PHOSPHATES DE CHAUX
Ce sel existe dans le scmg où il est dissous à la faveur de l'acide carbonique; on le trouve également dans le lait, le sperme et presque tons les liquides.
Le phosphate de chaux s'élimine par les urines à l'état de phosphate acide; la moyenne de chaque jour est environ de Osr,3o.
Action sur la nutrition. — Les phosphates de chaux existant en si grande quantité dans l'organisme, il n'est pas étonnant qu'ils jouent un rôle considérable dans la nutrition. De nombreuses expériences, consistant à priver des animaux de sels calcaires, concordent toutes à montrer que cette privation entraîne le dépérissement, l'amaigrissement, la mort et une altération des os par laquelle ces organes deviennent plus fragiles, plus légers, moins volumineux, sans que pourtant la proportion de phosphate de chaux des os soit diminuée. Chez l'homme, le rachitisme et l'ostéomalacie sont attribués à un défaut de phosphates dans les os.
Les phosphates sont surtout nécessaires pendant la période de croissance.
Formation de phosphates dans l'organisme. — Pour Nothnagel et Rossbach, il est bien démontre que le phosphate de chaux peut se former dans l'intestin ou dans le sang par la réaction réciproque des carbonates de chaux et des phosphates alcalms suivant l'équation suivante :
Carbonate de chaui -f phosphate de soude = phosphate de chaux -j- carbonale de soude.
Absorption. — Le phosphate acide, étant soluble dans l'eau, s'absorbe rapidement; quant aux deux autres, ils doivent se dissoudre dans le suc gastrique. 11 faut donc les donner à faible dose, car autrement,
29 8 Ri:rAR\TEURS DE LA NUTRITION.
ils ne se dissoudraient pas, aLsorberaienL le suc gastrique, troubleraient la digestion et produiraient de la constipaLion.
TUÉRAI'EUTIQUE
Les phosphates sont surtout employés dans les maladies avec manifestations sur le système osseux.
Rachitisme. — Les os des racliitiques contenant moins de phosphates, il était tout indiqué de les donner dans cette maladie. 11 ne faut pas croiie toutefois qu'il suffise d'administrer des phosphates pour faire disparaître le rachitisme ; car le rachitisme étant un trouble de la nutrition dû à des causes multiples (1), il faut d'abord écarter ces causes et placer l'organisme dans de meilleures conditions ; les phosphates sont utiles, mais seuls ils sont iiisufiisants.
Ostéomalacie. — Les considérations qui précèdent peuvent s'appliquer de tout point à l'emploi des phosphates dans l'osléomalacie.
Carie. — La caiie est aussi une lésion de nutiilion des os caractérisée pai- la déf^'énérescence graisseuse des ostéoplastes. Les analyses de Bibra ont montré que les os cariés renferment moms de phosphate de chaux qu'à l'état normal. Les phosphates calcaires sont donc indiqués. Nous croyons que le phosphore rendrait plus de services (Voir l^hosphore, action sur le système osseux, page 283).
Fractures. — La formation du cal exige des phosphates et une nutrition régulière. En elfet les fractures chez les cachectiques se consolident mal et lentement. D'autre part, les observations cliniques de Gos-
(1) Le professeur Parrot cousiJère aujourd'nui le lac h! lis ait' comme UU3 raauilestatiou de la syphilis héréditaiie.
CULORUllE IJE CALCIUM. 29 9
selin et Milne Edwards ont montré que les phosphates pouvaienl hàler la cousolidation des fractures.
Phthisie. — L'emploi des phosphates dans la phlhisie est fondé sur la constatalion de ce fait : que les urines des phlhisiques renferment plus de phosphates qu'à l'état normal, et que les crachais en contiennent également une forte proportion. Ils sont donc indiqués dans le but de réparer ces pertes.
Scrofule. — On a donné les phosphates dans la scrofule. Il nous semble que l'hygiène sert mieux dans cette diathèse que tous les médicaments.
Préparations. — Doses.
Poudre : 0^'',50 — 1 gr. par jour, mêlés aux aliments.
On peut faire dissoudre les phosphates dans les acides chlorhydrique, lactique; on a alors une solution qui mélafigée à du sirop porte le nom de sirop de chlorhydrophosphaie ou lactophosp/iate de chaux..
Il ne faut pas le confondre avec le chlorure de chaux qui est un mélange d'hypochlorite de chaux et de chlorure de calcium.
Le chlorure de calcium aitMjdre est caustique et par conséquent n'est pas employé pour l'usage interne.
Le chlorure hydraté est moins causlique. C'est celui qu'on emploie. Il est soluble dans l'eau et l'alcool.
Son emploi est fondé sur le fait suivant: dans l'intestin ou dans le sang, des phosphates alcalins se trouvant en présence du chlorure de calcium donnent naissance à du phosphate de chaux :
Phosphate de polasie -\- chlorure de calcium = phosphate de chaui-|- chlorure de potassium
Le chlorure de calcium donné seul n'a aucune action. Dose: 0e%50 — 1 gr. en solution.
m. CARBONATES CALCAIRES.
Il y en a deux sortes :
d° Le carbonate neutre, insoluble dans l'eau, mais soluble dans les acides. C'est le marbre, la craie. Les os en renferment 10 p. 100.
2° Le bicarbonate, qui est soluble dans l'eau.
Au contact du suc gastrique et en petite quantité les carbonates se transforment en chlorure de calcium. Ils agissent donc comme lui.
Donnés à haute dose (10-20 gr.} la transformation n'a pas lieu et ils agissent en nature sur le tube digestif.
On met à profit leur propriété d'absorber les gaz et les liquides dans les dyspepsies acide, flatulente et dans les diari'hées.
Ils sont les contre-poisons des empoisonnements par les acides.
Dose :0sr,50 — 1 gr. pour les faire agir comme chlorure de calcium; S — 10 — 20 gr. comme absorbants.
lY. lODURE DE CALCIUM.
Soluble dans l'eau. Il se décompose facilement à l'air en dégageant de l'iode.
Il s'absorbe en nature, mais se transforme dans l'organisme en iodure de sodium et phosphate de chaux.
Il serait donc particulièrement indiqué dans la scrofule.
Malet, de Rio-de-Janeiro, Ta préconisé dans la phthisie et en a obtenu de bons résultats.
Dose : 0s%25 — Oe^SO par jour.