OU
Acide acétique 1 gr.
Eau 100 gr.
Après macération dans l’une ou dans l’autre, il suffit avec une pince de saisir un angle de l’épiderme pour en enlever un fragment plus ou moins étendu.
On peut également arriver au même but en arrachant l'épiderme d’un fœtus après quelques jours de putréfaction. Chacun de nous a pu constater à l’École pratique que, lorsqu’on manie certaines pièces un peu anciennes, l’épiderme glisse sous les doigts et se détache. Ces fragments sont excellents pour l’étude.
DE LA I'EAU
Il sera bon de faire dans la couche épidermique des sections tangenlielles, surtout au niveau des'papilles, de façon à voir la manière dont elles pénètrent dans cette région. Ces sections seront surtout utiles sur des pièces injectées.
M. Ranvier conseille l’usage de l’acide osmique qui donne de très bons résultats pour délimiter les couches épidermiques. «Un très petit fragment de peau, bien dépouillé de tout le panicule adipeux et ayant seulement 2 ou 3 milimètres de côté, est plongé pendant 18 à 20 heures dans 4 ou 5 centimètres cubes d’une solution d’acide osmique à 1 pour 100. On pratique alors des coupes minces que l’on observe dans l’eau ou dans la glycérine. La couche externe de l’épiderme et la couche profonde sont colorées en noir, la partie moyenne ne se laisse pas pénétrer par le réactif. Quant au corps muqueux de Malpighi, tous ces détails deviennent plus nets et les fibrilles du derme acquièrent une grande netteté. »
§ 3. — Derme.
Structure complexe. — Le derme présente à étudier:
a. Du tissu conjonctif;
b. du tissu élastique;
c. des muscles lisses ;
il. des cellules graisseuses;
e. des vaisseaux sanguins ;
f. des nerfs ;
g. des lymphatiques;
h. des glandes.
a. Tissu conjonctif. — Offre à considérer deux ré-
gions, l’une superficielle ou couche papillaire, l'autre profonde ou derme proprement dit.
La couche des papilles s’observera facilement sur des sections verticales de la peau. On devra faire les coupes aussi minces que possible. On constatera de la sortequ’ellessontou simples ou multiplesetquelesunes contiennent des vaisseaux, tandis que les autres sont le siège d’organes nerveux. Nous verrons plus loin corn-
rl'
Fig. 81. — Coupe de l’épiderme au niveau de la phalangette. — a, derme; b, couche de Malpighi; c, couche cornée; d, canaux de glandes sudoripares. (Cadiat.)
ment on doit procéder pour observer ces divers détails.
Si l’on tient à se rendre compte du nombre de papilles dans un espace donné, il sera nécessaire de faire des coupes tangentielles.
La couche profonde est formée de faisceaux conjonctifs plus ou moins volumineux ou plus ou moins serrés selon les régions et dont on vérifie facilement la disposition par une coloration au picro-carminate. On remarquera qu’en certains points ces faisceaux s’écartent
DE LA PEAU
pour loger des glandes sudoripares ou des vésicules adipeuses.
b. Tissu élastique. — Très abondant dans le derme de toutes les régions. Il est facile de constater sa présence : il suffit de traiter une coupe verticale de peau par l’acide acétique pour faire disparaître tout le tissu conjonctif et faire apparaître les fibres élastiques, qui dans la plupart des cas forment un tissu de la plus grande élégance.
c. Muscles lisses. — Faciles à voir sur des sections verticales du cuir chevelu.
On les rencontre encore dans la peau de certaines régions (scrotum, mamelon).
On rend les détails très nets en plongeantles coupes dans de l’eau contenant quelques gouttes d’acide azotique.
d. Cellules adipeuses. — Variables en nombre selon les régions, il est rare qu’on n’en rencontre pas quelques-unes, même chez les sujets émaciés. On ne les trouve que dans la partie profonde du derme, jamais dans la couche des papilles.
On traitera la peau par le picro-earminate pour colorer les noyaux des vésicules, et comme la matière grasse gênerait l’observation, on fera agir, après macération dans l’alcool absolu, l’essence de girofle, qui dissoudra la graisse, en respectant l’enveloppe et le noyau.
