‹ Manuel de technique microscopique, ou, Guide pratique pour l'étude et le maniement du microscopeChapitre 33 sur 48 · IMiarynx · texte numérisé non relu

IMiarynx

le picro-carminate et qu’on étudiera dans la glycérine. On constatera ainsi qu’il est formé de trois couches :

Fig. 102. — a, tissu de l’amygdale; b, tissu réticulé de la muqueuse; c, épithélium pavimenteux.

une couche musculaire, une couche fibreuse, à fibres élastiques plus fortes que dans la muqueuse buccale et qu’on apercevra facilement en faisant agir l’acide

Fig. 103. — Follicules clos de l’arrière-cavité des fosses nasales injectées. — a, follicules; b, épithélium prismatique de la muqueuse. (Cadiat.)

acétique, et une couche muqueuse, la plus importante, qui contient une foule de glandes dans son épaisseur. Ces glandes sont de deux sortes : les unes, en grappe*

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occupent la portion supérieure du pharynx où elles forment une couche continue, diminuant à mesure qu’on descend vers l’œsophage.

Les autres, folliculeuses, occupent la voûte et sont simples ou composées, comme les amygdales.

Pour bien se rendre compte de la distribution de ces diverses glandes, on pratiquera des coupes assez épaisses, qu’on colorera par l’hématoxyline et qu’on éclaircira par l’essence de girofle. 11 sera préférable dans ce cas, et nous recommandons la chose d’une façon générale pour tous les tissus épithéliaux, de faire durcir les pièces dans l’alcool absolu. On obtient également de belles coupes en opérant sur des pièces congelées.

Le pharynx est recouvert d’une couche épithéliale bien différente, suivant qu’on l’examine dans sa partie supérieure ou dans sa partie inférieure. Dans la permière, on trouve des cellules vibratiles à la face postérieure de la luette et du voile du palais, au pourtour de l’orifice de la trompe d’Eustache et à la voûte du pharynx. Dans la partie inférieure au contraire, il n’y a que de l’épithélium pavimenteux analogue à celui de la cavité buccale.

On observera facilement les cellules vibratiles en raclant avec un scalpel la paroi pharyngienne d’une grenouille et en recevant les parcelles enlevées dans une goutte d'humeur aqueuse. Le mouvement persistera longtemps si l’on a pris soin de clore la préparation avec de la paraffine.

On trouve enfin dans le pharynx des vaisseaux nombreux, formant un réseau à mailles allongées, et donnant naissance à des anses capillaires dans certains points de la partie inférieure, où existent quelques élevuresde la paroi, en forme de papilles rudimentaires.

Les nerfs sont aussi très nombreux et disposés en plexus. On pourra suivre leur trajet sur des pièces éclaircies par l’acide acétique ou traitées par l’acide osmique.

§ 4. — (Egopliag«*.

Pour étudier cet organe, on choisira des pièces aussi fraîches que possible et on les fera durcir par le procédé déjà si souvent décrit (alcool, gomme picriquée et alcool).

Des coupes perpendiculaires à la surface permettront de vérifier les détails dans lesquels nous allons entrer.

Il sera bon d’étudier concurremment des pièces prises sur des animaux aussitôt après la mort et dans lesquelles les altérations cadavériques n’ont pas eu le temps de se produire.

On fera également macérer quelques lambeaux dans l’alcool au 1/3 pour isoler les cellules de l’épithélium.

Enfin, les coupes colorées au picro-carminate ou à l’hématoxyline, seront observées et montées dans la glycérine. Elles devront être suffisamment minces.

L’œsophage présente à étudier, en allant de l’intérieur à l’extérieur :

1° Une couche épithéliale ; 2° une couche glandulaire; 3° deux couches musculaires, l’une longitudinale, l’autre circulaire; 4° enfin une tunique fibreuse.

La couche épithéliale est formée de cellules pavimenteuses, semblables à celles que l’on observe dans la cavité buccale.

La couche glandulaire assez épaisse, présente des papilles coniques. Le derme est formé de tissu con-

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jonctif entremêlé de fibres élastiques fines et de libres musculaires lisses, avec quelques cellules adipeuses

Fig. 104. — Muqueuse de l’œsophage au niveau de sa jonction avec la muqueuse de l’estomac. — A, œsophage; B, estomac; a, glandes sous-muqueuses de l’œsophage; 6, glandes intramuqueuses de l’estomac; c, fibres musculaires de la muqueuse intestinale, se continuant dans la muqueuse de l’œsophage.

Les fibres lisses sont facilement isolées, quand on fait macérer un fragment d’œsophage dans une solution d’acide azotique au 5e. Les glandes observées dans cette couche appartiennent à la classe des glandes en grappe. Elles sont plus nombreuses sur le tiers inférieur de l’œsophage.

On peut les observer facilement sur des coupes verticales.

La couche musculaire est striée dans le tiers supérieur de l’œsophage jusqu’à son entrée dans le thorax. Les faisceaux sont quelquefois anastomosés entre eux. Plus has, il y a un mélange de fibres striées et de fibres lisses et ces dernières augmentent à mesure qu’on avance vers l’estomac.

Quant à la couche fibreuse, elle contient un grand nombre de belles fibres élastiques.

