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II. — ANURÉTIQUES

Les anurétiques ont la propriété de diminuer la quantité des urines.

Il semblerait, d'après ce que nous avons dit de la physiologie des diurétiques, que les médicaments qui abaissent la pression vasculaire dussent être anurétiques; mais de même que tous les élévateurs de la pression vasculaire ne sont pas diurétiques, tous les abaisseurs de cette pression ne sont pas anurétiques. Leur nombre est même fort restreint, car nous ne pouvons citer que la morphine. Le tannin est réputé comme anurétique, mais on ignore son mode d'action.

11 n'y a pas lieu de se désoler de cette pénurie de médicaments anurétiques, caria polyurie, contre qui ils sont dirigés, est une affection symplomatique et qui par conséquent doit céder à la suppression de sa cause. Dirons-nous que le médicament qui a supprimé la cause, et par conséquent l'effet, est un anurétique

ANUJil^TinUES, ;jb9

Tel est le cas de la valériane, du bromure de potassium, de la belladone, du camphre, qui s'adressent au système nerveux, dont les altérations sont la cause habituelle de la polyurie. La polyurie du diabète sucré est due vraisemblablement à la présence du sucre dans le sang, ainsi que tendent à le démontrer les expériences de Gh. Richet et Moutard- Martin. C'est donc la glycémie qu'il faut combattre pour atteindre la polyurie.

Morphine. — La morphine s'est montrée efficace dans la polyurie. Elle peut agir de trois façons différentes : 1° en abaissant la pression vasculaire; 2'' par son action sur les centres nerveux; 3° par paralysie des nerfs sécréteurs du rein (?).

Tannin. — Le tannin, que nous étudierons plus complètement aux astringents, passe pour être anurétique. Mitscherlich le considère comme tel. 11 est difficile de dire comment il agit. En effet, nous voyons d'un côté l'opinion générale admettre que le tannin fait resserrer les vaisseaux, et, d'autre part, Rosenstirn et Rossbach affirmer, de par leurs expériences, que le tannin les fait dilater. On peut, par cette dilatation et l'abaissement de pression qui en est la conséquence, expliquer l'effet anurétique.

Dose : Os^SO — 2 gr.

Électricité. — Legros et Onimus ont observé, dans leurs expériences sur les animaux, que les courants interrompus diminuent la sécrétion udnaire. Les courants continus descendants augmentent la quantité des urines, les courants descendants sont moins actifs.

On pourrait donc s'adresser à la faradisation. Ces modifications se produisent par l'intermédiaire de la circulation.

o6 0 MODIFICATEURS DE LA SEGRÉTIOA SUDORALE.

TROISIÈME ORDRE

La sécrétion sudorale a beaucoup d'analogie avec la sécrétion urinaire. En effet, le follicule sudoripare ressemble au glomérule de Malpighi et aux canaux urinifères, et la composition de la sueur diffère peu de celle de l'urine. Ces deux sécrétions ont en effet un but commun, celui d'éliminer les déchets azotés de la nutrition, urée et matières extractives. Aussi existe-t-il un balancement régulier entre ces deux organes chargés de la même fonction. Le rein sécrètet-il davantage, le follicule sudoripare se repose, c'est pourquoi la peau des polyuriques est sèche. Les sueurs sont-elles exagérées, les urines deviennent rares. Ce balancement n'a rien de mystérieux; il est soumis aux lois de la pression vasculaire. Si la pression est plus forte, si Je sang afflue à l'intérieur du corps, c'est le rein qui fonctionne davantage ; si le sang se porte à la périphérie, à la peau, ce sont les glandes sudoripares dont l'activité s'exagère.

Les conditions physiologiques de la sécrétion sudorale sont les mêmes que celles de la sécrétion urinaire. Nous n'insisterons donc pas. Mais nous ferons ressortir les deux points suivants qui ont leur importance dans la physiologie de cette sécrétion.

1° La peau ne sert pas seulement à l'élimination de la sueur, et parmi ses nombreuses fonctions il faut compter au nombre des plus importantes l'évaporation continuelle à sa surface de la vapeur d'eau et de l'acide carbonique, et cette évaporation

SUDOltlFIQUES. — PHYSIOLOGIE. 361

se fait en partie par les glandes sucloripares. Les substances gazeuses et volatiles (normales ou médicamenteuses) passent donc facilement par les glandes sudoripares et peuvent par conséquent les modifier au passage.

2° Si les nerfs sécréteurs du rein ne sont rien moins que démontrés, l'existence des nerfs sécréteurs de la peau est établie physiologiquement. On peut donc par l'intermédiaire de ces nerfs modifier la sécrétion sudorale.

Les sueurs peuvent être augmentées ou diminuées, de là deux classes de médicaments, les sudoriflques et les antisudorifiques.

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