I. — DIURÉTIQUES
PHYSIOLOGIE
Étant données ces connaissances physiologiques, comment peuvent agir les médicaments pour activer l'excrétion urinaire? Nous avons vu que la pression sanguine est la condition la plus importante de cette excrétion ; or nous pouvons facilement augmenter cette pression et provoquer ainsi la diurèse. Nous avons donc une première classe de diurétiques mécaniques
DIURETIQUES. — PHYSIOLUCtIE. :U9
La pression sanguine peuL être élevée de diverses façons, soil en augmentant la force d'impulsion du cœur, la résistance restant la même : c'est ainsi qu'agit la vératrine, à faible dose ; soit en rétrécissant la capacité d'un champ circulatoire par diminution de calibre des vaisseaux : ainsi agissent le froid^ la digitale, la compression des vaisseaux. Cette diminution de calibre peut être obtenue soit par l'intermédiaire des nerfs vaso-moteurs (digitale), soit par action directe du médicament sur les fibres lisses des vaisseaux (ergot de seigle). Enfin on enlève la pression vasculaire en augmentant la masse du sang par absorption d'une certaine quantité d'eau. Un grand nombre de substances dites diurétiques n'agissent que par l'eau qui sert d'excipient.
Les agents de cette première classe sont donc diurétiques d'une façon indirecte.
Dans une seconde classe : diurétiques agissant sur te rein, nous comprenons un certain nombre de substances dont l'action diurétique est certaine mais peu expliquée. Ce sont les diurétiques dialytiques et les diurétiques irritants.
Les diurétiques dialytiques agissent en attirant les liquides extra-vasculaires et augmentant ainsi la masse du sang, d'où élévation de pression. Leur action serait donc comparable à celle de l'eau. C'est ainsi que se produirait la diurèse par les carbonates et les azotates alcalins, l'alcool. Charles Richet et Moutard-Martin ont montré récemment que le sucre est également diurétique. Parmi les diurétiques dialytiques, il en est qui n'agissent pas seulement par dialyse, mais aussi en irritant le rein : tels sont le nitrate de potasse, Fâlcool. La térébenthine, le co-
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pahu, le cubèbe doivent aussi leur propriété àTirritation des reins. Cette irritation doit être vraisemblablement le point de départ d'un acte réflexe, qui, passant par la moelle allongée, se réfléchit par les nerfs vaso-moteurs ou sécréteurs (?) du rein. En sorte que, tout bien considéré, il est possible que les diurétiques agissent tous en augmentant la pression vasculaire. Mais la preuve n'est pas faite, et jusqu'à nouvel ordre nous conservons la classification suivante :
1° Diurétiques mécaniques ou augmentant la pression vasculaire.
2"* Diurétiques agissant sur le rein.
T. DIURÉTIQUES MÉCA.NIQUES
La plupart des médicaments qui font contracter les fibres lisses des vaisseaux, soit directement, soit par l'intermédiaire des vaso-moteurs, sont susceptibles d'augmenter la quantité des urines : c'est ainsi que l'atropine, la strychnine, la nicotine, l'ergot de seigle, etc., sont diurétiques; mais ces substances ne sont guère usitées dans un but purement diurétique. La digitale et la scille sont les substances le plus fréquemment employées dans ce but.
Nous nous contentons de citer Veau, excellent diurétique, dont on comprend sans peine le mode d'action.
Nous terminerons par le lait.
Digitale. — Ainsi que nous l'avons vu ailleurs (page 172), la digitale élève la pression sanguine de deux façons : en resserrant les vaisseaux et en augmentant l'énergie des contractions cardiaques.
Tous les auteurs ne sont pas d'accord sur l'effet de la digitale sur l'homme sain. Pour Joerg, Hutchinson, Sanders, Trousseau, la digitale est diurétique;
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poui^d'autres, Traube, Wunderlicli, Hirtz, elle ne l'est pas. Cette divergence prouve au moins que la digitale est un diurétique incertain. Mais ce sur quoi tout le monde est d'accord, c'est la diurèse obtenue par ce médicament dans les hydropisies cardiaques. On voit bientôt sous son influence les hydropisies disparaître et les urines devenir abondantes. Il est facile de se rendre compte du fait. Les hydropisies cardiaques sont dues à la stase du sang dans le système veineux, stase qui est le résultat de la faiblesse du cœur qui n'a pas la force de faire effectuer au sang sa révolution dans le temps normal. La digitale, en rendant au cœur sa force d'impulsion, régularise la circulation, la pression diminue dans les veines, la sérosité épanchée se résorbe, la masse du sang augmente, la pression artérielle s'élève de ce fait et par le resserrement desartérioles, et la diurèse se produit. La digitale est, pour ainsi dire, le spécifique des hydropisies cardiaques. Son action est beaucoup moins sûre dans les autres affections où l'on a recours aux diurétiques.
La meilleure préparation de digitale est la poudre de feuilles en infusion ou en macération :
Do.se .•0s■^2o—0<?^7o.
SciLLE. — Ce que nous venons de dire de la digitale s'applique également à la scille dont le mode d'action est semblable (Husemann, Kônig).
Préparations. — Vin sciUitique à 1 /iOO , 2 — 4 cuillerées à bouche.
Vinaigre sciUitique à 10/100, une cuillerée à café par jour.
Oxijmel sciUitique à 3/100, 10 — 40 gr. par jour.
La digitale et la scille sont fréquemment associées.
Pilules de scille et de digitale : poudre de digitale,
35 2 MODIFICATEURS DE L EXCRETION URTNAIRE.
Os^,i)^ ; poudre de scille, 0&%05 pour une piHile 2 — 4 pilules par jour.
Vin diurétique de Trousseau : dose 1—3 cuillerées à bouche par jour.
Lait. — Les propriétés diurétiques du lait ne sont pas à démontrer, chaque jour on constate ses heureux effets dans les hydropisies cardiaques ou brightiques.
Il est diurétique par Teau, les sels et le sucre qu'il renferme.