TRANSFUSION DU SANG. 4S
Prévost et Dumas voulant éviter les inconvénients de la coagulation du sang imaginèrent de défibriner le sang par le battage, avant de le transfuser. Cette pratique n'est pas heureuse, car l'expérience a prouvé que l'injection de sang défibriné est plus dangereuse que celle de sang complet. On s'expose par elle à produire des embolies, car alors même qu'on a passé le sang à travers un tamis, de manière à retenir les caillots, il en passe toujours, qui, invisibles à l'œil nu, peuvent déterminer des accidents dans les fins capillaires (Vulpian). Ainsi donc on doit transfuser le sang complet. Faut-il injecter du sang artériel ou du sang veineux? La chose importe peu pour le malade, mais il n'est pas indifférent de faire au sujet humain qui fournit le sang une plilébotomie ou une artériotomie ; celle-ci étant plus dangereuse, on devra tirer du sang veineux.
Température du sang. — Évidemment le sang doit être injecté à la température du corps, 38°, sil'on ne veut pas produire d'accidents. Cette température est du reste nécessaire pour éviter la coagulation de la fibrine.
Quantité de sang. — Il est inutile d'injecter une grande quantité de sang. On obtient tous les effets voulus avec une dose de 60 à 120 gr. Richet est allé jusqu'à 1000 gr., mais en ayant soin de faire Tinjection lentement et de façon à ne pas élever brusquement la pression sanguine.
Effets de la transfusion. — Ils sont immédiats et consécutifs. Les effets immédiats se reconnaissent aux signes suivants : le visage se ranime et se colore, l'œil devient brillant, le pouls se relève et se ralentit ; la chaleur renaît et arrive à la périphérie.
Les effets consécutifs se montrent plus ou moins tardivement. La sensibilité reparait, l'intelligence renaît, la circulation et la respiration se régularisent, la nutrition se relève, et petit à petit l'organisme reprend le cours naturel de ses fonctions.
Indications et contre-indications. — La transfusion du sang donne ses meilleurs résultats lorsqu'elle est pratiquée chez les sujets dont la vie est compromise par une perte subite de sang. C'est donc dans les hémorrhagies internes, traumatiques, puerpérales que cette opération est surtout indiquée.
Lorsque l'anémie est la conséquence d'une altération de nutrition grave, telle que celle qu'on observe au déclin de la plupart des m^aladies chroniques, lorsqu'elle coïncide avec une lésion irrémédiable d'un organe important, il est clair que la transfusion ne pourra pas amener la guérison, tout au plus ne pourrait-elle être que palliative. Brown-Sequard a conseillé la transfusion dans l'agonie. Cette pratique peut reculer l'heure fatale, et dans certaines circonstances ce retard peut être utile pour des règlements d'affaires, etc.
Inconvénients. — Plusieurs inconvénients sont reprochés à la transfusion, mais ils ne sont pas bien graves.
Le danger de contamination, d'inoculation virulente, est écarté par le choix d'un bailleur de sang exempt de maladies contagieuses.
\J introduction de Vair dans les veines n'a pas lieu avec de bons appareils.
Des précautions opératoires et post- opératoires
peuvent conjurer la phlébite et Y infection purulente.
La syncope qu'on a observée quelquefois est due à