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COCA

cerveau, semblable à celle prodiiiteparlesalcooliques.

Chez les animaux, la cocaïne produit une première période d'excitation, puis des convulsions éclatent et le collapsus arrive en dernier liea (Beugnier, Corbeau).

D'après Vulpian, la cocaïne abaisse d'abord la pression artérielle par affaiblissement du cœar, ensuite la pression remonte par rétrécissement des artérioles.

Laborde et Grasset ont pu produire l'anesthésie totale du tégument chez des chiens et une guenon par des injections de cocaïne.

L'iris se dilate sous l'influence de la cocaïne donnée à l'intérieur ou appliquée sur la cornée.

D'après Caudwell,la cocaïne est soporifique àla dose de Os'^,0o, mais à plus haute dose elle est excitante.

Appliquée localement, la cocaïne est un anesthésique de grande valeur. Elle a excité un véritable enthousiasme, car tous les journaux médicaux (et même extramédicaux) n'ont parlé pendant un certain temps que de ce pouvoir merveilleux.

Action sur les sécrétions. — Le coca augmente la sécrétion urinaire. Nous avons vu qu'il activait d'abord, puis diminuait les sécrétions salivaires.

Élimination. — Par l'urine.

Affections et chirurgie oculaires. — La cocaïne anesthésie la conjonctive, la cornée et Viris (Pour anesthésier l'iris il faut des instillations toutes les cinq mirmtes). Les douleurs de la conjonctivite, de la kératite et de l'iritis seront donc efficacement combattues. Avec la cocaïne on fait sans douleur les extractions de corps étrangers, Vincision des conduits lacrymaux, Viriclectomie, Yopération de la cataracte.

Névralgies. — Hall a constaté que l'injection hypodermique de cocaïne faite au voisinage d'un tronc nerveux anesthésie toute la zone innervée par ce nerf.

Affections diverses. — Fissure à Vanus. Dilatation après injection de cocaïne (Obissier). Amygdalotomie après badigeonnage (Lermoyez).

Vaginisme, gerçures du mamelon, badigeonnages du vagin dans Y accouchement (Doléris), ablation de balle de revolver (Burk), épilation (Jackson), examen laryngoscopique, injections uréthrales.

Enfui il n'est pas jusqu'au coryza aigu qui, d'après CreswellBaber, serait guéri rapidement par des badigeonnages de cocaïne. Cette substance a en effet la propriété de resserrer fortement les vaisseaux.

Les stomatites, la gastralgie, les vomissements, sont traités avec succès par la cocaïne.

Par son action sur la nutrition le coca est nettement indiqué dans la diathèse arthritique (voy. p. 238).

Préparations. — Doses.

Dans les stomatites et gingivites, on chique des feuilles

de coca.

Pour l'usage interne... 10 - 20 gr. de poudre de feuilles.

La macération et l'infusion ne sont pas des préparations avantageuses. Il vaut mieux employer la teinture ou l'élixir à 1/10.

La cocaïne étant insoluble dans l'eau, on fait usage du chlorhydrate.

Solution anesthésique, 2 à 5 p. 100.

Pour injection sous-cutanée, solution à 4 p. 100.

DEUXIÈME ORDRE

Les agents de cet ordre seraient très nombreux si l'on voulait y comprendre tous les médicaments qui abaissent la température. A ce compte, la digitale, le sulfate de quinine, les bromures alcalins, la véraLrine, la morphine, devraient être étudiés ici. Mais si ces médicaments modèrent la nutrition, ce n'est pas là leur action principale, et leur description doit être faite ailleurs. Les médicaments dont nous nous occuperons dans ce chapitre sont : les alcooliques, les caféiques, le cacao, les arsenicaux, les iodiques, les wercuriaux, les phosphates et les alcalins.

Les alcools, au point de vue chimique, sont très nombreux. On distingue les alcools mono-atomiques, bi-atomiques, tri-atomiques. En thérapeutique on n'emploie que les alcools mono-atomiques : éthylique (esprit-de-vin), méthylique (esprit de bois), am3dique (esprit de pommes de terre). Leur toxicité suit, en croissant, la progression suivante : alcool méthylique, éthylique, amjdique.

PHYSIOLOGIE

L'alcool existe normalement dans l'organisme. Sa présence a été constatée dans le sang (Béchamp), dans l'urine (Ford, Blondeau), dans le foie et le cerveau des herbivores (Béchamp). Cet alcool normal provient de la fermentation de la glycose.

Action locale. — En vertu de sa volatilité, l'alcool

produit, en s'évaporant, une sensation de froid, avec resserrement des vaisseaux et pâleur de la peau. Bientôt survient la réaction accompagnée de cuisson.