Enfin, l’œsophage présente un grand nombre de vaisseaux qu’on devra étudier sur des pièces injectées. Ils forment un réseau lâche au-dessous de la couche glandulaire et envoient des anses simples qui pénètrent dans les papilles.

Des coupes verticales en donneront une idée très exacte, surtout si l’on prend soin de ne pas les faire trop minces.

On peut constater également la présence d’un certain nombre de nerfs à tubes minces, dont on ignore la terminaison.

Pour leur élude, on usera de la solution d’acide osmique à 1 pour 100. Il sera bon de les rechercher d’abord sur la muqueuse delà grenouille.

§ 5 . Estomac.

L’estomac comprend quatre couches : 1° une couche muqueuse contenant des glandes, des vaisseaux et des nerfs; 2° une couche celluleuse; 3° une couche musculaire ; 4° une couche séreuse.

Les procédés de durcissement pour étudier la muqueuse stomacale sont les mêmes que ceux employés pour l’œsophage. Ce sont eux également dont on devra se servir pour les autres départements du tube digestif. Nous n’y reviendrons donc plus pour ne pas nous répéter indéfiniment. Les pièces une fois durcies sont conservées dans l’alcool absolu. On n’oubliera pas qu’elles doivent avoir séjourné dans la solution de gomme picriquée un temps suffisant pour tomber au fond du vase, résultat qui indique qu’elles sont entièrement imprégnées de gomme.

Étudions les diverses couches :

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1° Couche muqueuse. — On devra opérer sur des sujets aussi frais que possible, l’épithélium s’altérant avec la plus grande facilité. L’hiver sera donc la saison dans laquelle ces recherches donneront les meilleurs résultats. Cette couche présente des plis et des sillons que l’on mettra en évidence sur des coupes verticales, et des orifices glandulaires nombreux que l’on verra avec la plus grande netleLé en pratiquant des coupes tangentielles à la surface.

Entrons à ce sujet dans quelques détails de technique, sur la manière d’exécuter ces préparations.

On commence par tailler un petit cube dans un bouchon de liège bien homogène, puis avec des ciseaux, on coupe dans un morceau de muqueuse stomacale durcie, une bande large de un demi-centimètre et cinq ou six fois plus longue.

Cela fait, on la courbe sur le cube de liège de façon à recouvrir la face supérieure et on fixe chaque portion, rabattue sur les faces latérales, au moyen de petites épingles fines, connues en entomologie sous le nom de « camions ».• On conçoit que si l’on assujettit ensuite la pièce ainsi disposée, dans la cavité du microtome, on pourra en la soulevant avec précaution, enlever successivement plusieurs tranches parallèles.

On constatera que les orifices glandulaires sont très nombreux et de forme arrondie. Une coupe bien réussie aura l’apparence d’un crible.

La couche épithéliale sera étudiée en raclant des fragments de muqueuse macérée dans l’alcool au tiers et sur d’autres pièces prises sur l’animal aussitôt tué et qu’on fixera immédiatement, par immersion dans l’alcool absolu.

Cet épithélium est formé de cellules cylindriques

LATTEUX, 2e ÉDITION. J 7

ou coniques juxtaposées, renfermant un noyau très apparent, arrondi ou ovoïde. On les colorera par le picro-carminale.

On pourra également nitrater la muqueuse stoma-

Fig. 105. — Muqueuse de la région cardiaque de l’estomac, glandes à pepsine. — a, orifices des glandes tapissés d’un épithélium cylindrique; 6, petit épithélium des culs-de-sac; c, grosses cellules foncées ; d, libres musculaires fines montant entre les glandes.

cale, en prenant les précautions de lavage sur lesquelles nous avons déjà si souvent insisté.

Au-dessous de l’épithélium, on trouve la couche

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glandulaire, proprement dite, composée de deux sortes de glandes :

Les premières, dites glandes à pepsine, sont les plus nombreuses. On les reconnaît à leurs cellules arrondies. Elles ont la forme d’utricules simples ou composées. On les aperçoit facilement sur des coupes verticales. Elles recouvrent, selon Sappey, toute la région splénique, toute la partie moyenne du viscère,

Fig. 10G. — Glandes de la région torique de l’estomac, dites à mucus, chez l’homme. (Cadiat.)

ses deux courbuies et s'avancent jusqu’au voisinage du pylore.

Les secondes, ou glandes muqueuses, se rencontrent dans la région pylorique, tapissent le cul-de-sac de la

petite tubérosité, mais ne s’avancent pas au delà de 4 à 5 centimètres.

Chaque glande d’ailleurs présente une membrane propre et est unie à la voisine au moyen de tissu conjonctif, dans lequel rampent un grand nombre de vaisseaux.

Enfin au-dessous de la couche des glandes, existe une couche musculeuse, dite couche musculeuse de la membrane muqueuse et qui est formée de fibres entrelacées de tissu conjonctif ordinaire et de fibres lisses. Ces dernières pénètrenL quelquefois entre les glandes.

2° Couche celluleuse. — Elle est formée de fibres de tissu conjonctif, disposé en faisceaux entrecroisés en tous sens. On y observe de nombreuses fibres élastiques et dans son épaisseur rampent un grand nombre de vaisseaux.

