ANTISEPTIQUES INORGANIQUES
Chlorures et Chlore . — Les chlorures antiseptiques de chaux, de soude et de potasse ne sont pas des substances parfaitement pures, mais des mélanges de chlorures et d'hypochlorites, aussi les désigne-t-on souvent sous ce dernier nom. Les chlorures sont généralement rangés parmi les désinfectants, mais nous les plaçons parmi les antiseptiques, car le chlore qu'ils renferment détruit, par son affinité pour l'hydrogène, les tissus organiques et les substances chimiques ou organisées qui provoquent et entretiennent la putréfaction. Il décompose aussi les gaz de la putréfaction : ammoniaque, acide sulfhydrique. Pour cette raison les chlorures sont également caustiques.
Les chlorures se décomposent facilement sous l'influence des acides qui mettent le chlore en liberté. Le chlore étant très irritant, des accidents toxiques de gastro-entérite peuvent résulter de l'ingestion d'une forte dose de chlorures.
Le chlore a été employé à l'intérieur sous forme
4 52 ANÏISEPTJQUES.
ô'eau chlorée (0€^40/100) contre les processus typhiques, les diarrhées, les dyspepsies; on ne lui a pas reconnu de propriétés utiles. Les inhalations de chlore n'ont rien produit de bon dans la phthisie (Louis, Stoches).
Le chlore et les chlorures sont réservés pour l'usage externe.
Doses : L'eau chlorée s'emploie pure ou diluée. Le chlorure de chaux s'emploie en solution de 1 à 5/100.
Le chlorure de soude en solution forme Veau de La-
barraque : 1-5/100.
Le chlorure de potasse forme Veau de Javel : 1-5/100.
Sulfites et Hyposulfites. — Les sulfites et hyposul-
fites alcalins sont antifermentescibles et antiputrides.
Ils s'oxydent dans l'organisme et s'éliminent à
l'état de sulfates. Il n'est donc pas vraisemblable que,
une fois absorbés, ils conservent leurs propriétés.
Ils ont été donnés par PolH dans différentes maladies infectieuses (typhus, malaria, etc.) sans grand succès. Doses : A Vintérieur, 5-10 gr. par jour. Usage externe : solutions de 5-20/100.
Permanganates de potasse et de soude. — Ces sels abandonnent facilement leur oxygène qui, se trouvant à l'état naissant, brûle et détruit les corps organiques, décompose les corps chimiques. Ils sont donc à la fois, comme les chlorures, antiseptiques et désinfectants. Autre conséquence de cette propriété : ils sont irritants et causiiques.
N'ayant pas d'odeur désagréable, ils sont beaucoup employés comme désinfectants, pour le lavage des foyers de sécrétions putrides (abcès stercoraux, écoulements vaginaux putrides, cancers, etc.).