L'alcool absolu produit sur les muqueuses, en solution à 25 p. 100, un sentiment de chaleur et de brûlure ; à 50 p. 100, il provoque l'inflammation ; à 80 p. 400, il cautérise et ratatine les tissus, en coagulant l'albumine et absorbant l'eau (Nothnagel et Rossbach).

Absorption. — L'alcool s'absorbe facilement par la muqueuse intestinale, et sa volatilité permet son absorption par la peau.

Action sur le tube digestif et la digestion. — L'action irritante de l'alcool sur la bouche et l'estomac a pour effet de produire une hypersécrétion réflexe de la salive et du suc gastrique.

D'autre part, ]'alcool dissout les graisses. Nothnagel et Rossbach ont constaté de plus le renforcement des mouvements péristaltiques de l'estomac et des intestins. Toutes ces conditions sont éminemment favorables à la digestion. Mais si des doses modérées d'alcool sont utiles à la digestion, des doses trop fortes lui sont nuisibles, car, ainsi que l'a dit Claude Bernard, Talcool en trop grande quantité coagule les substances albuminoïdes, les peptones, puis, en resserrant les vaisseaux, anémie la muqueuse et tarit les sécrétions.

D'après Jaillet, une partie de l'alcool ingéré se transforme dans l'estomac en aldéhyde et acide acétique. L'acidité du suc gastrique est augmentée (Dujardin-Baumetz).

L'abus de l'alcool amène bientôt une gastrite chronique, accompagnée de cirrhose du foie et de tous les désordres de l'alcoolisme chronique.

Action sur le sang. — Le sang ne présente pas de changement de coloration dans l'intoxication alcoolique, à moins que Fasphyxie n ait commencé. Dans ce cas c'est la surcharge d'acide carbonique qui produit la coloration noirâtre du sang (Nothnagel et Rossbach). L'alcool ni ne coagule ni ne rend plus soluble la fibrine en circulation.

Jaillet a constaté que de fortes doses d'alcool précipitent Vhémoglobine des hématies.

Toutefois l'hémoglobine n'est pas altérée dans sa composition, et loin d'être réduite, elle conserve au spectroscope ses bandes d'absorption plus longtemps que d'ordinaire (Schmiedeberg et Bouwetsch).

Quant aux hématies, elles deviennent muriformes, crénelées, et vont former dans le foie, le poumon, le rein, le cerveau, des infarctus et des hémorrhagies.

Action sur la circulation. — Des doses thérapeutiques d'alcool ne produisent rien de particulier sur la circulation. Dans la période d'excitation de l'ivresse, on observe l'accélération du cœur et l'élévation de la pression vasculaire, qui se manifestent par la coloration du visage, l'injection des yeux, la chaleur de la peau.

Des doses plus élevées produisent le ralentissement du cœur, par excitation des pneumogastriques; car si, chez un animal alcoolisé, on coupe les pneumogastriques, les mouvements cardiaques reprennent leur accélération. En même temps la pression artérielle baisse (Nothnagel et Rossbach).

Action sur la respiration. — Au début de l'ivresse la respiration est quelque peu accélérée; plus tard elle se ralentit, et souvent même elle devient deux fois plus lenle qu'à l'état normal. Ce ralentisse-

ment est dû à une action paralytique sur le centre respiratoire dans la moelle allongée (Nolhnagel et Rossbach).

Action sur le système nerveux. — Tout le monde connaît les effets de l'alcool sur les centres nerveux. A dose modérée, il produit une excitation du cerveau, la parole devient plus facile, les idées plus nettes et plus nombreuses, il y a de l'agitation, etc. Cette excitation est due vraisemblablement à l'action directe de l'alcool sur la cellule nerveuse. Scbulinus aurait même trouvé une altération cbimique de la cellule ; mais la nature de cette altération est indéterminée. A dose élevée il produit la prostration, la résolution générale et l'anesthésie. A ce moment, des troubles circulatoires viennent ajouter leur effet à celui que l'alcool exerce directement sur la cellule nerveuse; chez les sujets morts en état d'ivresse on trouve le cerveau tantôt gorgé de sang, tantôt exsangue. Les troubles psychiques de l'alcoolisme chronique sont dus à une action de contact. On ignore les modifications subies par les nerfs sensitifs et moteurs.

Action sur la nutrition. — Rabuteau, Fokker, Obernier, etc., ont observé la diminution de ïurée sous l'influence de doses thérapeutiques d'alcool. Docker a trouvé une diminution de Téliminalion de l'acide carbonique.

Demarquay, Nasse, Rinz, Rabuteau, ont vu baisser la température.

L'alcool est donc bien un modérateur de la nutrition et non un excitateur, comme on l'a dit quelquefois.