On aura également recours à l’acide osmique qui jouit de la propriété de se colorer en noir au contact des matières grasses. Une coupe de peau traitée par ce réactif laisse voir de la façon la plus nette ses vésicules adipeuses ou les granulations graisseuses qui peuvent se rencontrer dans son tissu.
250 TECHNIQUE MICHOSCOPIQUE.
Les vaisseaux des vésicules qui affectent une disposition spéciale ne peuvent être observés que sur des pièces injectées. Il sera nécessaire de traiter la coupe par les agents éclaircissants, pour enlever la graisse qui masquerait le réseau et l’on préférera la masse bleue comme injection, parce que l’on pourra colorer en plus, au picro-carminate ou au carmin, les noyaux des vésicules.
Après la mort, il est fréquent de trouver dans les cellules adipeuses des aiguilles cristallines. Ce sont des cristaux de margarine. On les examinera à. l’aide du polariscope, si l’on peut disposer de cet instrument. Elles sont, néanmoins, parfaitement appréciables, avec les objectifs ordinaires.
e. Vaisseaux sanguins. — Pour les observer, il est indispensable de recourir à des pièces injectées. On pourra se servir de masses au carmin ou de masses au bleu de Prusse soluble. Ces dernières permettront de faire ressortir plus complètement, par l’action ultérieure du picro-carminate, les éléments englobés par les vaisseaux.
Sur des coupes verticales de la peau injectée, on devra vérifier la manière dont les vaisseaux se distribuent aux follicules pileux, aux lobules adipeux, où ils forment des réseaux quelquefois très fins, ou aux glandes sudoripares.
Puis on remarquera que, dans certaines régions, les doigts par exemple, les papilles sont remplies par des vaisseaux disposés en anses, émergeant de l’ensemble du réseau qui formeune nappe horizontalement étendue sous la face profonde de l’épiderme.
On pourra facilement étudier ce réseau en faisant macérer des pièces injectées au ble-u soluble dans une
DE LA PEAU'
solution de bichromate de potasse. L’épiderme ne tardera pas à se détacher, et permettra d’étudièr facilement le derme injecté dans lequel on fera des sections langen lielles.
On devra comparer la vascularité des diverses ré-
Fig. 82. — Coupe du derme au niveau de la dernière phalange de l’index. — a, papille vasculaire ; b, papille nerveuse ; c, réseau sanguin du corps papillaire ; cl, artères et veines se rendant à ce réseau ; e, pannicule adipeux ; f, vaisseaux profonds du derme.
gions entre elles, et pour cela, faire des coupes en différents endroits de la surface cutanée.
f. Des nerfs. — Les nerfs de la peau constituent une des parties les plus intéressantes et les plus difficiles à étudier. Ils se terminent de trois manières principales : 1° sous forme de corpuscules du tact ou de Meisner; 2° sous forme de corpuscules de Pacini; 3° sous forme de bulbes terminaux ou corpuscules de Krause.
1° Corpuscules du tact ou de Meisner. — Ces corpuscules se rencontrent dans les papilles dépourvues de
TECHNIQUE MICHOSCül’IQUE.
vaisseaux. Pour les observer, on choisira des fragments de peau aussi fraîche que possible, et après les avoir fait durcir par les procédés habituels, on y pratiquera des coupes très fines, que l’on éclaircira par l’acide acétique extrêmementdilué (5 gouttes pour30grammes d’eau).
M. Rouget de Montpellier qui a fait une étude spéciale de ces terminaisons nerveuses ( Archives dephy-
Fig. 83. — Papilles du derme de la 3° phalange. — a, corpuscule de Meissner au centre de la papille ; 6, tube nerveux avec la gaine de Sclnvann ; — c, papille vasculaire. (Cadiat.)
