TISANES CHAUDES
rons donc à indiquer de quelle manière doit être compris le mode d'action de ceL agent comme sudorifique.
La chalear a pour effet général de dilater les corps. Si nous appliquons ce principe à l'organisme animal nous voyons que la chaleur extérieure exerçant spécialement son action sur la peau y déterminera des phénomènes favorables à la sudation.
Les éléments anatomiques et les liquides extravasculaires, les vaisseaux cutanés et le liquide sanguin se dilatant, il y aura nécessairement un afflux de sang à la périphérie, condition propice à la sécrétion sudorale. La physiologie actuelle ne nous donne que ce phénomène de congestion périphérique en explication de l'action sudorifique de la chaleur; mais nous croyons fortement qu'il faut faire intervenir aussi les nerfs sécréteurs dans le mécanisme de cette hypersécrétion, et il serait désirable que des expériences fussent faites dans le but de chercher l'influence de la chaleur sur les neifs sudoraux.
La chaleur intérieure du corps détermine les mêmes effets et conduit aux mêmes résultats. C'est ainsi que se produisent les sueurs de la fièvre et celles qu'on observe après une course ou un exercice fatigant. Pour exphquer la sudation qui se montre dans ces circonstances il faut nécessairement admettre une influence du calorique sur les nerfs sudoraux. Remarquons, en effet, que dans l'accès fébrile la sueur ne se montre pas au moment où la peau est le plus fortement congestionnée, période de chaleur, mais bien après cette période; ce qui prouve que la fluxion cutanée est impuissante à produire seule la sudation.
Les tisanes n'agissent que par le calorique dont elles sont chai-gées et qu'elles communiquent à l'or-
37 4 MODIFICATEURS DE LA SECRETION SUDORALE.
j2;anisme. Cela est si vrai qu'une tisane d'espèces dites sudorifiques produira des effets différents suivant sa température. Est-elle froide? elle est diurétique; chaude? elle est sudorifique. Ces faits tendent à démontrer l'inlervention des nerfs sécréteurs dans le mécanisme de toute sudation.
D'après ce que nous venons de dire on conçoit que nous n'atlaclions pas d'importance aux substances diverses qui servent à la préparation des tisanes. Indiquons-les seulement.
Gaiac. — On emploie le bois du Guaiaeum officinale, famille des Zygophyllées. Il renferme une résine et une substance amère.
Sassafra's. — Bois du Laurus Sassafras, famille des Laurinées.Il contient une résine et une huile essentielle.
Salsepareille. — Rhizomes de diverses espèces du Smilax, famille des Asparaginées. On y trouve la Smil'jcine, une substance amère et une huile essentielle.
Squine. — Rhizomes du Smilaœ china. Il renferme aussi de la smilacine.
Ces quatre bois constituent les quatre bois ou e spèces sudorifiques.
Doses. — 10-30 grammes pour un litre de décoction ou d'infusion.
BoRRAGLNÉEs. — Ccttc famille fournit: la bourrache ^Borrago officinalis), la buglosse (Anchusa itahca), la pulmojiaire (Pulmonaria anchusifolia), la cynoglosse (Cynoglossum officinale).
Caprifoliacées. — On emploie de cette famille le sureau (Sambucus nigra), le chèvrefeuille (Lonicera caprifolium).
Composées. — Elles fournissent la bardane (Lappa major), \t pissenlit (Taraxacum dens leonis).
ANTISUDORIFIQUES. 3 75
Doses. — Pour toutes ces plantes 5-10 grammes pour un litre d'infusion.
Pour l'application de la chaleur extérieure à la sudation voyez : Hydrothérapie.
Il existe d'autres médicaments qui ont la propriété d'activer les sueurs mais qui ne sont pas ordinairement employés dans ce but, tels sont la mojyhine, les antimoniaux, V-ipéca, le nitrite (famyle, les sulfureux qui, s'éliminant parla peau, agissent comme irritants et excitent les nerfs sudoraux, soit directement, soit par phénomène réflexe.