‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 108 sur 189 · COLIQUE, DIARRHÉE · texte numérisé non relu

COLIQUE, DIARRHÉE

car il donne bientôt du soulagement, même aux doses atténuées en usage dans notre école. On peut trouver des exemples de cette assertion dans le troisième volume du British Journal of Homœopathy (p. 213), et le quatrième volume des Annals (p. 287) (1). Il n'y a nécessairement pas de raison pour que des bains chauds et des lavements ne hâtent pas le soulagement de votre patient. Je n'ai rien dit de Dioscorea dans le traitement de la colique, parce qu'en réalité je ne sais à laquelle des catégories de raffection la rapporter. La a colique bilieuse, » pour laquelle elle fut préconisée d'abord, semblerait être la douleur accompagnant le passage des calculs biliaires, qui n'est pas en question ici. Cependant, comme ce médicament détermina chez ses expérimentateurs une véritable douleur ombilicale, il est probable qu'il trouvera place dans le traitement de la vraie colique ; et il peut bien être mis en réserve comme pis aller. M. Clifton pense que c'est la colique flatulente qui en appelle l'emploi (2), et d'autres auteurs décrivent ses douleurs comme revenant à des intervalles réguliers, et souvent associées à des souffrances analogues dans d'autres régions. ■ r^i^

Je vais maintenant parler des aux morbides des intestins. Parmi ceux-ci, le Choiera s'est déjà montré à nous parmi les maladies générales, et le a Choiera infantile » sera étudié parmi les maladies des enfants. Ici, nous ne traiterons que de la diarrhée et de la dysenterie.

Commençons par la

Je n'ai pas à parler aujourd'hui de cette maladie telle qu'elle survient chez les enfants, ni de son apparition comme complication d'affections générales, comme des fièvres, ou comme symptôme d'une affection intestinale, comme l'ulcération. Je bornerai mes remarques à ces cas dans lesquels la diarrhée, aiguë ou chronique, se présente à nos soins comme maladie idiopathique . En vous

(1) Voyez aussi VArt médical, XLIV, 338.

(2) Monthly Homœopathic Review, XXI, 473.

suggérant des médicaments pour ses diverses formes, je dois vous mettre en garde contre la supposition que vous pourriez faire que j'entends qu'ils sont les seuls ou même les meilleurs remèdes que vous puissiez employer. Il n'y a" aucun eifet pathogénique plus commun que la purgation chez les médicaments, et il est probable que chaque substance dans la nature qui, par affinité spécifique, et pas simplement par irritation locale, cause de la diarrhée, a quelque variété correspondante de Tafi'ection idiopa^ thique pour laquelle elle se trouve être un remède meilleur que tout autre. En vérité, vous ne pouvez faire mieux que de vous rafraîchir de temps en temps la mémoire au sujet des caractéristiques de Taction de vos anciens amis les cathartiques, si vous voulez voils trouver complètement armé pour combattre la diarrhée. Mais dans un ouvrage comme celui-ci des détails aussi minutieux sont impossibles, je ne puis que vous dire quels médicaments moi-même et d'autres avons trouvé les plus utiles dans les principales formes que présente la maladie,

1. Incontestablement la cause la plus fréquente de [la diarrhée aiguë est l'élévation de la température. Tous nous sommes appelés à la traiter pendant l'été. Dans mon expérience, l'histoire de cette maladie et de son traitement a été depuis de nombreuses années comme il suit. En juin et juillet, il y a eu une simple augmentation dans la fluidité, la fréquence et la quantité des selles, avec des douleurs de tranchées plus ou moins intenses dans l'abdomen. Le médicament que j'ai trouvé spécifique dans ce genre de diarrhée a été China â la 1"^^ dilution. J'en donne une goutte ou deux à la fois et en répétant la dose après chaque évacuation, il est rare qu'il soit nécessaire d'administrer plus de deux ou trois doses. La douleur cesse presque immédiatement. Quelquefois les selles sont plus aqueuses et expulsées avec plus de violence, mais avec moins de tranchées ; et l'attaque tout entière est annoncée par un vomissement subit. Ici Veratrum agit même mieux que China, et peut lui-même être remplacé par Croton si les selles sont très subites et

copieuses, fluant du malade comme poussées par une seringue. En avançant dans août et septembre, les vomissements et les selles vont ensemble pendant toute l'attaque, et les déjections sont largement mêlées de bile. C'est la diarrhée qui dans ses formes les plus graves- est connue sous le nom de « Choiera nostras. » Je crois que son remède spécifique est F/m versicolor.^ que je donne par gouttes de la première dilution toutes les heures environ.

J'ai été obligé de présenter d'une manière saillante les résultats de ma propre expérience quant à la diarrhée d'été, parce que c'est une affection trop commune pour qu'on en trouve des cas imprimés. Autant que je connaisse la pratique de mes collègues, China et Veratrum en sont pour eux comme pour moi les principaux remèdes, et le D' Lade a publié (1) des résultats semblables à ceux que j'ai obtenus moi-même avec Iris dans le Choiera anglais (Choiera nostras). Quant aux auteurs, il a existé chez eux plus de préoccupation sur les troubles gastriques coexistants que mes observations dans ce pays ne le justifient, en sorte que Ipecacuanha et Pulsatilla jouent un rôle proéminent parmi les médicaments recommandés. Dulcamara, de plus, paraît hautement estimée lorsque les variations de température semblent être cause déterminante.