Les fibres élastiques sont très apparentes après l’action de l’acide acétique ou de l’acide picrique.

Quant aux vaisseaux, ils seront observés sur des coupes verticales de pièces injectées, où ils forment d’admirables préparations.

11 sera bon d’injecter de préférence avec le bleu de Prusse, qui permettra de traiter ensuite les pièces par le picro-carminale.

On trouve aussi quelquefois dans cette couche quelques vésicules adipeuses et des nerfs qui se rendent dans la couche glandulaire.

3° Couche musculaire . — Elle est formée de trois plans de fibres lisses qu’on reconnaîtra facilement aux caractères indiqués plus haut.

Les coupes devront porter sur divers points de la paroi, l’épaisseur variant selon les régions.

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Pour étudier la disposition des vaisseaux de cette couche, on la fera macérer dans de l’eau légèrement acidulée avec l’acide acétique, un fragment d’estomac injecté, et après quelques heures, il sera suffisamment gonflé pour qu’il soit possible avec des pinces, d’arracher quelques lambeaux de muscles lisses avec leurs vaisseaux.

Ces pièces devront être éclaircies par l’essence de girofle, et seront montées au baume de Canada.

Dans le cas où l’on voudrait isoler complètement les fibres lisses, on emploierait comme agent de macération l’acide nitrique au 5e.

4° Couche séreuse ou péritonéale. — Elle est formée de fibres conjonctives et élastiques, enchevêtrées en tous sens, de façon à former des faisceaux plus ou moins réguliers, et tapissée d’une couche de cellules épithéliales pavimenteuses, qu’on mettra facilement en évidence, en nilratant une pièce suffisamment fraîche.

§ G. — Intestin grêle et gros intestin.

A. Intestin grêle. — Il présente les mêmes couches que l’estomac, mais avec des différences considérables de structure.

1° La tunique séreuse n’offre pas de particularité spéciale.

2° La tunique musculaire ne se compose plus que de deux couches de fibres, l’une externe ou longitudinale, l’autre interne plus épaisse et circulaire.

Les vaisseaux sont les mêmes que dans la couche correspondante de l’estomac.

Quant aux nerfs, ils présentent une importance

toute spéciale, et nous donnerons en détail les procédés employés pour les étudier.

Comme disposition, ils forment un vaste plexus étendu entre les deux couches de fibres, et renferment de nombreux ganglions microscopiques. C’est Auerbach qui le premier en a donné une bonne description.

Depuis cet observateur, plusieurs travaux importants ont paru sur ce sujet et entr’autres, un mémoire très intéressant du Dr Hénocque, relatif à la distribution et à la terminaison des nerfs dans les fibres lisses.

Nous allons l’analyser brièvement au point de vue des procédés techniques, qu’on pourra d’ailleurs étendre à tous les organes qui contiennent ces éléments.

L’auteur conseille d’abord de ne se servir que d’organes très frais. On ne doit autant que possible employer que des organes pris sur l’animal qu’on vient de sacrifier. Cependant les autopsies pendant l’hiver donneront des matériaux qui, faute de mieux, pourront être utilisés.

Il sera bon de commencer par des recherches d’histologie comparée. Ce n’est que lorsqu’on sera familiarisé avec les procédés de technique, qu’on pourra faire les mêmes recherches chez l’homme. Certains animaux, le cobaye entr’autres, par suite du peu d’épaisseur des organes, rendent les investigations plus faciles.

Parmi les réactifs conseillés par le Dr Hénocque, nous mentionnerons : l’acide pyroligneux, le chlorure d’or et l’acide osmique.

L’acide pyroligneux est un excellent réactif qu’on emploie de la manière suivante :

« On laisse macérer, dit l’auteur, pendant quelques

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heures (de 4 à 6, suivant l’épaisseur) les parties plus fines destinées aux préparations dans un mélange

Fig. 107. — Ganglions et faisceaux du plexus d’Auerbach, de l’intestin grêle du chien, traités par le chlorure d'or. Les fibres fines qui partent des ganglions et des faisceaux anastomotiques occupent les espaces situés entre les faisceaux musculaires. (Cadiat.)

1 de glycérine (deux parties) et d’acide pyroligneux (une partie). C’est dans ce liquide qu’on examine les i préparations, lesquelles s’éclaircissent de plus en plus,

en les laissant macérer. Le chlorure d’or est le réactif le plus souvent employé. On se sert de solutions ' au 500" ou au 200e ; on peut encore y substituer le ■

Fig. 108. — Plexus de Meissner. — a, ganglions ; b, faisceaux anastomotiques ; c, artère; d, fibre vaso-motrice accompagnant l’artère.

chlorure double d’or et de potassium qui donne des résultats plus constants, et dont l’action est plus régulière.

