TABAC
Les feuilles du tabac {Nicotiana tabacum) renferment des quantités variables de nicotine suivant leur provenance : le Lot en renferme 8 p. 100, le Nord, le Virginie, leKentucky, 6-7 p. 100, le Marylcmd, V Alsace 2-3 p. 100. La fermentation que subit le tabac dans les manufactures lui fait perdre les deux tiers ou la moitié de son alcaloïde ; la combustion diminue encore cette proportion, car la nicotine se décompose à des températures peu élevées.
Le tabac renferme en outre une substance solide, volatile, la nicotianine, qui produit de la céphalalgie, des nausées et des vomissements.
La fumée de tabac contient de la nicotine (Heubelj Malsens, Rabuteau). Mais cette substance n'y existe pas seule, en effet, la combustion du tabac donne naissance à la formation de divers principes volatils qui, d'après Vohl et Eulenberg, ont à peu près la même action que la nicotine, mais moins intense. Ce sont la pyridine{C^E°Az],laipicoline{C'^E^Az),\ailutidi7ie{CR^Az)j la collidine (C^H^ *Az) (Nothnagel et Rossbach). On trouve aussi dans la fumée de l'acide cyanhydrique, sulfhydrique, de l'oxyde de carbone, de l'azote, de l'oxygène.
Plus la combustion du tabac est complète, moins la fumée est toxique, aussi un tabac est-il plus facilement supporté fumé en cigai^e qu'en pipe.
On sait les effets que produit le premier cigare ou la première pipe : vertiges, maux de cœur, nausées, vomissements ; l'habitude fait disparaître tout cela. On reconnaît généralement que l'action dé fumer rend l'esprit plus vif, le travail plus facile, le besoin de manger moins impérieux. Ces effets expliquent l'usage si répandu du tabac.
BstiLioz. — Thérapeutique. 9
U6 NEVRO-MUSCULAIRES.
Le tabac à priser renferme peu de nicotine. Il ne produit que des effets locaux dus à l'irritation de la muqueuse pituitaire.
Son conlact presque inévitable avec le pharynx détermine une pharyngite catarrhale chronique.
S'il tombe dans l'estomac en trop grande quantité, il peut en résulter des accidents toxiques. On a vu 2-3 gr. de tabac à priser ingérés dans l'estomac produire Ja mort (Nothnagel et Rossbach).
Le tabac chiqué est naturellement plus dangereux que fumé. Le tabac à chiquer est une préparalion où il entre peu de tabac.
Les lavements de tabac étaient fréquemment employés dans les étranglements intestinaux; ils sont aujourd'hui presque abandonnés.
Il vaudrait mieux avoir recours à la nicotine qu'au tabac, en jaison de la difficulté de savoir la teneur du tabac en nicotine.
Dans la constipation la fumée de tabac est très souvent utile. D'après Trousseau, beaucoup de personnes ne vont à la selle qu'après avoir fumé. Nous avons fait la même remarque.
L'usage du tabac doit être proscrit aux personnes atteintes de stomatites, angines, laryngites.
Doses : feuilles de tabac : O^^IO — i^' pour infusion ou lavement.
ÛUBOISINE.
La duboisine, alcaloïde du Duboisia myoporoïdes, (Solanées), a été découverte en 1878 par Gerrard et Petit. Sa formule est celle de l'atropine. Elle a du
reste les mômes effets que celle-ci sur la pupille, la circulation, la respiration et les sécrétions.
Elle est employée surtout comme mydriatique, et les ophthalmologistes ne sont pas d'accord sur les avantages ou les désavantages qu'elle peut avoir sur l'atropine.
Dujardin-Baumetz a constaté que la duboisine s'accumulait dans l'organisme, et il conseille de ne pas la donner plus de six à huit jours de suite.
Dose : 1/4 à 1/2 milligr. par jour.