siologie, 1868, p. 591), conseille la technique suivante : « On fait macérer de très minces coupes pratiquées sur des fragments de peau fraîche ou desséchée, dans de l’eau ne contenant qu’une goutte d’acide acétique ordinaire pour 100 grammes d’eau; on abandonne la préparation pendant 2 ou 3 jours à une température de 20 à 25°, et on la lave ensuite à l’eau pure ; alors les papilles sont complètement dépouillées de leur revêtement épithélial et se détachent avec une grande netteté sur le bord de la coupe. Tout le tissu conjonctifest devenu transparent, ses corpuscules et leurs prolongements ramifiés apparaissent très nettement sur un
DE LA PEAU
fond homogène. Les tubes nerveux dont le double contour obscur est très accusé peuvent être très facilement suivis jusqu’au corpuscule du tact et à sa surface ; mais en même temps le corpuscule lui-même tranche d’une manière très nette sur le fond transparent du blastème conjonctif de la papille: il est très réfringent, d’aspect granuleux, obscur, et montre non seulement des stries transversales, mais de véritales fibres ou rubans à direction transversale en tièrement juxtaposés et sur le trajet desquelles sont disposés les noyaux ;\ direction également transversale; tout l’ensemble du corpuscule et des fibres nerveuses qui s’y rendent, présenteunaspect etsurtout une réfringence très marquée qui indique déjà l’identité de nature du tissu fondamental des nerfs et du corpuscule. »
On fera ressortir les détails précédents en traitant la coupe par une solution moyennement concentrée d’acide azotique.
On devra éviter d’employer la soude ou la potasse, réactifs conseillés par certains auteurs, parce qu’ils altèrent trop la substance du corpuscule et des noyaux.
M. Ranvier, dans son traité de Technique microscopique, conseille le procédé suivant, basé sur l’emploi de l’acide osmique :
On choisira une main aussi fraîche que possible, et après avoir isolé une des artères collatérales, on y adaptera une canule par laquelle, avec une seringue en verre, on injectera, avec une assez forte pres- Latteux, 2* édition. 15
Fig. 84. — Corpuscule de Meissner de l'homme. — a, tube nerveux avec la myéline; b, tour de spirale du tube nerveux ;c, noyaux du corpuscule .
(Cadiat.)
sion, une solulion d’acide osmique à 1 pour 100.
La peau devienl grise, et, après avoir laissé reposer la pièce quelques heures, on la fait durcir par les procédés habituels, et on y pratique des coupes minces.
Sous l’influence du réactif, les filets nerveux et les corpuscules du tact se colorent en noir, et il est facile, de la sorte, de suivre leur trajet sur le corpuscule.
2° Corpuscules de Pacini. — Ces corpuscules s’observent facilement sur les nerfs cutanés des doigts de la
Fig. 85. — Corpuscule de Pacini. — a, bulbe central ; b, cylinder axis ; c, tube nerveux ; d, couches concentriques du périnèvre.
Fig. 86. — Corpuscule de Pacini, dont les cellules ont été mises en évidence par le nitrate d’argent.
main, sous forme de petits organes ovalaires, de 2 ou 3 millimètres de diamètre.
Pour étudier leur structure, on les traitera par l’acide acétique qui fera ressortir la série des couches emboî-
DE LA PEAU
tantes de tissu conjonctif dont ils sont formés, et fera apparaître également les noyaux. De plus, on apercevra déjà la fibre nerveuse centrale. Mais pour bien en suivre le trajet, on devra recourir à l’acide osmique qui, de même que pour les corpuscules de Meissner, la colorera en noir.
Ces corpuscules possèdent une couche épithéliale que l’on apercevra, en faisant agir une solution de nitrate d’argent à 3 pour 100.
Ces corpuscules se rencontrent ailleurs qu’aux doigts, et sont surtout faciles à observer dans le mésenter du chat où ils sont visibles, sous forme de petits grains brillants et opalins.
3° Corpuscules de Krause. — Nous n’insisterons pas sur la description de ces petits organes dont le mode d’examen est le même que celui adopté pour les corpuscules de Meissner et dePacini.
g. Des lymphatiques. — On emploiera les procédés indiqués aux méthodes générales. On pourra se servir avantageusement de bleu de Prusse soluble, et procéder par piqûre de la peau.
h. Des glandes. — Les glandes sudoripares se voient facilement sur des coupes verticales de peau, surtout àda pulpe des doigts. Mais de la sorte, il est rare qu’on puisse suivre le trajet complet du tube excréteur depuis le peloton glandulaire jusqu’à l’épiderme. Pour arriver à ce résultat, on dilacérera avec les aiguilles et sous le microscope, muni d’un objectif faible, des fragments de derme macéré pendant plusieurs mois dans une solution faible de bichromate. Avec un peu d’adresse et de patience, on arrive de la sorte à isoler complètement une glande.