On prend un fragment du tissu à étudier et on le plonge dans la solution aurique, pendant une ou deux

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heures jusqu’à ce que les tissus aient pris une teinte jaune pâle. La pièce est alors retirée et plongée dans de l’eau distillée, légèrement acidulée avec l’acide acétique, où on la laisse jusqu’à ce qu’il se produise, par réduction du sel d’or, une coloration violette plus ou moins intense. Le temps varie de deux à trois jours. »

Le Dr Hénocque a simplifié l’opération de la manière suivante : ayant remarqué que la chaleur active la durée de la réduction, il fait chauffer les préparations qui ont macéré pendant 12 à 24 heures dans l’eau distillée acidulée. Pour cela, il se sert de petits flacons bouchés à l’émeri, et remplis d’acide tartrique en solution concentrée. Les préparations sont déposées dans le flacon et celui-ci est plongé dans de l’eau à une température voisine de l’ébullition. Au bout d’un temps variable, de 15 à 20 minutes au plus, souvent moins, les préparations ont pris une belle teinte variant du rouge vif au violet foncé; de plus elles sont ramollies et s’étalent, se compriment ou se dissocient avec la plus grande facilité. On arrive par des tâtonnements à saisir le moment le plus propice pour retirer les préparations; en chauffant trop longtemps, on obtient un précipité granuleux et noir, qui met obstacle à l’étude.

Le chlorure d’or colore à la fois les nerfs, les ganglions, les fibrilles nerveuses les plus fines, ainsi que les nodules et points terminaux. Il colore également les fibres musculaires lisses, noyaux et cellules, mais d'une façon bien moins intense.

(Juanl à l’acide osmique, on l’emploie en solution aqueuse aux quatre centièmes. On fait macérer les préparations pendant douze à vingt-quatre heures. Il coloreles fibres lisses en brun clair, et en fait apparaître les noyaux. 11 colore les ganglions et les nerfs, montre

très bien les cylindres d’axe, mais il donne aux éléments nerveux un aspect variqueux jaunâtre, qui rend

Fig. 109. — Nerfs et ganglions de la couche musculaire de l'intestin de l’homme. — a, ganglions nerveux ; b, faisceaux de tubes nerveux ; c, couche de fibres musculaires transversales ; d , couche de fibres horizontales. (Cadiat.)

plus difficile leur distinction d’avec les fibres élastiques.

Malgré ces inconvénients, l’acide osmique donne avec quelques tâtonnements, d’excellents résultats.

Pour rechercher les ramifications nerveuses, on se servira des objectifs 3 et 5 de Nachet, et les terminaisons s’observeront avec l’objectif 7 à immersion, qui donne des images d’une grande netteté.

Les pièces une fois traitées par un des réactifs cidessus, il reste à les disséquer, pour en étudier les détails.

Nous conseillerons le procédé suivant : on les étale sur une plaque de liège, préalablement recouverte d’une feuille de papier et on les tend en tous sens au moyen d’épingles. Puis, saisissant un des angles avec une pince, on cherche avec un scalpel à opérer un décollement de la couche musculaire longitudinale, opération généralement facile. Une fois ce résultat obtenu, avec le pinceau et le manche du scalpel, on achève l’isolement, au moyen de tractions légères, l es

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manipulations sont d’ailleurs facilitées par le ramollissement delà pièce au contact de l’acide tartrique. Les lambeaux disséqués sont ensuite mis à digérer

Fig. 110. — Glandes en tubes de la muqueuse intestinale d’un supplicié de vingt-deux ans. — a, glandes avec un épithélium irrégulier, prismatique et granuleux par places, ailleurs vésiculeux et transparent ; b, villosité ; c, couche musculaire sousmuqueuse; d, tissu conjonctif sous-muqueux.

pendant quelque temps dans l’eau distillée, après quoi ils deviennent susceptibles de subir l’action de telle ou telle matière colorante.

Pour les détails de structure et la terminaison, nous renvoyons au mémoire du Dr Hénocque.

TECHNIQUE MICKOSCOPIQUE.

3° La tunique muqueuse est la plus complexe. Elle devra êlre étudiée au moyen de sections verticales et tangenlielles sur des coupes convenablement durcies v par le procédé indiqué plus haut. Ces coupes traitées par le picro-carminate ou l’hématoxyline, seront conservées dans la glycérine ou le baume de Canada.

Cette couche offre à l’observation : a, des villosités; b , des glandes en tube ou glandes de Lierberktihn ; c, des follicules clos et des glandes de Peyer ; d , des glandes en grappe.

a. Villosités. — Pour en prendre une connaissance exacte, il sera bon d’étudier d’abord un intestin injecté, au moyen d’un faible grossissement, le n° 1 de Nachet, par exemple. Elles apparaîtront sous l’aspect de petites élevures flottant à la surface de l’intestin et d’une grande richesse vasculaire. Elles existent depuis l’orifice du pylore sur les valvules commentes et dans les intervalles, jusqu’à la valvule iléo-cæcale. Leur forme varie un peu selon les régions de l’intestin. Elles sont plus longues dans le duodénum.

On étudiera spécialement leur tissu propre, formé d’une substance conjonctive riche en noyaux, qu’on mettra facilement en évidence, en les colorant au picro-carminate. On choisira de préférence des pièces non injectées. Les fibres lisses, qu’on observe également dans leur épaisseur, se reconnaîtront à la forme de leurs noyaux allongés dans le sens du grand axe do la villosité.

Le réseau vasculaire est d’une grande richesse. Les intestins d’animaux injectés donnent de magnifiques préparations. Le bleu de Prusse en injection, permettra de colorer ensuite les pièces avec le picro-carminate.

