CHAPITRE III
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Nous étudierons successivement : i°le larynx; 2° trachée ; 3° les poumons, et comme annexes : la glande thyroïde et le thymus.
§ 1. — Larynx.
Cet organe comprend dans sa structure : a, des cartilages et des ligaments ; b , plusieurs muscles spéciaux; c, une muqueuse, très riche en glandes.
a. Cartilages et ligaments. — Ils se rattachent à plusieurs types : les cartilages thyroïde, cricoïde et aryténoïde sont formés d’une substance fondamentale homogène, hyaline, dans laquelle sont disséminées des capsules de cartilage. Ils présentent au dehors, des cellules aplaties, au-dessous desquelles, se voit une couche blanchâtre, formée d’une substance fondamentale fibroïde et de grosses cellules mères très nombreuses. A la partie interne, la substance fondamentale est très abondante et renferme de petites cavités disposées en séries rayonnantes. Dans ces cavités existe souvent une grosse goutte de graisse.
On rencontre dans ces cartilages de véritables ossifications, qu’on étudiera en pratiquant des coupes dans
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ces régions préalablement décalcifiées dans l’acide picrique.
Quant aux cartilages en eux-mêmes, leur examen ne présente aucune difficulté. On fera des sections en divers sens. Il sera bon de les examiner comparativement chez des sujets de différents âges.
L’épiglotte, les cartilages de Santorini et de Wrisberg et le cartilage sésamoïde de Luschka, placé au bord externe du cartilage aryténoïde, sont constitués par du cartilage jaune ou réticulé.
Ces cartilages présentent des fibres foncées, très serrées et comme feutrées, surtout accentuées chez certains animaux, comme le bœuf, par exemple. Au milieu de ces fibres, se rencontrent de grosses capsules de cartilage.
Enfin les ligaments sont formés principalement de tissu élastique, à fibres très fines, mais néanmoins mélangées de fibres conjonctives. Pour l’étude, on se reportera à ce que nous avons dit du cartilage en général.
b. Muscles. — Ils ne présentent rien de particulier. Ce sont des muscles striés, qu’on observera avec la plus grande facilité.
c. Muqueuse du larynx. — Pour étudier sa structure, on la fera durcir et on pratiquera des coupes fines, verticales et tangentielles, qu’on colorera par les réactifs.
On constatera alors, qu’elle est formée d’une couche de tissu conjonctif, riche en fibres élastiques, se confondant, vers la face libre, avec une couche homogène qu’il est impossible d’isoler. Au-dessous d’elle, existe un tissu sous-muqueux lâche et très abondant. Enfin
elle est tapissée par un épithélium pavimenteux, vibratile, à plusieurs couches de cellules, qu’on commence à observer sur la base de l’épiglotte et sur les cordes vocales supérieures, 4 à 7 millimètres au-dessous de l'orifice supérieur du larynx.
Les cellules ont un noyau oblong, avec quelques granulations graisseuses et se terminent en général par une pointe très aiguë.
Ce sera le cas de faire macérer des lambeaux de muqueuse dans l’alcool au tiers. Au bout de vingt-quatre heures, les cellules devenues libres, pourront êLre observées après avoir été traitées, soit par le picrocarminate, soit par le bleu d’aniline.
Les cils vibratiles s’observeront avec la plus grande facilité, sur la grenouille. On devra opérer de la manière suivante. Après avoir recueilli sur une plaque de verre, l’humeur aqueuse de l’œil, aussitôt crevé, on racle la région de l’épiglotte avec la lame d’un scalpel, et les détritus que l’on obtient ainsi, y sont plongés immédiatement. On recouvre d’une lamelle, et l’on a soin de l’entourer d’une bordure de paraffine, pour empêcher l’évaporation du liquide.
En observant avec un grossissement suffisamment fort (obj. o de Nachet, par exemple), on peut suivre pendant plusieurs heures le mouvement des cils. La même expérience pourrait se faire sur les animaux à sang chaud, mais il serait alors nécessaire de recourir b une platine chauffée.