Pour en voir lous les détails, on la traitera par le picro-carminate, qui fera ressortir les noyaux de son épithélium qu’on pourra également étudier avec fruit
Fig. 87. — Coupe de la peau de l’aisselle. — a, Glande sudorifère; 6, glomérule de glandes cérumineuses ; c, coupe d’une glande cérumineuso pour montrer les couches de la paroi.
en employant la méthode d’imprégnation par le nitrate d’argent.
Un procédé qui pourra réussir, est le suivant : Nous
DE LA 1>EAU
(isolons la collatérale d’un doigt aussi Irais que possible et, après y avoir adapté une canule de verre ou mieux d’argent, nous poussons d’abord une injection d’eau distillée, destinée à laver les vaisseaux, après quoi nous substituons une solution de nitrate d’argent au 300“, que nous faisons pénétrer avec force, de façon à amener un œdème de l’organe. Cette opération, que l’on doit faire dans l’obscurité, étant terminée, on laisse reposer l’organe pendant une heure ou deux,
i F*g- 88. — Coupe de la peau montrant les poils et les glandes sébacées. — a, derme avec sa trame élastique; b, couche épithéliale ; c, vésicules adipeuses du panicule adipeux. ; d, glandes sébacées; e, follicules pileux.
afin que le nitrate puisse imprégner l’épithélium glandulaire.
Il reste à faire les coupes. Nous avons, dans ce cas,
' recours à la congélation pour durcir la pièce, et nous ; exposons à la lumière les coupes au fur et à mesure
de leur exécution. 11 va sans dire qu’il faut les recevoir dans l’eau distillée.
On peut les monter dans la glycérine, après les avoir traitées ou non par le picro-carminate ou la solution d’hématoxyline.
Les glandes sébacées se voient de la même façon sur des coupes de peau faites dans les endroits couverts de poils. Les réactifs à employer sont les mêmes. On devra, pour en bien voir les détails, les traiter par
Fig. 89. — Lymphatiques de la peau de la dernière phalange d’un doigt. — a, épiderme; b, vaisseaux lymphatiques; c, vaisseaux plus profonds, formant de larges réseaux et munis de nombreuses valvules.
l’essence de girolle, pour enlever la graisse qui masquerait sa structure.
On vérifiera également sur des coupes verticales de peau injectée, la manière dont se comportent les vaisseaux.
DE LA PEAU
§ 3. — Ongles.
Les ongles ne sont que des modifications épidermiques, et, de même que l’épiderme, présentait à étudier deux couches distinctes.
La plus superficielle ou couche cornée, est plane dans sa partie la plus rapprochée de la racine, tandis que dans la partie moyenne, elle offre de petites crêtes
Fig. 90. — Coupe transversale de l’ongle. — a, ongle; b, couche cornée de l’épiderme des régions latérales; c, coupe des crêtes du lit de l’ongle. (Cadiat.)
aiguës, séparées par des sillons, et correspondant à des dépressions de la couche profonde.
Cette disposition se voit facilement sur des coupes verticales de l’ongle. Ces coupes ne présentent aucune difficulté. Elles se feront très facilement en maintenant l’organe entre deux plaques de liège, et en se servant du petit appareil de M. Lelong. On pourrait également les obtenir au moyen du microtome ordinaire, mais il faudrait les fixer dans de la paraffine, parce que la moelle de sureau ne les maintiendrait pas suffisamment, et fléchirait au moment où la lame opérerait la i section.
On constatera que les crêtes sont plus longues près des bords de l’ongle. Quant à l’épaisseur générale de la
couche cornée, elle augmente à mesure qu’on s’éloigne de la racine. On aura donc soin de faire des coupes longitudinales pour vérifier ce dernier fait.
La couche profonde ou muqueuse est intimement unie à la précédente, mais s’en distingue complètement par sa structure. Elle est molle, blanchâtre, et composée dans toute son épaisseur de cellules à noyau.
Dans la partie profonde, elle est formée de plusieurs couches de cellules allongées, placées verticalement.
Chez le nègre, cette couche est noirâtre.
On étudiera des coupes verticales faites dans cétte région en les colorant par le picro-carminate ou mieux par l’hématoxyline et on conservera les préparations, soit dans le baume, soit dans la glycérine.
On devra également dissocier les cellules de la couche cornée de l’ongle, afin de les étudier isolées. Pour cela, on coupera des tranches fines que l’on traitera par la soude ou l’acide sulfurique. Le premier de ces réactifs, employé à chaud, jouit de la propriété de les gonfler et de faire apparaître leurs noyaux. On verra que cette couche est formée de lamelles unies entièrement les unes avec les autres et composée de cellules aplaties, polygonales, munies de noyaux.