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Quant au réseau lymphatique, on a rivera assez facilement à l’injecter, en piquant les tissus avec une canule suffisamment fine, et en se servant d’une solution de nilrale d’argent au 300e Les cellules endothéliales. deviendront ainsi très visibles.

Enfin ces villosités sont tapissées d’une couche épithéliale de cellules cylindriques ou coniques, qu’on isolera, après avoir fait macérer un lambeau d'intestin dans l’alcool au 1/3, pendant vingtquatre ou quarantehuit heures. En raclant la surface avec

Fig. lll. — Villosité intestinale dont les vaisseaux sanguins pnt été injectés. — a, a, artères ; c, veines ; b, réseau capillaire ; cl, épithélium prismatique; c, cellules caliciformes.

un scalpel, on pourra enlever des lambeaux, qui permettront de voir l’agencement des éléments, et dont les moindres détails apparaîtront nettement, surtout si l’on fait agir le picro-carminate.

b. Glandes en tube ou glandes de Lieberkühn. — Elles ont la forme de tubes étroits et rectilignes, implantés verticalement dans la muqueuse. On constateraqu’elles sont formées d’une paroi propre, homogène, contenant intérieurement un épithélium plus ou moins sphérique.

Pour observer ces détails, on devra pratiquer dans ■ l’intestin durci des coupes verticales et suffisamment minces, qu’on traitera par le picro-carminate.

Ces glandes sont accompagnées de vaisseaux nombreux, montant verticalement entre chacune d’elles et formant, par anastomoses, des mailles à la surface de l’intestin.

c. Follicules clos et glandes de Peyer. — On les rencontre au bord libre de l’intestin, sous forme de plaques allongées dans le sens du grand axe. Le siège de prédilection est l’iléon, bien qu’on en trouve aussi dans la partie inférieure du jéjunum.

On aura soin de pratiquer des coupes verticales et tangentielles, sur les points de l’intestin qui en contiennent. Ces sections montreront qu’elles sont constituées par une membrane propre, contenant à son intérieur un réticulum délicat, dont les vides sont comblés de cellules lymphoïdes, et si les pièces sont injectées, on apercevra un magnifique réseau vasculaire composé d’anses, s’avançant circulairement de la périphérie au centre, de façon à former une sorte de couronne.

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Sur des coupes verticales, on verra que ces plaques sont recouvertes d’une couche de villosités.

Fig. 112. — Reproduction exacte d’une double injection des vaisseaux sanguins et lymphatiques, sur la muqueuse intestinale du chien. Les vaisseaux lymphatiques, dans certaines villosités, se terminent en cul-de-sac ; les autres forment des anses. — a, artères; b, lymphatique collecteur; c, réseau capillaire sanguin ; cl, lymphatique central ; e, glandes en tube.

cl. Glandes en grappes. — On les trouve dans la première portion du duodénum ; elles sont moins abondantes dans la seconde et disparaissent complètement dans la troisième. Elles ne présentent aucune difficulté d’examen.

Les divers détails de structure de l’intestin grêle se montrent clairement, sur des animaux fraîchement tués. Parmi ceux-ci, le chat et le chien devront être préférés.

B. Gros intestin. — Nous ne décrirons pas, pour ne

Fig. 113. — Follicule clos de l’intestin grêle de l’homme (supplicié de 22 ans) au niveau d’une plaque de Peyer : la plupart des éléments épithéliaux du follicule sont tombés et laissent voir le réticulum. — a, follicule lymphatique; b, couche épithéliale de l’intestin; c, villosités; d, glandes de Lieberkuhn; e, couche musculeuse passant au-dessous du follicule; f, tissu sous-muqueux.

pas nous répéter, les diverses couches de cette portion du tube diges tif.

Les tuniques séreuse, musculaire et celluleuse, sont les mêmes que dans l’intestin grêle et demandent

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pour être étudiées les mêmes procédés de technique.

Seule, la couche muqueuse présente des différences.

. Elle est dépourvue de villosités et couverte d’une couche de cellules cylindriques, qu’on isolera par le procédé indiqué plus haut.

Quant aux glandes, elles consistent en tubes analogues à ceux de l’intestin grêle et en follicules clos solitaires. Les premières présentent un orifice un peu plus évasé.

Quant aux vaisseaux, ils forment à la surface de l’intestin un réseau de mailles autour de chaque orifice glandulaire, et les nerfs affectent une disposition en tout semblable à celle observée dans l’intestin grêle.

■•u foie.

C’est un des organes les plus difficiles à étudier. Il est indispensable d’opérer sur des pièces très fraîches et prises sur l’animal, aussitôL qu’il vient d’êlre sacrifié. Certaines espèces devront être préférées, le porc, par exemple, dont l’organe est formé de lobules distincts et naturellement séparés. Pour les coupes, on opérera de la façon suivante : le foie étant partagé en fragments de un centimètre cube, on les plongera dans l’alcool absolu, qui aura pour objet de fixer les éléments dans leur forme. Après 24 heures de séjour, on les retirera, et on les fera macérer dans un flacon contenant une solution moyennement concentrée de gomme saturée d’acide picrique. Les fragments y séjourneront, jusqu’il ce qu’ils soient suffisamment imbibés pour gagner le fond du flacon. On les retirera alors, on les épongera légèrement et on les fera définitivement

durcir, en les conservant dans l’alcool absolu qu’on aura soin de renouveler au moins une fois. On ne devra commencer les coupes, que lorsque les pièces seront suffisamment durcies, ce qui demande plusieurs jours

On pourrait également durcir le foie dans la solution d’acide chromique, mais les coupes perdraient de leur affinité pour les matières colorantes.