Au-dessous de la couche des cils vibratiles, les cellules n’ont plus la même forme et sont arrondies ou légèrement ovoïdes.
Enfin, la muqueuse contient dans son épaisseur, un certain nombre de petites glandes en grappe, dont les vésicules glandulaires sont tapissées d’un épithélium
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pavimenteux, et les conduits excréteurs, d’un' épithélium cylindrique.
Leur siège est le suivant : on les rencontre à la face postérieure de l’épiglotte, où elles forment des amas quelquefois de 1 millimètre de diamètre ; à l’entrée du larynx, au devant des cartilages aryténoïdes, formant une espèces d’L, dont une des branches est horizontale et enveloppe le cartilage de Wrisberg, souvent très atrophié, et dont l’autre est verticale, et s’enfonce dans la cavité du larynx; sur le muscle aryténoïdien transverse.
Les coupes devront avoir une certaine épaisseur. On pourra user avec avantage de la solution d’hématoxyîine, et monter les pièces, pour les éclaircir, dans le baume de Canada.
Ajoutons enfin que le larynx présente un très riche réseau vasculaire, qu’on devra étudier sur des pièces convenablement injectées.
§ 2. — Trachée.
Elle présente une couche externe, formée d’un tissu conjonctif mélangé de fibres élastiques. Les anneaux cartilagineux, qui forment une deuxième couche, sont analogues comme structure, aux cartilages du larynx, et sont maintenus dans leurs rapports par un tissu fibro-élastique serré. Les cellules externes sont plates, et les plus internes ovoïdes ou allongées.
On remarquera que les muscles qu’on observe latéralement, sont formés de fibres lisses.
Enfin la muqueuse qui vient ensuite, présente une structure plus compliquée : elle est formée d’une couche externe de tissu conjonctif et d’une couche interne, jaune, élastique, à fibres larges, dirigées longitudinalement et anastomosées pour former des
réseaux. Celte partie devra être étudiée après l’action de la potasse en solution à 35 %, qui permettra d’isoler l’élément élastique.
Fig. 119. — Muqueuse de la trachée. — a, épithélium prismatique à cils vibratiles ; b, couche hyaline ; c, trame élastique de la muqueuse; d, glandes incluses dans le tissu conjonctif sousmuqueux; e, cartilage.
Puis on trouve à la face inlerne, un épithélium vibratile, entièrement semblable à celui du larynx.
Notons ensuite quelques glandes, les unes dans l’épaisseur de la muqueuse au-dessous de la couche élastique, les autres plus grosses sur la paroi postérieure, en dehors des muscles et de la muqueuse, ou entre les cartilages.
Elles se montreront assez facilement sur des coupes verticales moyennement minces.
Quant aux vaisseaux, on étudiera leur disposition sur des pièces injectées. Ils forment des mailles régulières à la surface de la muqueuse, et les gros vaisseaux se dirigent dans le sens de la longueur de l’organe.
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§ 3. — Poumons.
De môme que pour la rate et autres organes à texture molle et délicate, nous conseillerons d’user pour le durcissement d’une solution épaisse de gomme arabique.
On pratiquera alors des sections minces en divers sens, sur des pièces injectées ou non.
Fig. 120. — Réseaux capillaires des canalicules respirateurs.
Les injections, qui ne présentent d’ailleurs aucune difficulté, devront être poussées cependant avec modération. Il sera bon de choisir le bleu de Prusse soluble, qui permettra ensuite de colorer certains éléments avec le picro-carminate.
Pour étudier l’épithélium interne, il est nécessaire de faire dans les bronches des injections au nitrate d’argent. On agira de la façon suivante :
On commencera d’abord par introduire dans la trachée une canule munie d’un robinet autour de
Fig. 121. — Cellules épithéliales lamellaires de la paroi propre des canalicules mises en évidence au moyen d’une injection do nitrate d’argent, chez un supplicié de cinquante ans (Cadiat )
laquelle on la fixera solidement. Puis, au moyen d’une bonne seringue, dont on aura eu soiu de vérifier le piston, on aspirera l’air qui se trouve contenu dans l’organe. S’il en reste encore, on répétera l’opération
A ri’AHliü- RESPIRATOIRE.
une seconde l'ois, après avoir eu soin de fermer préalablement le robinet.
