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II. — ANTICATHARTIQUES OU ANEXOS- MOTIQUES

Les Anticathartiques sont opposés aux purgatifs; ceux-ci augmentent les sécrétions intestinales, ceuxlà les diminuent.

Considérations physiologiques. — La physiologie pathologique de la diarrhée, que nous avons faite en étudiant les purgatifs, nous permettra de comprendre le mode d'action des anticathartiques et de les classer d'après ce mode d'action.

Ainsi que nous l'avons vu, la diarrhée est un phénomène réflexe. Son point de départ se trouve dans les nerfs sensitifs. Le plus souvent ce sont les nerfs sensitifs du tube digestif qui sont en jeu, c'est ainsi que se produisent les diarrhées de l'indigestion, des intoxications, des corps étrangers, des entérites; mais

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les nerfs sensibles de divers autres organes peuvent également, par leur irritation, produire la diarrhée, témoin les diarrhées déterminées par les brûlures de la peau, par le froid; la diarrhée de la peur a pour voie centripète les nerfs des sens. Si donc un agent supprime la conductibilité des nerfs sensitifs, le phénomène réflexe n'aura pas lieu.

Les centres de réflexion échappent à notre action, sauf peut-être le centre vaso-moteur. Les nerfs réflecteurs des phénomènes réflexes de la diarrhée sont au nombre de trois. Ce sont : les nerfs vaso-moteurs des vaisseaux intestinaux, les nerfs sécréteurs des glandes intestinales, et les nerfs moteurs des tuniques de l'intestin. Qu'un médicament supprime les conducteurs centrifuges, et la diarrhée ne pourra se produire. La part que prend chacun de ces nerfs centrifuges dans le phénomène de la diarrhée doit varier suivant les cas, mais il n'est pas possible de déterminer dans quelles circonstances l'un a la prépondérance sur les autres ; il est permis d'admettre cependant que dans les diarrhées où les selles sont fréquentes et peu abondantes les nerfs moteurs jouent un rôle plus important que les deux autres.

Nous avons vu que les purgatifs sahns agissaient aussi par dialyse, c'est-à-dire en attirant à eux, par force physique, le sérum des vaisseaux. Si au lieu d'être dans le tube digestif, les sels se trouvent dans le sang, ils produiront un efîet inverse, ils attireront dans le sang les liquides extra-vasculaires et s'opposeront, par le fait, à la diarrhée.

Les astringents mettent aussi obstacle aux extravasations séreuses en resserrant les tissus et les vaisseau :ç.

?,'r2 MODIFICATEURS DES SHCREÏIONS INTESTINALES.

On voit donc que les anticathartiques agissent soit en supprimant TimpressionnabiliLé des nerfs sensitifs, soit en arrêtant le courant nerveux centrifuge des nerfs vaso-moteurs, sécréteurs et moteurs, soit en s'opposant physiquement, par dialyse ou par compression, à l'exhalation séreuse.

D'après ces différents modes d'action on devrait diviser les anticathartiques en : 1° anticathartiques par action centripète ; 2° anticathartiques par action centrifuge ; 3" anticathartiques dialytiques ; 4° anticathartiques astringents. Malheureusement nous ne connaissons pas suffisamment le mode d'action de ces agents et nous ne pouvons les classer d'une façon certaine. Nous nous contenterons d'indiquer à propos de chacun d'eux le mécanisme plus ou moins probable de leur action.

Nous passerons en revue deux alcaloïdes de l'opium, la morphine et la narcéine, les alcalins, le bismuth et le phosphate de chaux; les astringents seront décrits ailleurs.

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