Nous étudierons successivement : 1° l’enveloppe du foie ou capsule de Glisson ; 2° les lobules hépatiques ; 3° les canaux biliaires et la vésicule.

1 0 Enveloppe du foie. — Le foie se trouve entièrement enveloppé d’une membrane de nature conjonctive, dont on démontre facilement l’existence, au moyen de coupes perpendiculaires à la surface; on traite ensuite ces coupes par le picro-carminate.

Cette membrane se ramifie dans toute l’épaisseur de l’organe et se montre colorée en rose sur des sections pratiquées en divers sens.

On remarquera qu’elle accompagne les vaisseaux et les canaux excréteurs et qu’elle sépare entre eux les divers lobules.

Elle est recouverte, à la surface du foie, par le péritoine, dont on pourra démontrer la structure spéciale et dont l’épithélium deviendra facilement visible, après le traitement par le nitrate d’argent au 300e.

2° Lobides du foie. — On constatera d’abord que leur forme est presque arrondie ou légèrement ovoïde. Des coupes, pratiquées en divers sens, montreront facilement ce détail et permettront de juger du nombre considérable d’îlots qui entrent dans la structure de l’organe.

Le lobule est constitué par un amas de cellules et par un enchevêtrement de divers vaisseaux ou canaux Etudions successivement ces divers éléments :

Les cellules hépatiques, groupées les unes h côté des autres, constituent le lobule. Elles sont assez volu -

Fig. 114. — Cellules épithéliales du foie de l’homme h l’état normal. Dans le protoplasma on voit des gouttes de matière colorante biliaire. Gros. 1/580. (Cadiat.)

mineuses, polyédriques. Elles présentent une membrane d’enveloppe et un contenu liquide avec un noyau. On y trouve quelquefois des granulations graisseuses et pigmentaires.

Rien n’est plus facile que de les observer à l’état de liberté. On fait macérer un fragment de foie, pris sur un jeune animal, pendant 24 heures dans l’alcool au tiers, ou dans le sérum iodé et en raclant la surface avec une lame de scalpel, on isole un certain nombre de cellules qui, nageant alors dans le liquide de lapré- )aration, permettent de voir, outre leur forme, tous les détails de leur structure. Si on a soin de faire agir le icro-carminate, les noyaux deviennent alors de la plus (grande netteté.

On pourrait encore les isoler dans une solution légère l’acide chromique.

Quelques réactifs donnent avec les cellules hépaliues des effets caractéristiques : l’acide nitrique les co-

lorc en jaune-verdâtre; le sucre et l’acide sulfurique

Fig. 115. — Lobule du foie du lapin; reproduction exacte d’une pièce dont les vaisseaux sanguins et biliaires ont été injectés. — a , veine sus-hépatique ; b, rameau de la veine porte; c, canal biliaire. — A supposer que chaque maille du réseau biliaire circonscrive une cellule hépatique, on aurait sur cette figure la structure complète du lobule. (Cadiat.)

ANNEXES DE LAI'PAREIL DIGESTIF. v 3 09

) en rouge. L’eau et l’acide acétique les pâlissent. Les I solutions alcalines les dissolvent.

Les cellules bien étudiées, il reste à prendre connaissance des canalicules biliaires. Il sera nécessaire de les I injecter. A la rigueur, on peut, selon certains auteurs, les remplir de matière colorante avec une seringue, mais leur paroi est si délicate, que nous avons peine à croire qu’on puisse réussir à les injecter par un procédé aussi brutal. Nous conseillerons d’employer dans ; ce but l’injecteur que nous avons décrit plus haut el ! d’opérer avec une très faible pression, surtout au début .

; Nous avons réussi avec du bleu de Prusse soluble pur I et sur un foie de lapin, pris sur l’animal tué par déca- I pitation. Si l’on ne réussit pas la première fois, il ne faudra pas se décourager. Comme tous les canaux glan- I dulaires, l’injection des canalicules biliaires est diflicile, et nul ne peut être sûr de réussir au premier essai.

Les pièces injectées sont conservées dans l’alcool légèrement acidulé, pour éviter la décoloration du bleu, et durcies au besoin, d’après les procédés généraux. Sur des sections bien faites, on pourra colorer les pièces par le picro-carminate et voir ainsi nettement les rapports des canalicules biliaires avec les || cellules hépatiques.

Les coupes, faites en divers sens, montreront que les canalicules se divisent et forment un réseau très délicat enveloppant un certain nombre de cellules.

On devra d’abord étudier un foie, dont le système glandulaire seul est injecté. Ce n’est que lorsqu’on aura une bonne idée de la distribution de ces conduits, qu’on devra alors rechercher la distribution des vaisseaux sanguins.

Ceux-ci devront être injectés isolément, ou concurremment avec les canaux biliaires.

