‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 105 sur 189 · LETTRE XXV · texte numérisé non relu

LETTRE XXV

Les Intestins.

Je passe actuellement de Testomac aux Intestins^ et je vais traiter des maladies qui les affectent, en commen-» çant par celles qui ont un caractère inflammatoire,

SNTÉRITB.

Par ce mot, j'entends une inflammation commençant dans la membrane muqueuse intestinale, soit qu'elle se limite à cette membrane, soit qu'elle intéresse les autres tuniques de l'intestin. Ceci nous impose une division de notre sujet, savoir : une muco-entérite et une entérite. Ensuite, l'affection prend encore une forme spéciale selon la portion de l'appareil qui se trouve affectée ; et, de la sorte, nous avons à distinguer pour le traitement une duodénite, une typhlite et une proctite. Je vais essayer de vous donner quelques conseils thérapeutiques pour chacune de ces formes.

1. La muco-entérite présente, comme ses deux formes les plus communes, la diarrhée inflammatoire (le catarrhe intestinal aigu des Allemands et la n fièvre rémittente gastrique » des jeunes enfants. Toutes deux seront étudiées à leur place particulière. Je n'ai à parler ici que de la muco-entérite telle qu'elle se présente chez les adultes, d'habitude sous une forme chronique, en général associée à la gastrite, et rendue évidente par la langue pathogno-

monique «bovine» (1). Ce n'est pas une affection qui promet. Arsenicum fera pour elle plus que tout autre médicament. Vient ensuite Mercurius corrosivus et aoidum oxalicum.

Je pense aussi que vous ferez bien d'appeler Thydropathie à votre aide, sous forme de compresses continuellement appliquées sur l'abdomen.

2. La vraie entérite^ distincte de la muco-entérite par ses violentes douleurs analogues à celles de la péritonite, et sa constipation, serait admirablement atteinte par Mercurius ccrroswus ou Colocynthis si elle siégeait dans le gros intestin. Le dernier serait préférable au premier s'il y avait beaucoup de coliques, et si le rectum était intéressé. L'Aconit pourrait avec avantage précéder ou être alterné avec Tun ou l'autre. Dans la vraie entérite de l'intestin grêle, cependant, je ne saurais indiquer avec précision un médicament. Le Podophyllum est le seul poison qui enflamme la membrane muqueuse de cette portion du canal intestinal, et je n'ai pas de preuves que son action ait atteint jusqu'au péritoine. J'aurais recours à l'Aconit plutôt qu'à tout autre médicament, et Hartmann parle en termes assurés de sa suffisance dans tous les cas de vraie entérite. Quant à l'inflammation intestinale survenant avec les hernies, l'étranglement interne, l'obstruction, l'invagination, j'en parlerai plus tard.

3. La duodénitè se présente d'ordinaire à nous comme la base d'une forme de dyspepsie aiguë ou chronique. Dans la première, le processus catarrhal peut s'étendre aux conduits biliaires et causer une jaunisse. Ici, on trouvera Podophyllum spécifique. Il ne manquera pas non plus son effet dans la duodénite chronique, quoique je pense que vous serez obligé quelquefois de recourir à Arsenicum. Kali hichromicum, qui agit si spécifiquement sur cette portion des intestins, est plus précieux dans la

(1) Beefyy en anglais littéral, de bœuf, signifierait une langue ressemblant à de la chair de bœuf.

(Note du traducteur.)

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