ACIDITÉ
Le D^ Chambers a fait ressortir d'une manière très puissante comment cette affection peut être la conséquence d'un défaut de vitalité de l'estomac, permettant aux éléments sucrés et gras des aliments de subir la fermentation acide. Mais je le crois dérouté par sa théorie lorsqu'il rejette la possibilité d'une hypersécrétion de suc gastrique comme étant un excès de vitalité, ce qui est impossible. Un médecin de notre école, le D' Inman, a pris beaucoup de peine pour prouver qu'une sécrétion excessive implique toujours un état de dépression de l'organe sécréteur ou de la constitution générale. Et je ne puis que penser, avec le D' Wilson Fox, que l'acidité, comme cela a lieu dans un estomac vide, dépend souvent de l'hypersécrétion. C'est un symptôme qu'il n'est pas facile de soulager. On peut faire quelque chose àTaide d'un régime soigné ; autre chose encore à l'aide du jus de limon, comme le conseille le D'^ Kidd dans son important mémoire sur cet agent (1), deux heures après le repas .
Après tout, je trouve dans Calcarea le médicament le plus utile. Phosphorus, Kali carbonicum et Sulfuris acidum sont aussi préconisés, le dernier par Hahnemann lui-même. J'ai à peine besoin de vous dire que les alcalins favoris de la vieille école sont tout à fait inadmissibles, excepté comme expédient momentané très j-are.
CAHDIALGIS.
La brûlure d'estomac est un autre symptôme gênant; gênant à supporter et gênant à traiter. Lorsqu'il est évidemment allié à l'acidité, le traitement de cette dernière peut être tout ce qu'il faut. Lorsqu'il n'existe aucun symptôme d'excès d'acide, le D"^ Chambers pense que le « fer chaud » résulte de l'hyperesthésie des nerfs gastriques. Il
(1) Brit. Journ. of Hom., XXI, 37.
PYRosis. 327
devrait donc être tenté aussitôt après le repas , et non, comme dans l'autre forme, trois ou quatre heures plus tard. Les médicaments qui m'ont donné les meilleurs résultats dans cette affection sont Pulsatilla et Capsicum, le dernier pendant le temps de la souffrance, le premier pris régulièrement. Le D' Drurj préconise l'Ammonium carbonicum.
PYROSIS.
Il est beaucoup plus accessible à nos moyens, mais se rencontre proportionnellement moins. J'ai rarement échoué à le soulager assez rapidement avec Lycopodium^ et lorsque celui-ci n'a pas atteint le but, Niuc vomica a réussi. Bryonia aussi a le pyrosis si bien marqué dans sa pathogénésie (y compris la douleur contractive à l'extrémité inférieure de Tœsophage si souvent ressentie concurremment avec lui), qu'on ne doit pas l'oublier. Je pense que le pyrosis, accompagné du rejet d'un liquide à goût acide mentionné par le D' Marston conmie curable par Pulsatilla, est une éructation de l'estomac plutôt que le vrai pyrosis. Le D"^ Bayes conseille Veratrum dans les cas où il y a beaucoup de douleur après avoir mangé, avec froid des mains et des pieds.
Comme Taçidité, la flatulence peut être le résultat de dégagement de ga2 de la décomposition des aliments, et céder ainsi au traitement indiqué par l'afTection primitive. Elle peut résulter aussi de la mauvaise habitude d'avaler beaucoup d'air avec les aliments. Mais je ne puis m'empêcher de penser, avec le D' Inman, que l'intestiil possède une propriété, lorsqu'il est dans un état d'affaiblissement, de former des accumulations gazeuses. C'est de là, d'ailleurs, que résulte la tympanite de l'inflammation du péritoine, et il n'est rien autre pour l'expliquer que l'état de paralysie des fibres musculaires.