Une question importante est de montrer les rapports de l'ongle avec le derme sous-unguéal et l’épiderme cutané.
On séparera avec un fort scalpel tout le tissu situé audessus de l’os de la phalange unguéale et on le laissera dessécher à l’air libre. Quand il aura pris la consistance de la cire, on y pratiquera des coupes avec la plus grande facilité. Elles devront passer par la racine et comprendre le derme de la seconde phalange. Elles seront reçues dans de l’eau légèrement acidulée par
DE LA PEAU
l’acide acétique, où elles reprendront leur volume normal, et seront examinées dans la glycérine.
Si l’on opère sur de jeunes entants, on pourra même à la rigueur obtenir des coupes comprenant toute l’épaisseur du doigt.
Enfin les vaisseaux de l’ongle feront l’objet d’une étude spéciale.
On devra les observer sur des coupes verticales de doigts injectés. Les anses vasculaires, très riches et très serrées, sont formées par des capillaires plus nombreux dans la partie moyenne de l’ongle que vers sa racine.
On prendra surtout une bonne idée de la richesse en vaisseaux de cette région , . en examinant le lit de l’ongle sur un doigt macéré quelque temps dans l’alcool. L’ongle s’enlève avec la plus grande facilité, et en pratiquant une coupe tangentielle, on peut voir à plat la disposition des vaisseaux qui forment des sinuosités compliquées.
Quant au derme unguéal, il présente la même structure que celui de la peau, seulement la graisse manque presque totalement et les fibres élastiques sont plus abondantes, ce qui lui donne une grande densité.
§ 4. — Des poils.
Les poils se rencontrent à peu près sur toute la surface du corps de l’homme, mais varient beaucoup selon les régions où on les examine. On peut les partager en trois classes selon leur longueur et leur force : 1° la barbe, les cheveux ; 2° les poils courts et raides que l’on trouve à l’entrée des fosses nasales et du conduit auditif externe, les cils, les sourcils; 3° les poils follets que l’on rencontre presque partout.
Quel que soit l’endroit où on les examine, ils présentent toujours une partie libre ou tige, et une portion
Fig. 91. — Coupe longitudinale’d'un follitule pileux. — a, couche de Malpighi (partie profonde) formant la gaine externe de la racine et se continuant à la surface de la papille, pour former la couclle médullaire du poil; b, 2° couche de la gaine externe de la racine; c, gaine externe de la racine; cl, couche fibroïde du poil; e, couche médullaire ou moelle; f, la papille du poil; g, vaisseaux sanguins allant se ramifier dans la papille du poil ; h, couche fibreuse vasculaire. (Cadiat.)
couches : 1° une couche épidermique; 2° une couche corticale ; 3° une couche médullaire.
cachée dans le derme, plus ou moins renflée, la racine.
Rien n’est plus facile que d’observer un poil. 11 suffit de l’arracher brusquement et de l’examiner dans l’eau ou dans la glycérine.
poil. — On trouve en général trois
Structure du
DE LA PEAU
Les rapports de ces diverses parties ne peuvent se vérifier que sur des coupes transv ersales.
Ces préparations sont fort difficiles à obtenir par les moyens indiqués dans les auteurs. La plupart du temps, les coupes ne sont pas faites perpendiculairement à la direction du poil, et sa forme au lieu d’être ronde, est alors ovalaire.
Nous avons eu, dans ces derniers temps, l’occasion d’étudier la collection de cheveux de la Société d’anthropologie que notre regretté maître Broca avait bien voulu mettre à notre disposition, et nous avons dû imaginer un procédé de section qui nous permît d’obtenir des préparations indiscutables.
Supposons qu’on veuille pratiquer des coupes transversales de cheveux. On prend une plaque de verre et on dépose à l’une de ses extrémités une goutte de cire à cacheter, puis saisissant le cheveu dont on veut faire la coupe, on le fixe sur la cire en le faisant pénétrer au moyen d’une tige de fer ou d’une aiguille qu’on chauffe à la lampe.
On fait de même pour un second et un troisième, qu’on fixe les uns à côté des autres.