Ce résultat obtenu, on injectera ensuite au moyen de l’appareil à pression continue une solution de gélatine, contenant 3 pour 100 de nitrate d’argent.
On conçoit que cette opération aura le double but de dilater et de rendre visibles les extrémités des bronches, tout en faisant apparaître l’épithélium qui les tapisse.
Les pièces injectées ainsi, seront mises à refroidir et seront ensuite conservées dans l’alcool. Elles seront durcies par les procédés ordinaires. La congélation dans ce cas donnera d’excellents résultats.
Nous étudierons dans le poumon : 1° une enveloppe séreuse, la plèvre; 2° un parenchyme spécial, comprenant les ramifications des bronches et leurs terminaisons en vésicules pulmonaires ; 3° des vaisseaux ; 4° un tissu interstitiel unissant les diverses parties.
1° Plèvre. — Son étude se fera de la même façon que pour le péritoine, dont elle a la même structure.
Elle est formée d’un tissu conjonctif, riche en éléments élastiques plus ou moins fins, et tapissée d’un épithélium pavimenleux, qu’on démontrera par la nitratation avec une solution d’azotate d’agent au 300e ou au 500e. Les noyaux pourront être mis au jour, en faisant agir ensuite le picro-carminale.
Les capillaires de la plèvre qu’on observera sur des pièces injectées, forment des mailles larges, bien que les vaisseaux soient très fins.
2° Vaisseaux aériens et vésicules pulmonaires. — Pour étudier les détails qui vont suivre, on devra faire des coupes sur des poumons dont les ramifications
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bronchiques ont été injectées. On verra, alors, que le conduit aérifère se divise, en se dichotomisant à l’inlini, jusqu’au point où les dernières bronches viennent s’ouvrir dans des groupes de vésicules, formant comme une petite outre bosselée, è l’extrémité de chaque rameau. Cette disposition se vérifie assez facilement sur des coupes faites sur des poumons insufflés ou sur des
Fig. 122. — Coupe d’une bronche au voisinage du lobule. — a, trame élastique de la muqueuse; b, couche de fibres lisses; c, tissu conjonctif sous-muqueux; cl, glande sous-muqueuse; e, vaisseaux sanguins; /', noyaux cartilagineux de la paroi bronchique; g, g, nerfs.
poumons dans lesquels on a injecté une masse de cire et qu’on a Lraités ensuite par corrosion.
Nous conseillerons d’étudier surtout les poumons
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d’enfant, où les divers lobules sont encore séparés par du tissu conjonctif et dès lors faciles à isoler.
Voyons maintenant quelle est la structure intime des éléments composant le poumon :
Les bronches, d’une manière générale, présentent la même structure que la trachée; néanmoins, les différences s’accentuent d’autant plus, qu’on les suit plus loin dans leur trajet.
Elles sont généralement formées d’une membrane fibreuse, dans l’épaisseur de laquelle se voient çà et là quelques cartilages, et d’une membrane muqueuse avec fibres musculaires lisses.
La membrane fibreuse, très apparente sur les grosses bronches, disparaît à mesure qu’on pénètre dans le parenchyme pulmonaire, et finit par se confondre presque complètement avec les parois des vésicules.
La membrane muqueuse se modifie également en pénétrant dans l’intérieur de l’organe. Elle s’amincit peu à peu et son épithélium, d’abord vibratile, ne tarde pas à devenir pavimenteux. Les glandes en grappe que l’on trouve dans la trachée, devront être également recherchées sur les grosses bronches, où il est facile de les suivre assez loin.
Nous arrivons enfin aux dernières ramifications bronchiques, qui forment par dilatation les vésicules pulmonaires.
On peut, sur des coupes bien faites, constater qu’elles sont formées d’une membrane fibreuse, dépourvue de fibres lisses, avec de nombreux éléments élastiques, et de nombreux vaisseaux. Ces fibres élastiques formant un canevas très résistant, sur lequel sont tendues les portions de tissu conjonctif plus molles qui portent les vaisseaux.