Nous avons deux excellents médicaments pour cette
affection : Carbo vegetahilis et Xj/copodium, Les deux conviennent à radynamie générale et intestinale présentes d'ordinaire lorsqu'il y a flatulence excessive. Je crois le premier préférable lorsque Testomac et l'intestin grêle sont le siège de la distension, laquelle tient souvent le malade éveillé toute la nuit (comme l'ont observé les docteurs Ghambers et Bayes). Les intestins sont à l'état normal ou tendent à la diarrhée. La flatulence indiquant le Lycopodium paraît siéger plutôt dans les côlons, et est presque toujours accompagnée de constipation. Le D*" Bayes ajoute qu'elle est incarcérée; en même temps, pour la flatulence qui se fait souvent jour par l'œsophage, il recommande Argentumnitricum, et j'ai souvent vérifié l'exactitude de son indication. L'acide Carbolique et Nux moschata doivent aussi être consultés.
La dernière des affections de l'estomac dont j'ai à parler est le vomissement.
Je n'ai pas besoin de vous dire que c'est un symptôme très commun dans les maladies organiques de l'estomac, dans ses névroses et ses dyspepsies. Il n'est pas non plus nécessaire de vous rappeler combien il est souvent sympathique d'une affection siégeant partout ailleurs, d'affection du cerveau, des oreilles, du cœur, des poumons ou des reins, de tumeurs abdominales, même de l'état gravide de l'utérus. Dans tous ces cas, le traitement principal doit être adressé à la maladie primitive, dont j'ai traité ou dont je traiterai en temps et lieux. Mais même dans les cas d'affection éloignée, en particulier si elle est chronique, vous aurez souvent besoin d'un médicament pour le vomissement lui-même, et vous trouverez celui-ci dans la Créosote. Nous devons la détermination de la place distincte de ce médicament à M. le D^ Hilbers, et ce n'est pas une petite dette. Plus récemment, l'Apomorphine est venue occuper un rang semblable ainsi que je l'ai dit dans ma Pharmacodynamique.
VOMISSEMENT, HEMATEMéSE. 329
Le grand médicament du vomissement gastrique est VIpécacuanha. Vous vous rappellerez les indications de son emploi auxquelles j'étais arrivé lors de mes leçons sur lui, la présence d'une irritation muqueuse modérée déterminant, par excitation réflexe, une action musculaire expulsive disproportionnée dans Forgane. Nous avons toujours cet état dans les cas gastriques, et toutes les fois qu'alors les vomissements sont un symptôme prédominant, vous devez songer à Tlpécacuanha.
Les vomissements du mal de mer ne sont pas beaucoup atteints par les médicaments donnés au moment même, quoique j'aie, cela en commun avec d'autres, retiré des avantages considérables du Petroleum. L'Apomorphine peut trouver place ici (1). Cocculus a pourtant été trouvé si heureux en arrêtant la tendance à la même espèce de nausée qui affecte quelques personnes en voiture, qu'il pourrait être ajuste titre essayé comme prophylactique contre le mal de mer.
Qu'elle signifie ulcère ou cancer, ou congestion portale, elle doit être arrêtée promptement. Jpécacuanha est encore très bon ici, de même qn^Hamamelis, Je donne en général les deux alternés rapidement, mais il serait d'une meilleure pratique d'administrer seul l'un ou l'autre. L'Ipécacuanha, en raison de sa réputation établie de longue date, mérite la préférence. Lorsque vous avez arrêté Thémorrhagie pour un temps, vous pouvez alors essayer de combattre la cause. Si Thémorrhagie est le résultat d'une violence mécanique, vous devez nécessairement donner Arnica,
Le pouvoir qu'ont nos médicaments sur l'hémorrhagie est curieux, mais non douteux. Quoique tout prêt à employer les hémostatiques de la vieille école en cas de besoin, exactement comme je placerais une ligature au-
1) Voy. Monthly Hom, Revietv.^ XX, 766.
tour d'une artère superficielle qui aurait été blessée; je n'ai. cependant jamais eu l'occasion d'y recourir. C'est là un point sur lequel un commençant a naturellement besoin d'être encouragé, et je suis heureux d'être en état de le faire.
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