On prend ensuite un morceau de diachylon de la largeur de la plaque de verre et on l’applique à son extrémité opposée. L’adhérence a lieu facilement en appuyant avec la pulpe du doigt. On y dépose également une goutte de cire à cacheter, et reprenant chaque cheveu un à un, on le fixe avec la tige chauffée, par son autre extrémité, de façon à le faire adhérer à la bandelette de diachylon.
Chaque cheveu est disposé à côté de son voisin de façon qu’ils soient tous bien parallèles. Ils sont alors placés de la même façon que les cordes d’un violon.
11 s’agit de les fixer dans un milieu suffisamment
solide pour les maintenir tels qu’ils sont placés et de façon qu’ils ne puissent revenir sur eux-mêmes et devenir onduleux.
Pour arriver à ce résultat, nous avons essayé beaucoup de substances, mais aucune ne vaut le collodion.
Voici comment on opère : les cheveux étant disposés de la façon décrite ci-dessus, on verse une couche de collodion entre les deux points où l’on a déposé les gouttes de cire. L’éther ne tarde pas à s’évaporer et il reste sur le verre une couche plus ou moins épaisse contenant les cheveux dans son épaisseur.
11 arrive quelquefois à ce moment que les cheveux se détendent et deviennent flexueux. C’est alors qu’on détache le diachylon et le soulevant légèrement, on le fixe un peu plus loin en tirant sur les cheveux et en les tendant doucement.
On verse une nouvelle couche de collodion et on continue à opérer de la sorte jusqu’à ce qu’on ait une membrane d’un millimètre environ d’épaisseur.
On comprend que les cheveux seront ainsi disposés d’une manière tellement fixe qu’ils ne pourront aucunement bouger, quelle que soit la manœuvre imprimée à la couche de collodion.
On la laisse bien sécher et on procède à la coupe de la façon suivante :
Bien qu’on puisse à la rigueur se servir du microtome habituel, nous préférons de beaucoup cependant l’instrument de Lelong, qui permet de maintenir plus solidement l’objet à sectionner.
On coupe dans la plaque de collodion contenant les cheveux un petit carré de un centimètre environ et on l’enferme entre une petite planchette de bois tendre et une plaque de moelle de sureau ; puis on fixe le tout entre les mors de la pince de façon que
DE LA PEAU
le système dépasse un peu le bord du plan incliné, mais soit maintenu bien fixe et bien immobile.
On opère alors pour faire la coupe, comme s’il s’agissait d’un objet ordinaire, et l’on comprend facilement que le rasoir qui appuie contre la plaque de bois, ne peut manquer de couper nets les cheveux puisqu’ils ne peuvent bouger ni dans un sens ni dans l’autre, maintenus qu’ils sont par le collodion qui les entoure rigoureusement.
On est sûr de la sorte d’avoir des sections absolument perpendiculaires au grand axe du cheveu.
On obtient par les coupes de petites lamelles de collodion renfermant dans leur épaisseur des tranches de cheveux. On les monte alors dans la glycérine ou mieux dans le baume de Canada, mais dans ce dernier cas, il faut éviter de les mouiller avec de l’essence de girofle, qui dissoudrait le collodion et permettrait aux coupes devenues libres de se déplacer et de perdre leur position horizontale.
On a préconisé d’enfermer les cheveux dans de la gutta-percha. Ce procédé peut suffire à la rigueur, mais les sections obtenues sont loin d’être aussi régulières et aussi belles qu’avec le collodion.
Nous ne parlerons pas des autres méthodes, telles que d’enfermer les cheveux entre deux cartes à jouer ou dans de la paraffine. Elles ne donnent que des résultats incomplets.
Grâce à notre procédé, nous avons pu démontrer de la façon la plus nette la torsion des cheveux chez le nègre. En eft'et, les cheveux étant fixés dans le collodion, nous collons sur la plaque un petit morceau de liège taillé en triangle rectangle, et nous faisons les coupes en sectionnant conjointement le liège et le collodion. On comprend qu’il est possible ainsi
de les orienter toutes dans le sens où elles se trouvent primitivement. On observe d’abord le grand axe d’une première coupe et un peu après à une certaine distance on en rencontre une dont la direction est exactement perpendiculaire à la première, ce qui démontre la torsion.