On commencera par la veine porte, qui ne possédant pas de valvules peut être facilement injectée, et si le liquide est poussé suffisamment longtemps, on injectera en même temps les veines sus-hépatiques.

Fig. 11G. — Une portion de foie dont les vaisseaux sanguins et biliaires ont été injectés, — a, capillaires sanguins; 6, cellules hépatiques; c, capillaires biliaires circonscrivant une cellule dans chacune de leurs mailles. (Cadiat.)

L’artère hépatique sera ensuite injectée à son tour, et par l’étude de la préparation, on constatera qu’elle est surtout destinée à la nutrition des organes canaliculés, tandis que la veine porte est le vaisseau qui joue dans le foie le rôle le plus important.

Il sera bon d’injecter les deux vaisseaux à la fois : en rouge, l’artère hépatique; en bleu, la veine cave.

Une préparation devra également montrer les canalicules biliaires injectés en bleu et la veine en rouge, avec la gélatine carminée.

3° Canaux excréteurs du fuie et vésicule biliaire \ — Nous venons de parler des canaux biliaires en les considérant dans leur distribution.

Envisageons-les maintenant au point de vue de leur structure : ils sont formés d’une paroi propre, de nature conjonctive, présentant une certaine quantité de noyaux et de fibres élastiques.

Quand les canalicules atteignent, en pénétrant dans l’organe, un vingtième de millimètre environ, la paroi devient homogène et l’épithélium, decylindrique qu’il était dans les parties plus larges, devient dès lors pavimenteux.

De nombreux capillaires s’y distribuent, provenant de l’artère hépatique.

Telle est la structure des conduits excréteurs en général ; dans leur dernier trajet, lorsqu’ils forment les canaux cholédoque, cystique et hépatique, on y trouve en plus, dans la paroi, quelques fibres lisses.

La vésicule biliaire présente une structure plus compliquée. Elle est formée de quatre couches : une externe ou péritonéale; une musculaire à fibres pâles, avec des noyaux peu visibles ; une celluleuse, formée de tissu conjonctif avec fibres élastiques et quelques vésicules adipeuses, et enfin une muqueuse, qui est la plus importante.

Cette dernière, tapissée d’un épithélium cylindrique simple, présente à sa surface des sortes d’aréoles, dans l’épaisseur desquelles, on constate sur des pièces injectées, la présence d’un magnifique réseau vasculaire.

Il va sans dire que pour vérifier ces détails, on pratiquera des coupes sur des pièces convenablement durcies, et que, pour observer les épithéliums, on nitratera par les procédés indiqués, les divers départements des voies biliaires dont nous venons de parler.

11 nous resterait à parler des nerfs du foie, mais leur distribution étant fort mal connue, nous engagerons

seulement les observateurs qui voudraient pousser . leurs recherches de ce côté, à ne pas négliger pour cette étude les solutions de chlorure d’or et d’acide osmique.

Le foie des jeunes animaux et surtout celui du porc devront être choisis pour ces recherches.

Un pancréas.

Cet organe ne présente aucune difficulté d’examen. 11 atfecle la disposition d’une glande en grappe composée, et pour son étude, nous ne pourrons mieux faire que de renvoyer à ce que nous avons dit il l’occasion des glandes salivaires.

On fera durcir l’organe dans l’alcool absolu qui fixera les éléments cellulaires dans leur forme et on pratiquera des coupes aussi minces que possible.

On remarquera que, de même que dans toutes les glandes composées, le pancréas est formé de lobules, présentant une paroi propre, tapissée d’épithélium pavimenteux.

Cet épithélium est souvent infiltré de nombreuses granulations graisseuses qui viennent gêner l’observation. On devra, pour observer les coupes, les traiter de la façon suivante : après les avoir reçues dans l’eau, on fera agir le picro-carminate qui colorera les noyaux del’épithélium. Puis on les deshydratera en les faisant successivement passer dans l’alcool simple et l’alcool absolu ; après quoi, elles seront traitées par l’essence de girofle qui agira d’une façon double, en dissolvant la graisse et en éclaircissant la préparation. L’opération se terminera en montant les pièces au baume de Canada.

On ne négligera pas d’étudier les vaisseaux, qui forment dans cet organe des anses fort élégantes au-

tour de chaque lobule. Pour cela, on devra choisir de petits animaux, chez lesquels d’ailleurs, l’injection se fait avec la plus grande facilité.

Notons enfin, pour terminer, que les conduits excréteurs présentent dans l’épaisseur de leur paroi, quelques glandes en grappe, assez petites, que l’on parviendra à observer en pratiquant dans ces régions ‘des coupes verticales.

De la rate.

Cette glande s’étudiera sur des pièces injectées et non injectées.

Comme le tissu est très mou, on devra, pour arriver è y pratiquer des coupes convenables, s’attacher à obtenir un bon durcissement. Après avoir partagé la rate en petits cubes de un centimètre environ, on les plongera pendant 24 heures dans l’alcool absolu, puis on les transportera pendant le même temps dans une solution épaisse de gomme arabique picriquée. La consistance spongieuse du tissu permettra à la gomme de s’infiltrer, quelle que soit la densité de la solution. Le durcissement s’achèvera ensuite, en laissant les fragments séjourner plus ou moins longtemps dans l’alcool.

