ÉLECTRICITÉ
du mêlai ne se produit que lorsque le circuit est fermé.
m. — Lorsqu'un fil parcouru par un courant électrique est approché d'un autre fil à l'état naturel, il développe instantanément dans ce dernier un courant; s'il en est éloigné, un nouveau courant se produit ; mais si les deux fils restent immobiles l'un à côté de l'autre, aucun courant ne passe dans le fil naturel.
On donne le nom de courant d'induction au courant développé dans le fîl naturel quand on l'approche ou l'éloigné du fil parcouru par le courant ; celuici est le courant inducteur^ celui-là est le courant induit.
Au lieu d'approcher et d'éloigner les fils l'un de l'autre, on peut simplement lancer ou retirer brusquement le courant électrique, et le fil naturel est encore traversé par un courant instantané d'électricité.
Dans ce cas voici ce que l'on observe :
1° Un courant inducteur qui commence fait naître un courant induit de sens contraire ;
2° Un courant inducteur qui finit développe un courant induit de même sens.
Le courant électrique inducteur peut être remplacé par un aimant, et les mêmes effets se produisent sur le fil naturel. L'aimant approché du fil naturel y fait naître un courant induit de sens contraire; éloigné de ce fil, il y fait naître un courant de même sens.
Si au lieu de l'aimant on emploie un morceau de fer doux que l'on aimante momentanément, au moyen d'un courant inducteur, on observe qu'un aimant qui commence induit un courant de sens contraire ; qu'un aimant qui finit induit un courant de même sens.
Cette disposition augmente grandement le courant
SOO AGENTS IMPONDERABLES.
induit, puisque ce courant est produit et par un courant inducteur et par un aimant, qui commencent et finissent alternativement.
L'induction par l'électricité directe s'appelle voltaélectrique; ce nom s'applique aussi à celle qui est produite par l'aimanlation du fer doux au moyen de l'électricité ; l'induction par les aimants s'appelle magnéto-électrique. L'induction volta-électrique avec aimantation est la plus employée.
Voici le principe des appareils volta-électriques. Une pile quelconque fournit l'électricité; l'électricité positive suit un fd qui s'enroule un grand nombre de fois sur un cylindre creux (bobine) ; à l'extrémité de ce fil se trouve un ressort qui, étant en équilibre, appuie sur l'extrémité du fil qui conduit l'électricité négative. L'axe de la bobine est occupé par un barreau de fer doux qui se trouve en face de l'extrémité libre du ressort.
Le ressort étant en équilibre, le circuit est fermé et l'électricité passe; le fer doux s'aimante et attire le ressort, le circuit est alors ouvert et le courant cesse, le fer doux se désaimante, le ressort revient en équilibre, le circuit est fermé, et ainsi de suite. On obtient de cetle manière les interruptions nécessaires à la production du courant induit. Cette disposition ingénieuse est le trembleur automatique de Neef.
Lorsqu'un courant voltaïque a une certaine énergie et qu'il traverse un circuit d'une grande longueur, il se produit également un courant induit sur ce même circuit ; au moment delà fermeture ce courant est inverse et affaiblit par conséquent le courant inducteur; au moment de l'ouverture ce courant est
ÉLFXTRICITH. 501
(le môme sens que le courant inducteur, qui se trouve par cons(''quent renforcé. Ce courant de renforcement s'appelle V extra-courant, on peut le recueillir sur im 111 et l'utiliser.
Un courant induit peut induire à son tour un troisième courant, qui prend le nom de cour dint de second ordre.
Les appareils d'induction volta-électriques les plus employés en médecine sont ceux de Ruhmkorff et de Gaiffe, qui ont l'avantage de donner sous un petit volume des courants d'induction très énergiques.
Le principe des appareils d'induction magnéto-électriques est celui-ci. Un aimant en fer à cheval est fixe; devant lui tourne une bobine de fer doux, également en fer à cheval; l'axe de ce mouvement tournant est dans le même plan que celui de l'aimant. Lorsque les deux extrémités de la bobine sont en regard des deux pôles de l'aimant, le fer doux s'aimante et cette aimantation qui commence fait naître un courant induit; si par le mouvement de rotation on éloigne les extrémités de la bobine des pôles de l'aimant, le fer doux se désaimante et un nouveau courant induit se produit; cette désaimantation a heu après un quart de tour. Lorsque la bobine a fait un demi-tour, elle s'aimante de nouveau. Au second demi-tour les mêmes phénomènes se produisent, en sorte qu'après un tour complet la bobine a été aimantée et désaimantée deux fois, ce qui produit quatre courants induits.
Les appareils magnéto-électriques développent des courants induits suffisamment forts ils s'usent moins promptement que les autres, mais ils exigent un aide pour tourner la manivelle.
no 2 AGENTS IMPONDÉRABLES.
IT. — Action physique de l'électricité sur l'organisme.
