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ANTISEPTIQUES ORGANIQUES

Phénol. Gi^H^O-. — Le phénol, acide phénique, est un corps solide, soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther.

Malgré son appellation à'acide phénique ce corps n'est pas un acide, car il ne rougit pas le papier bleu de tournesol, ni ne décompose les carbonates. Les combinaisons qu'il forme avec les métaux alcalins et qui sont appelées phénates ne sont pas de véritables sels, puisque si on les soumet à la distillation le phénol s'en dégage dans la proportion de 98/100.

PHYSIOLOGIE

Action antiseptique. — Les ferments non organisés, tels que la pepsine, la ptyaline, la myrosine sont ceux qui résistent le plus à l'acide phénique. Il faut des solutions concentrées de cet agent et un contact prolongé pour que ces ferments perdent leurs effets sur l'albumine, l'amidon, le myronate de potasse (Lemaire, Buchheim et Blucholtz, PJugge).

Les ferments organisés sont détruits beaucoup plus facilement par le phénol. Les agents de la putréfaction et les infusoires ne résistent pas à une solution de Os^l/lOO (Le maire, Pluggej.

Le développement des spores de champignons est supprimé par O^^Oô/lOO de phénol (Manassein); celui de la moisissure par 1/100 (Plugge).

Les principes viyu/e/i^s exigent des quantités plus ou moins fortes d'acide phénique pour perdre leur action nocive. Les recherches faites dans ce sens ne sont pas encore nombreuses, elles mériteraient cependant d'être faites sur une grande échelle en raison des intérêts pratiques qui en résulteraient. Une solution de

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2/100 ajoutée au virus varioleux lui enlève son activité (Rothe, Michelson).

Le pus phlegmoneux de bonne nature perd ses propriétés virulentes avec une solution de 5/100, une solution de 1/100 est insuffisante ; si le pus est putride, il faut une solution plus forte. Pour empêcher la décomposition du pus frais il suffit de Os^5/100 (Rosenbach).

Les fermentations sont empêchées ou arrêtées par les solutions suivantes :

Fermentation alcoohque du sucre, 0ê^'",47/100 (Bucholtz), 4/100 (Plugge).

Fermentation lactique, 0^^,37/100 (Paschutin). Fermentation butyrique, 08^^,33/100 (Paschutin). Fermentation urinaire, 1/100 (Hoppe-Seyler). La putréfaction de la viande, du sang, du pain est empêchée par des solutions de Og"",! — 0ê^^,5 p. 100 (Lemaire, Plugge).

Effets locaux. — Appliqué sur la peau en solution forte, le phénol produit une première période pendant laquelle les tissus sont anémiés par constriction des vaisseaux (Gosselin), puis survient une sensation de brûlure et de la rougeur. Après la douleur survient l'aneslhésie de la région; cette anesthésie peut être complète et envahir toute l'épaisseur de la,peau avec une solution à 85/100 (Smith). La paralysie des nerfs sensitifs est encore plus marquée si-on a préalabienieutlavé les parties avec du vinaigre (Nothnagel et Rossbach).

Des solutions très concentrées cautérisent fortement la peau.

Sur les muqueuses le phénol produit de la douleur, une eschare blanche et fanesthésie. C'est a cette action

irritante que sont dus les vomissements, la diarrhée produits parl'ingesliondu phénol dans le tube digestif.

Effets généraux. — Le phénol s'absorbe facilement par la peau intacte, les plaies, les muqueuses digestive et respiratoire. Huseman et Hoppe-Seyler ont rapporté des cas d'intoxication à la suite de badigeonnages de la peau avec une solution de phénol.

Chez les animaux à sang froid, le phénol produit rapidement le collapsus, le coma, pendant lesquels l'excitabilité de la moelle épinière est fortement exaltée et détermine des convulsions toniques semblables à celles de la strychnine. La mort arrive par paralysie du bulbe (Nothnagel et Rossbach),

Chez les mammifères et les oiseaux, le coma est précédé de convulsions chroniques.

Chez Yhomme, des doses de 0'?'',50 — 2 gr. produisent des vertiges, de la stupéfaction, des fourmillements, de la faiblesse. On a observé de plus le ralentissement du pouls et l'abaissement de la température (Daniou).

Des doses élevées (3-20 gr.) déterminent de l'ivresse, la perte de connaissance, le coma et la mort sans convulsions. Winslow rapporte cependant un cas d'empoisonnement par le phénol où il observa des convulsions cloniques, puis spasmodiques (Nothnagel et Rossbach).

Élimination. — Le phénol s'élimine rapidement par les urines, la salive (Hoppe-Seyler), les voies respiratoires (Lemaire).

Le phénol ne passe pas tout entier en nature dans les urines, une partie se transforme en acide phénylsulfurique (Baumann), et en substances phénol-formatrices (?) (Hoppe-Seyler et Buliginsky).

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