ceux qui se proposent de faire plus tard de l’histologie pathologique, d’étudier comparativement, dans les diverses régions du corps, l’épaisseur de cette couche. Ils pourront de la sorte constater, ainsi que cela se présente fréquemment, que dans tel ou tel cas il y a hypertrophie de la région. Sans cette étude préalable, Userait impossible.

B dans un épithélioma au début ou dans un papillôme, de se faire une idée exacte du degré de l’altération faute de posséder des points de comparaison.

TECUNIQUE MICROSCOPIQUE.

La jonction des cellules a lieu quelquefois par engrenage. Cette disposition s’observe facilement sur les coupes verticales dans certaines tumeurs (épulis, kéloïdes).

Pour compléter l’étude de cette région, il est bon de faire quelques coupes dans une peau de nègre, afin de voir la disposition du pigment, dans les cellules de la couche profonde.

Enfin, pour se rendre bien compte de la façon dont l’épiderme recouvre le derme, on fera macérer des fragments de peau. Au bout d’un temps plus ou moins long, on pourra, par arrachement, isoler des lambeaux épidermiques qui permettront d’étudier la face profonde, et montreront les anfractuosités creusées par le sommet des papilles. On pourra même de la sorte enlever avec l’épiderme des fragments de tubes épithéliaux appartenant aux glandes sudoripares.

Les solutions qui permettent le plus facilement d’arriver à ce but sont les suivantes :

Bichromate de potasse ... 20 gr.

Eau 100

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