Pour bien voir ce réseau élastique, on traitera par
l'acide acétique ou la potasse, des sections minces du parenchyme pulmonaire, et on les étudiera dans la glycérine.
Enfin, les vésicules sont tapissées d’un épithélium pavimcnteux simple, qu’on met facilement en évidence, en traitant convenablement le tissu pulmonaire, par la solution de nitrate d’argent.
Nous conseillerons de faire d’abord des recherches sur les animaux. Le poumon delà grenouille montrera de magnifiques cellules. Chez l’homme, l’observation présente de graves difficultés.
.‘1° Vaisseaux. — L’injection ne présente aucune difficulté. Il sera bon de la pousser par l’artère pulmonaire, le poumon étant séparé de l’animal.
On fera ensuite durcir l’organe et des coupes y seront pratiquées en divers sens.
On remarquera que le réseau, qui est fort serré, présente des mailles qui tapissent toute la surface des vésicules.
4° Enfin, les lobules du poumon sont séparés par de très petites quantités de tissu conjonctif, dans l’épaisseur duquel, on rencontre chez üadulte, du pigment noir et de petites granulations.
11 nous reste à étudier deux glandes ayant avec les voies respiratoires, les plus grands rapports : la glande thyroïde et le thymus.
Claude thyroïde.
Les pièces destinées à l’observation seront durcies par les procédés habituels. On devra, autant que possible, n’employer que des pièces fraîches, afin de conserver l’intégrité de l’épithélium.
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On choisira de préférence les glandes des oiseaux ou celles des enfants. Il sera également nécessaire d’étudier la disposition des vaisseaux, sur des pièces convenablement injectées.
Sur une coupe faite à travers l’organe, on remarque que le tissu est formé d’une gangue fibreuse ou stroma,
Fig. 123. — Coupe delà glande thyroïde de l'homme; gross. 1/250. «, petites vésicules closes, tapissées par un épithélium cubique; 6, masses colloïdes dilatant les vésicules ; c, tissu conjonctif rempli de vaisseaux sanguins qui n’ont pas été figurés sur ce dessin. (Cadiat.)
contenant des vésicules glandulaires, formées d’une paroi propre, garnie d’épithélium et contenant un liquide.
Le stroma est formé de fibres conjonctives, entrecroisées en tous sens, avec de nombreuses fibres élastiques fines. Quelques vésicules adipeuses se montrent en certains points.
La membrane propre des vésicules est homogène, mince et transparente, sa surface interne est tapissée
d’une couche épithéliale de cellules polygonales, finement grenues. ,
Ces cellules pourront être étudiées également sur des portions de glande, qu’on nitratera et qu’on examinera dans la glycérine.
Quant au contenu des vésicules, c’est un liquide riche en albumine, contenant quelquefois des granulations en suspension.
La glande thyroïde est fort riche en vaisseaux, qui forment autour de chaque vésicule, un splendide réseau capillaire. Les mailles sont polygonales ou allongées. On devra conserver ces pièces dans le baume de Canada.
Thymus.
Cet organe est une glande, ayant beaucoup d’ana-
Fig. 121. — Thymus de chat dont les Fig. 125. — Éléments du vaisseaux sanguins sont injectés. thymus : n, épithélium; — a, masses glandulaires ; b, ca- b, globes épithéliaux. (Cavités centrales ; c, vaisseaux diat.) sanguins.
logie avec la précédénte. Les procédés d’examen sont les mêmes.
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On pratiquera des coupes en diverses directions, sur des fragments suffisamment durcis et on les colorera par le picro-carminate.
On verra de la sorte que la glande présente une membrane fibreuse d’enveloppe, riche en fibres élastiques, avec quelques vésicules adipeuses et contient dans son épaisseur des vésicules, dont la cavité est sillonnée d’un réticulum très fin, renfermant des cellules et de nombreux vaisseaux.
Cet organe d’une structure fort complexe, n’a pas encore été étudié suffisamment et laisse de nombreux points à élucider.