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CURARE

La curarine n'est pas employée, mais elle mériterait de l'être .

La richesse clu curare en curarine est très variable.

Le curare produit une paralysie générale. Pour analyser ce phénomène, il faut recourir à l'expérimentation chez les animaux par des doses mortelles. Nous étudierons d'abord les effets de l'intoxication, puis ceux qu'on observe chez l'homme avec les doses thérapeutiques.

Analyse de la paralysie générale. — Quand on injecte sous la peau d'un animal une solution de curare, celui-ci, au bout de quelques minutes, a une marche hésitante, puis il se couche, devient immobile, et rien ne peut le faire sortir de son immobilité ; la circulation et la respiration se ralentissent, puis s'arrêtent, le cœur en dernier lieu. La mort est le résultat de l'asphyxie, et l'asphyxie arrive quand la paralysie a atteint les muscles respirateurs.

Cette immobilité de l'animal pourrait être produite par différents mécanismes : i° par une anesthésie générale qui empêcherait l'animal de percevoir les excitations; 2'^ par paralysie de la fibre musculaire; 3° par paralysie des centres nerveux; 4° par paralysie des cordons nerveux moteurs; 5° par paralysie des plaques terminales motrices.

Il s'agit donc de savoir par lequel de ces mécanismes arrive la paralysie, et c'est à notre illustre physiologiste Claude Bernard que nous devons les expériences si judicieuses qui lui ont permis de résoudre ce problème.

Berlioz. — Thérapeutique, 2« éd. 3

s 8 PARALYSO-MOTEURS.

1° La 'paralysie n'est pas le 7^ésultat de Vanesthésie.

— Chez un animal on lie les artères et les veines des deux memhres postérieurs, puis on l'empoisonne. Le tronc et les membres antérieurs se paralysent, mais non les postérieurs. Si on excite par le pincement les membres antérieurs, ceux-ci, paralysés, ne peuvent répondre à l'excitation ; mais les membres postérieurs, non paralysés, s'agitent : ce qui prouve que l'animal a senti. Si l'on enlève la ligature, les membres postérieurs se paralysent à leur tour.

2° La "paralysie ne porte pas sur la fibre musculaire, car les muscles restent toujours excitables par l'électricité chez les animaux curarisés.

3° La paralysie ne porte pas sur les centres nerveux.

— La première expérience prouve encore que les centres nerveux restent indemnes, car si c'étaient le cerveau et la moelle qui fussent paralysés, il n'y aurait pas de raison pour que les membres postérieurs conservassent leurs mouvements.

4° La paralysie ne porte pas sur les cordons nerveux moteurs. — En effet, si on coupe une patte de grenouille, qu'on fasse tremper le nerf sciatique seul dans une solution de curare, puis qu'au bout d'un certain temps on porte sur ce nerf des électrodes, cette excitation électrique produit des contractions dans la patte.

5° La paralysie atteint la plaque terminale motrice.

— Si on trempe celte même patte de grenouille dans la solution de curare, de façon à y faire baigner les muscles, et qu'au bout d'un certain temps on électrise le nerf sciatique, il ne se produit plus de contractions dans la patte.

Le curare ne produit la paralysie ni des nerfs vaso-

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