L’acide chromique donne également d’assez bons résultats, mais le maniement de ce réactif demande de grandes précautions.

Les coupes faites aussi minces que possible, seront reçues dans l’eau, où on les laissera se dégommer pendant quelques heures. Elles seront traitées par le picro-carminate et conservées dans la glycérine ou le baume de Canada. Ce dernier procédé est excellent. Vu le grand nombre d’éléments cellulaires que contient ce tissu, il contribue beaucoup à éclaircir les

LAITEUX, 2e ÉDITION.

IS

pièces, el à donner ainsi de la netteté aux détails.

La rate présente à étudier : 1° une enveloppe fibreuse et séreuse; 2° un parenchyme; 3° la pulpe splénique; 4° les vaisseaux et les nerfs.

1° Enveloppe fibreuse et séreuse. — Pour en prendre connaissance, on pratiquera des coupes à la surface de l’organe durci. Les sections colorées au picro-carminate et traitées par la glycérine, montreront que cette enveloppe est formée de tissu conjonctif ordinaire assez condensé, avec de nombreux corpuscules et un riche réseau de fibres élastiques. Ces dernières seront surtout visibles, après l’action de l’acide acétique ou de l’acide picrique.

Chez l’homme, on ne rencontre pas de fibres lisses; mais chez beaucoup d’animaux elles sont au contraire plus ou moins abondantes.

La rate est d’ailleurs un organe dont la structure varie selon les espèces animales. Aussi de ce que l’on observera en histologie comparée, ne faudra- t-il pas en conclure dans le môme sens pour l’homme, d’une façon absolue.

2° Parenchyme. — L’étude de cette portion de l’organe demande des procédés particuliers. Le réticulum est tellement fin et délicat qu’il se trouve masqué par les nombreuses cellules que contiennent ses vacuoles.

La première condition, pour arriver à un bon résultat, est de pratiquer des coupes minces sur l’organe frais.

Ce sera le cas de recourir à la congélation, d’après les procédés indiqués plus haut.

On obtiendra ainsi des sections fort minces, qu’on recevra dans de l’eau à la température ambiante, où

elles ne tarderont pas à reprendre leur aspect normal.

Alors, avec un pinceau qu’on passera plus ou moins longtemps sur la pièce, on éliminera tous les éléments

Fig. 117. — Trabécules musculaires de la rate du chat, — a, trabécules ; b, veine. (Cadiat.)

cellulaires remplissant les vacuoles, et on arrivera de la sorte à prendre connaissance de la trame de l’organe.

Si les éléments cellulaires résistaient à l’action du pinceau, on pourrait, pendant vingt-quatre heures, faire macérer les coupes dans l’alcool au tiers, dont l’action aurait pour but de les désagréger.

On constatera ainsi que le parenchyme est formé par du tissu conjonclif à fibres longitudinales, accompagné de fibres élastiques fines.

Chez les animaux, on trouve quelquefois des fibres musculaires fines.

3° Pulpe splénique. — Elle est constituée par une forme de substance conjonctive, dite tissu conjonclif adénoïde, servant de support h un certain nombre d’éléments cellulaires. Les fibres en sont très fines et

enchevêtrées en tous sens. Des coupes en diverses directions, colorées par le picro-carminate, permetteronl d’en prendre une bonne idée.

L’espace compris entre les mailles, est renpli de cellules spéciales et de noyaux libres, dont l’étude exigera les plus forts grossissements. Enfin la pulpe splénique montrera encore un certain nombre de globules sanguins.

Outre les éléments dont nous venons de parler, on trouve encore dans la rate, des corpuscules spéciaux,

Fig. 118. — Glomérule de Malpiglii d’une rate de chat injectée îi 1 la gélatine et au carmin. — a, artère à laquelle est suspendu le glomérule ; b, réseau de la pulpe , c, artère nourricière du glomérule ; d, sinus lymphatique entourant le glomérule. (Cadiat.)

appelés corpuscules de Malpighi. Ce sont des corps blancs, arrondis, en connexion parfaite avec les petites artères.

On devra les rechercher sur des organes très frais, et surtout sur des rates injectées, qui permettront de

mieux voir les rapports avec le système vasculaire.

Comme structure, ces corpuscules présentent une enveloppe de tissu conjonctif et clans l’intérieur, un tin réticulum, contenant dans ses mailles des éléments analogues à ceux de la pulpe splénique.

Des coupes verticales permettront de voir ces détails de structure.

On ne peut mieux comparer leur texture, qu’à celles des corpuscules dePeyer.

4° Vaisseaux et nerfs. — Pour achever l’étude de l’organe qui nous occupe, on devra recourir aux injections. On se souviendra que les vaisseaux sont très délicats et qu’en conséquence une pression trop forte amènerait des ruptures. On se servira donc de l’injecteur, en commençant par une très faible pression. Il sera bon d’injecter en deux couleurs la veine et l’artère.

Les pièces ainsi préparées seront durcies et des coupes y seront pratiquées en divers sens.

Quant aux nerfs, ils ne sont qu’imparfaitement connus et pour les rechercher, on aura recours aux divers procédés dont nous avons déjà plusieurs fois parlé.

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