Conductibilité des tissus pour V électricité . — Les tissus n'ont pas tous le même pouvoir conducteur pour l'électricité. Les expériences de Eckhard et Ziemssen ont montré que le muscle est le tissu qui possède le pouvoir conducteur le plus fort. Si l'on représente par d la résistance du muscle à l'électricité, les autres tissus donnent les chiffres suivants :
Tendons 1,8 à 2,5
Cartilages 1 ,8 à 2,3
Nerfs 1,9 à 2,4
Os 16 à 22
Le tissu le moins conducteur esiVépiderme. Eckhard fait remarquer que le pouvoir conducteur est en raison directe de la richesse des tissus en liquides. Ainsi la proportion est, pour les muscles, de 72 à 80 p. 100; pour les tendons, de 62 p. 100 ; pour les cartilages, de 50 à 75 p. 100 ; pour les nerfs, de 39 à 66 p. 100 ; pour les os, de 3 à 7 p. 100.
Plusieurs conséquences pratiques résultent de ces différences de conductibilité.
Chaque fois que l'on emploiera des courants continus, il sera absolument nécessaire d'humecter l'épiderme, car ces courants n'ont jamais une tension suffisante pour vaincre facilement la résistance de l'épiderme sec; ou bien, s'ils ont cette force, ils sont très intenses et déterminent des décompositions chimiques (Legros et Onimus).
Avec les courants d'induction il est encore nécessaire d'humecter l'épiderme si l'on veut agir profondément.
ELECTIUCITE. — PHYSIQUE. 5 0 3
Pour agir sur un muscle ou sur un nerf situés à la même profondeur, il faut un courant plus fort pour le nerf que pour le muscle.
Trajet des courants électriques. — Le courant électrique ne se propage pas en ligne droite d'une électrode à l'autre, mais en décrivant des lignes courbes d'autant plus rapprochées entre elles qu'elles sont moins éloignées de la ligne de jonction des deux électrodes. Le courant est donc plus fort sur cette ligne, mais il ne s'étend pas moins à une certaine distance d'elle.
Avec les courants continus cette dérivation est beaucoup plus considérable et ces courants dérivés peuvent faire sentir leur action assez loin du point d'application des électrodes. C'est ainsi qu'un des pôles étant placé à la partie supérieure de la moelle, l'autre sur la région lombaire, on obtient des bourdonnements d'oreilles, des phosphènes : Legros et Onimus attribuent ce fait aux courants dérivés*
Ces courants sont naturellement un obstacle à l'électrisation localisée ; comme ils sont d'autant plus marqués que les électrodes sont plus larges, on se servira d'électrodes étroites toutes les fois qu'on voudra exciter un nerf ou des contractions musculaires isolées.
Effets physiques de l'électricité. — Les phénomènes physiques de l'électricité sont la lumière, la chaleur, le transport mécanique des corps.
1° L'électricité ne produit sur l'organisme aucun phénomène de lumière.
2° Il y a dégagement de chaleur toutes les fois que l'électricité trouve une résistance à son passage. Les tissus vivants n'étant pas de bons conducteurs, il était à supposer que l'électricité y développerait de la cha-
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leur. Legros et Onimus ayant fait des expériences à ce sujet n'ont pas obtenu de résultats nets et précis.
3° Le courant électrique transporte les corps, et, comme il se dirige du pôle positif au pôle négatif, le transport se fait dans le même sens.
Legros et Onimus ont étudié l'influence de l'électricité sur les phénomènes d'osmose, et ont reconnu que le courant électrique favorise ou renverse même le courant endosmotique suivant que le pôle positif est placé dans l'une ou l'autre solution. Si le pôle positif baigne dans l'eau pure et le pôle négatif dans l'eau gommée, le courant endosmotique est renforcé et le niveau du liquide du tube renfermant l'eau gommée s'élève rapidement. Si le pôle positif est i>lacé dans l'eau gommée^ le courant endosmotique se renverse. Cette influence est sans doute applicable à l'organisme, mais ici la question est plus compliquée, car il faut tenir grand compte de l'électricité sur les vaisseaux (voyez plus bas].
in. — Action chimique de l'électricité sur l'organisme.
L'électricité décompose les corps, et cette décomposition a ceci de remarquable que les bases des sels se rendent au pôle négatif et les acides au pôle positif.
Cette séparation des corps constitutifs des sels a pour conséquence une action caustique aux deux pôles. Au pôle positif, l'eschare rougit le papier de tournesol, elle est ferme, sèche, comme toute eschaie produite par les acides ; au pôle négatif, l'eschare est alcaline et humide, ainsi que cela s'observe avec les caustiques alcalins.
Les courants continus ont une action chimique
beaucoup plus intense que les courants induits; aussi est-il nécessaire de régler leur intensité, par un galvanomètre, lorsqu'on les applique dans un autre but que la cautérisation des tissus.
La quantité de substance décomposée est proportionnelle à la quantité d'électricité qui passe dans un temps donné.
Les courants électriques coagulent le sang à l'électrode positive ; sur cette propriété est fondée une méthode de traitement des anévrysmes.