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II. — HYDROTHÉRAPIE

Historique. — Ainsi que nous le verrons plus bas, le principe de l'hydrothérapie repose sur le phénomène de la réaction; or Hippocrate {Traité des airs, des eaux et des lieux) ayant remarqué la réaction qui s'opère à la suite des applications d'eau froide, recommande ce procédé pour obtenir des effets révulsifs.

Après Hippocrate, presque tous les médecins de l'antiquité, Celse, Galien, Paul d'Égine, etc., parlent de l'emploi thérapeutique de l'eau froide ; mais leurs écrits, à ce sujet, manquent de clarté et de précision.

On ne trouve rien sur cette question dans les auteurs du moyen âge. Il faut arriver jusqu'à l'an 1798, où Currie, de Liverpool, jette les premiers fondements d'une hydrothérapie rationnelle et scientifique. Malgré les efforts de quelques médecins, la méthode hydrothérapique serait peut-être tombée dans l'oubli, dit Béni-Barde, sans l'intervention de Priessnitz, simple paysan fanatique et persévérant,

qui, en la mettant en pratique à Grœfenberg (Silésie), contribua à sa vulgarisation. Les pratiques hydrothérapiques de Priessnitz étaient assurément fort primitives, mais il faut reconnaître qu'elles étaient assez complètes. Priessnitz soumettait ses malades (car, quoique n'ayant pas légalement le titre de médecin, il avait obtenu du gouvernement autrichien la permission d'exercer la médecine) à une alimentation copieuse avec des mets froids, leur faisait boire 25 verres d'eau froide par jour, les obligeait à scier du bois, les soumettait à de fortes sudations,, les plongeait dans l'eau froide, leur appliquait des douches et leur faisait faire la réaction.

Les succès qu'il obtint par cette méthode attirèrent à Grœfenberg un nombre considérable de malades qui répandirent partout les louanges de Priessnitz et de l'hydrothérapie. Priessnitz mourut en 1852 sans avoir rien écrit sur sa pratique, qui du reste n'était qu'un pur empirisme.

L'hydrothérapie était désormais vulgarisée et les médecins se mirent à l'étudier sérieusement. C'est alors que commeuce la période scientifique de cette méthode, dont les indications et le mode d'action ont été scrutés et précisés principalement par Gillebeit, Lubanski, Fleury et Béni-Barde. Nous nous sommes inspiré surtout des ouvrages de ces deux derniers auteurs.

Définition. — Les pratiques hydrothérapiques, quelque diverses qu'elles puissent être, ont toutes pour efîet de produire la réaction; c'est donc la réaction qui doit servir de base à la définition de Thydrolhérapie. Elle consiste dans l'acte par lequel l'organisnie produit des effets inverses de ceux qu'il a

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éprouvés des agents extérieurs. Dans l'hydrothérapie l'agent extérieur est Veau froide appliquée sous diverses formes. L'eau froide ayant pour effets principaux de soustraire du calorique et de refouler le sang à l'intérieur du corps, la réaction se manifestera principalement par le rétablissement du calorique et par l'appel du sang à la périphérie ; ces deux phénomènes sont connexes et se produisent par l'intermédiaire des nerfs vaso-moteurs.

La réaction tend donc à replacer l'organisme dans les conditions où il se trouvait avant l'application du froid. Si avant cette application on a élevé la température du corps et attiré le sang à la périphérie, il est bien évident que, l'impression du froid ayant été plus forte, la réaction sera plus intense. Cette préparation préalable est de règle en hydrothérapie.

L'action de l'hydrothérapie étant ainsi comprise, nous définissons cette méthode : Un système de traitement des maladies au moyen de la réaction obtenue par Veau froide.

PHYSIOLOGIE

Puisque la réaction est tout dans l'hydrothérapie, il importe de s'appesantir sur son étude.

Signes de la réaction. — La réaction se manifeste par une sensation agréable de chaleur, une rougeur vive de la peau, l'accélération de la respiration et des battements du cœur, un sentiment de souplesse et d'énergie musculaire.

Lorsque la réaction ne se fait pas, on observe des accidents qui n'ont pas de gravité pourvu qu'on les conjure immédiatement. Le sujet éprouve un frissonnement général, appelé second frisson par opposi-

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lion à celui que provoque la première impression de l'eau. L'apparition de ce phénomène, dit Béni-Barde, indique que le froid prend le dessus dans la lutte qui a lieu entre les forces organiques et l'agent physique extérieur, qu'il y a peut-être danger à continuer l'application du froid, et que, dans tous les cas, le retour de l'organisme à son état normal sera lent et difficile, effet que d'ailleurs on recherche quelquefois. Les autres symptômes de l'absence de réaction sont : palpitations, angoisse précordiale, pâleur, lipothymies. Ces accidents disparaissent rapidement en réchauffant les malades.

Degrés de la réaction. — L'intensité de la réaction dépend de diverses circonstances dont les unes tiennent aux pratiques hydrothérapiques, les autres à des dispositions individuelles. Pour obtenir une réaction franche, énergique, on emploie les moyens suivants : le malade est mis en sueur soit au moyen du calorique extérieur (éluve), soit par l'exercice musculaire (ce dernier procédé est le meilleur), puis on projette une douche d'eau très froide, à percussion forte, d'une application courte; aussitôt habillé, le malade fait de l'exercice qui ne doit jamais aller jusqu'à la fatigue, ou bien il est réchauffé par des frictions.

Yeut-on n'obtenir qu'une réaction peu marquée, le malade ne sera pas mis en transpiration, on emploiera l'eau peu froide, sans percussion et appliquée longtemps : au sortir de l'eau, la réaction ne sera favorisée ni par la chaleur ni par l'exercice, on la laissera s'établir naturellement. Tels sont les moyens employés pour graduer l'intensité de la réaction ; mais il ne faut pas oublier que l'hydrothérapie s'adresse à

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des malades, dont la résistance et l'impressionnabilité sont très variables, et que, par conséquent, la pratique qui chez l'un ne détermine qu'une réaction faible peut chez un autre être la cause d'une réaction intense. On doit donc, au début de tout traitement hjdrothérapique, tâter la susceptibilité des malades et n'agir qu'à bon escient.

Agents de la méthode hydrothérapîque. — Les agents de l'hydrothérapie peuvent être divisés en : \° agents qui préparent la réaction, ceux-là consistent clans la chaleur employée sous diverses formes; 2° agents qui sont la cause directe de la réaction : eau froide ; 3° agents qui favorisent la réaction.

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