Nous avons pu, d’après l’examen d’un grand nombre de coupes, constater combien les formes varient avec les diverses races et peut-être serait-il possible, d’après l’examen des divers diamètres, qu’on peut ainsi mesurer avec la plus grande exactitude, d’établir une classification spéciale.
Étudions les diverses couches qui composent le poil :
1° Couche épidermique. — Lorsqu’on traite un poil par une solution de soude à chaud, on en sépare une pellicule transparente, excessivement fine, qui est l’épiderme et qui, avant l’action du réactif, adhère intimement à la couche profonde. Elle est quelquefois visible sans l’intervention de réactifs et se montre sous la forme de lignes onduleuses à la surface du poil.
Cette pellicule se divise alors en ses éléments constituants qui sont de petites lamelles plates, transparentes, à bords pâles, quadrilatères ou rectangulaires, dépourvues de noyau.
Elles ne se gonflent pas par les réactifs. Elles forment une membrane dont les éléments sont unis comme les tuiles d’un toit.
L’acide sulfurique permet d’obtenir par le raclage d’excellents résultats.
On remarquera que les cellules, â mesure qu’on approche du bulbe, deviennent de plus en plus accessibles à l’action de l'acide acétique.
DE LA PEAU
2° Couche corticale. — Lorsque le poil a été traité chaud par l'acide sulfurique concentré, on peuL arriver à dissocier la couche corticale.
On obtient de la sorte de larges lambeaux, com-
Eig. 92. — Poil de la barbe :
a, épiderme; b, couche formée de cellules épithéliales; c, moelle du poil. (Cadiat.)
Fiir. 93. — Cellules épithéliales de la couche fibroïde ou écorce du poil. (Cadiat.)
posés de cellules plates, oblongues, unies les unes aux autres, et munies de noyaux allongés qu’on peut isoler par la soude à chaud.
Cette couche présente encore à étudier des taches constituées par des amas de pigments réfractaires à l’action des alcalis, et de petits espaces remplis d’air.
Les cellules corticales telles que nous venons de les décrire n’existent que dans la partie libre du poil, mais
TECUNIQUE MICROSCOPIQUE.
à mesure qu’on avance vers la racine, elles changent d’aspect et deviennent plus molles. Elles sont plus larges et les noyaux sont plus visibles. Ils apparaissent facilement sous l’action de l’acide acétique.
A mesure qu’on descend et qu’on se rapproche du bulbe, les cellules deviennent de plus en plus petites et elles finissent par devenir complètement polygonales, en se chargeant de granulations pigmentaires.
3° Substance médullaire. — Elle manque quelquefois.
Quand on fait bouillir un cheveu blanc dans la soude, on peut, lorsqu’il est ramolli et en le comprimant légèrement, faire mouvoir les éléments qui sont dans le canal. On reconnaît de la sorte leur nature cellulaire.
Ce sont de petites cellules rectangulaires, quelquefois arrondies, contenant un noyau et quelques granulations graisseuses.
Nous allons voir maintenant comment le poil se comporte avec le derme dans lequel il est implanté.
11 est nécessaire pour cela de faire des coupes tangentielles à la surface des parties qui les supportent.
On observera ainsi qu’ils sont contenus dans des cavités ou follicules présentant de dehors en dedans la structure suivante :
1° Une couche fibreuse externe à fibres longitudinales, avec corpuscules de tissu conjonctif et capillaires.
2° Une couche fibreuse interne, riche en capillaires, avec noyaux de tissu conjonctif transversaux, sans fibres élastiques.
3° Une couche hyaline amorphe.
DE LA PEAU
4° Enfin la papille du poil, correspondant aux papilles du derme, de forme ovoïde ou conique est fort riche en vaisseaux sanguins.
On étudiera avec avantage ces détails sur certaines régions injectées de la peau des animaux où les poils sont volumineux, comme les poils de la lèvre supérieure du chat.
Enfin la racine du poil présente également une gaine formée de deux couches : l’une tapissant la face interne du follicule et dépendant de la couche de Malpighi, l’autre présentant de belles cellules polygonales et appartenant au bulbe du poil.
Ces divers détails se montrent facilement sur des coupes tangentielles. On colorera les cellules avec le picro-carminate ou l’hématoxyline. Enfin les pièces pourront être injectées avec le bleu de Prusse soluble, ce qui permettra de trailer en même temps par le carmin les éléments cellulaires.