ULCÈRE ET CANCER GASTRIQUE
De plus, nous devons demander ce que peut Thomœopathie contre les accidents de T ulcère gastrique, l'hémorrhagie et la perforation. La première est rarement assez longue pour nécessiter un autre traitement que celui de Tulcère. Mais s'il en fallait un, les médicaments dont je parlerai lorsque j'en viendrai à traiter de Thématémèse, notamment l'Ipécacuanha et FHamamelis réussiront probablement. Quant à la perforation, la question est si nous sommes justifiés en négligeant le traitement usuel par rOpium. « Les seules terminaisons heureuses de cet événement relatées, » dit le D' Wilson Fox, « sont celles dans lesquelles le traitement opiacé fut employé. » La perforation eut lieu dans deux des cas auxquels j'ai renvoyé, celui du D' HoUand dans le quatrième, et du D"^ Kafka dans le quinzième volume du British Journal of Homœo'pathy .
Dans le premier cas, la patiente sortit du coUapsus immédiat sous l'influence d'Arsenicum 30® ; mais le médicament n'ayant pas été continué, les mêmes symptômes reparurent quelques heures après, et elle mourut dixneuf heures après sa première atteinte. On ne trouva pas de péritonite à l'autopsie. Dans le second cas, il y en eut une qui fut combattue par Belladonna, et le malade guérit. Ceci est suffisant, je pense, pour justifier un essai loyal de nos médicaments ordinaires dans la perforation suivant ses conséquences. Mais des expériences plus approfondies sont nécessaires pour estimer leur utilité comparative.
Vient ensuite le
CAKCSR DE L'E^TOMAO. .
Pouvons-nous modifier le pronostic désespéré que porte la vieille médecine lorsqu'elle reconnaît cette maladie? Je n'ai à vous oflFrir que des probabilités quant à l'affirmative; mais telles qu'elles sont, elles m'inspireraient plus d'espoir pour le cancer gastrique plutôt que pour toute autre forme de cancer interne.
Des deux cas relatés dans le British Journal of Ho-
mœopathy^ comme exemples supposés de cette maladie, j'ai déjà donné mes raisons d'en écarter un (celui du D' Belle) vers une autre catégorie.
On peut lire la relation du second, par le D' With Meyer, dans le treizième volume.
La patiente était désespérée, et son âge (45 ans) favorisait Tinterprétation carcinomateuse de ses symptômes, qui embrassaient presque tous les traits de la maladie, j compris une tumeur non douteuse.
Elle guérit complètement avec Arsenicum et Calcarea, etfielladonna et Chamomilla pour les symptômes subjectifs.
J'ai maintenant à vous rappeler les témoignages que j'ai récoltés de Friedreich et Nussbaum dans la vieille école, et de Fisher dans la nôtre, quant à la valeur du Condurango, et le cas que j'ai cité en traitant de l'Hydrastis (1) ; je pense qu'ils sont tous suffisants pour démontrer que nous pouvons entreprendre le traitement de tout cancer gastrique supposé avec un fond raisonnable d'espoir. Supposons que tous ces cas aient été mal diagiiostiqués, ils n'en sont pas moins des exemples de guérison d'un état morbide douloureux et menaçant, contre lequel les moyens thérapeutiques ordinaires étaient impuissants. Le malade confié à nos soins comme victime d'un squirrhe peut n'en pas en être affecté d'une manière évidente ; mais pour tous les desseins pratiques il l'est, et en conséquence une guérison aura d'autant plus de prix.
Même lorsque la guérison est impossible, les médicaments homœopathiques seront capables de pallier le mal plus efficacement que les expédients grossiers de la vieille école. La Créosote (bien entendu sous forme atténuée) est souvent bienfaisante dans les vomissements, et les médicaments choisis d'après la similitude des douleurs qu'ils déterminent avec celles que présente le malade peuvent faire plus pour son soulagement que la morphine,
(1) Voy. AnnaU, IV, 542,