Comment agit-il? Le ralentissement de la circulation et delà respiration se produit trop tat'd ou n'est

pas assez marqué, aux doses thérapeutiques, pour expliquer cet effet modérateur. Il ne reste plus que l'action de l'alcool sur les hématies qui en rendrait compte, car si l'oxygène est fixé plus intimement sur les globules, les oxydations se feront plus difficilement. Malheureusement, ainsi que nous l'avons dit, si le fait se passe in vitro, il n'est pas démontré qu'il ait lieu dans l'organisme.

Action sur les sécrétions et élimination. — L'alcool s'élimine par les voies respiratoires, la peau et surtout par les reins. Mais on ne trouve pas dans les sécrétions la plus grande partie de l'alcool ingéré. En passant par les reins, l'alcool les irrite et augmente la sécrétion urinaire. C'est donc un diurétique.

Ce que devient l'alcool dans l'organisme. — Question agitée depuis longtemps et non encore résolue. D'après les uns, l'alcool s'oxyde dans l'organisme, puisqu'une faible partie seulement s'élimine. Malheureusement pour cette opinion, on n'a pas encore décelé dans l'organisme la présence des produits d'oxydation de l'alcool : aldéhyde, acide acétique, acide oxalique. On répond à cette objection en disant que ces produits d'oxydation acides, rencontrant dans le sang ou les tissus des bases (sels de soude), se combinent avec elles et forment alors des sels (acétates, oxalates), qui s'oxydantàleurtour, se transforment en bicarbonates.

Pour d'autres, l'alcool ne se brûle pas, car alors il élèverait la température au lieu de l'abaisser, et si on ne le retrouve pas entier dans les sécrétions, c'est qu'il s'emmagasine dans certains organes. En effet, l'alcool se fixe dans les tissus. Le cerveau est ceiui qui en est le plus avide et dont on en retire le plus

par la distillation ; puis viennent le foie, les poumons, les reins, les muscles. Si l'alcool reste dans l'organisme, il n'est pas étonnant qu'il ne s'élimine pas en entier.

Jaillet (Thèse, Paris, 1884) nous paraît avoir résolu la question. Il conclut de ses nombreuses expériences :

1° Qu'une partie de l'alcool ingéré s'oxyde dans l'organisme, car il a trouvé de l'acide acétique dans le sang;

2° Que l'autre partie s'élimine en nature.

Le rapport qui existe entre ces deux parties est celui-ci : plus la quantité d'alcool ingéré est forte, moins il s'en brûle et plus il s'en élimine en nature.

THÉAPEUTIQUE

L'alcool répond aux trois indications suivantes : modérer la nutrition, stimuler le système nerveux, faciliter la digestion.

On en fait un grand usage dans les affections fébriles à forme typhoïde : pneumonie, choléra, dothiénentérie, diphtérie, etc., et il rend les plus grands services.

Dans la phtisie, il est très utile en modérant la fièvre et favorisant la digestion.

Il semblerait que l'alcool fût contre-indiqué dans le délire alcoolique. Loin de là, il est ordonné, et la clinique montre tous les jours des ivrognes en délire calmés par l'alcool. J'avoue que l'explication n'en est pas facile. On dit, dans ces cas, que le cerveau habitué à l'action stimulante de l'alcool perd son équilibre quand son excitant ordinaire lui fait défaut. Quoi qu'il en soit, le fait existe, et nous le verrons se produire à propos d'autres médicaments, notamment de l'arsenic.

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Nous avons maintenant dans le délire alcoolique un médicament beaucoup plus efficace : la strychnine.

L'alcool est un adjuvant utile du traitement des diverses formes de dyspepsies, sauf bien entendu de la gastrite alcoolique et de la dyspepsie acide.

Usage externe. — L'alcool est un antiseptique puissant, et il est par conséquent un agent de la méthode en honneur aujourd'hui dans le pansement des plaies, la méthode antiseptique. Son action irritante favorise la cicatrisation des plaies et ulcères atoniques. Gosselin l'emploie avec succès dans l'ophthalmie purulente.

On l'injecte dans les cavités séreuses et kystiques pour obtenir l'accolement des parois, à la faveur d'une inflammation adhésive.

Préparations. — Doses.

Pour obtenir des effets généraux, les doses varient suivant la susceptibilité individuelle, de 20 à 150 gr. Pour agir sur l'estomac, doses laibies.... 2—10 gr. Potion de Tood.

Eau-de-vie de France 80 gr.

Sirop de fleur d'oranger 20

Eau 20

Glycérine. — A côté de l'alcool nous pouvons ranger la glycérine qui est également un aliment d'épargne. Le professeur Jaccoud et Semmola l'emploient volontiers dans les pyrescies pour nourrir le malade et modérer la température.

Dose: 30 à 100 gr. de glycérine pure,

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