2. La diarrhée aiguë par suite de nourriture malsaine n'est sans doute qu'une manifestation de plus de la dyspepsie aiguë, et requiert le même traitement, avec Nux vomica, Pulsatilla ou Colocynthis (le dernier prenant la place d'Arsenicum) selon la nature des ingesta nuisibles, et le dépérissement temporaire.

3. La diarrhée causée par des effluves nuisibles est probablement salutaire, et en tout cas ne nécessite pas d'autre traitement que la Baptisia que vous donnerez pour prévenir ou guérir tous autres résultats de ces effluves sur l'économie.

■ (1) Voy. Monthly JJom* Bev.^ X, 28.

4. La diarrhée inflammatoire est une sorte de Coryza intestinal, et un premier pas de la diarrhée simple à la muco-entérite et à la dysenterie. L'Aconit seul suffit souvent pour l'arrêter, mais il peut, s'il est nécessaire, être renforcé par Bryonia lorsque le temps est sec, par Dulcamara si au contraire il est humide.

5. La diarrhée chronique est généralement un symptôme de quelque affection plus profonde, intestinale ou générale. Mais il se présente des cas qui sont de la diarrhée et rien de plus. De cette nature est le a flux blanc )> du soldat Indien, et la « diarrhée des camps » des soldats Européens et Américains, résultat d'une chaleur continue, d'une part, du mauvais régime, de l'exposition aux intempéries et aux exhalaisons fétides, d'autre part. Je ne saurais dire si des conditions hygiéniques améliorées sont aussi indispensables qu'elles sont désirables pour ces patients. Je puis seulement vous apprendre que nous avons dans China et dans Arsenïcum les deux médicaments les meilleurs pour eux. China convient mieux quand l'affection est simple, passive et indolore ; Arsenïcum lorsque les altérations intestinales paraissent plus profondément situées. Un de mes amis au service de la Compagnie péninsulaire et orientale eut plusieurs occasions de traiter des soldats rapatriés pour des diarrhées chroniques avec ce médicament ; et il me rapporta qu'un de ses collègues lui dit :

« Bien, je ne connais rien en Homœopathie, mais je crois certainement en l'Arsenic pour la diarrhée chronique. » Je donne China à la première dilution décimale, Arsenic à la troisième trituration décimale.

Dans une autre forme de diarrhée chronique, la persistance de l'affection, probablement aiguë à l'origine, paraît dépendre d'une débilité nerveuse. Phosphorus et Phosphori acidum prennent ici la place d'Arsenicum et China, ayant les mêmes indications différentielles. Quelquefois, lorsque la diarrhée se montre de bonne heure le matin, on fera bien de substituer un médicament ayant ce trait parmi ses caractéristiques. Tels sont Sulfur, Po-

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dophyllum, Aloës, Apis, Nuphar lutea et Rumex crispus. Vous trouverez les indications de chacun d'eux dans ma Pharmacodynamique à, propos de leur étude. J'ai ensuite à. parler de la

Il est douteux que la véritable dysenterie se voie jamais dans sa période aiguë dans ce pays, sinon dans des circonstances exceptionnelles^ comme dans la prison de Milbank, en 1847.

Par vraie dysenterie, j'entends une maladie fébrile spécifique causée par des émanations marécageuses, et ayant avec les glandes solitaires du gros intestin la même relation que la fièvre typhoïde possède avec les glandes agminées des intestins grêles. Les affections qui, en Angleterre, se rapprochent le plus de cette maladie sont : lo la diarrhée dysentérique, dans laquelle un flux primitivement fécal devient mucoso-sanguinolent, accompagné de tranchées et de ténesme ; 2^ une muco*entérite du côlon et du rectum. Dans chacun de ces deux états MeV' curius Corosivu^ est notre grand médicament.

Hahnemann fut le premier à le préconiser, disant (en 1830), « Une très petite portion d'une goutte de la quinzième dilution, et mieux de la trentième, est selon moi presque spécifiquement curative de la dysenterie automnale commune, en en donnant une seule dose : C'est ici que Tefficacité dutraitementhomœopathiqueest déployée de la manière la plus satisfaisante. » Il est évident, en vérité, que nous avons dans le Sublimé corrosif l'exact simillimum de tous les traits essentiels d'une attaque ordinaire de dysenterie ; et tous les observateurs subséquents ont pu confirmer la valeur de la remarque de Hahnemann, quoiqu'ils le donnassent à des dilutions plus basses et en le répétant plus fréquemment. Si la température est très élevée, et que le malade ait de la soif et de l'agitation, vous pouvez commencer par Aconit ; mais je pense qu'il est rarement nécessaire.

H y a quelques autres médicaments utiles à roccasion dans ces dysenteries sporadiques dont je dois faire un peu mention. Le Mercure lui-même a toujours une tendance dysentérique dans sa diarrhée, et est préféré par quelques praticiens (M. Solubilis ou Vivus) pour les enfants, et dans la forme moins douloureuse et non sanglante « (dysenterie blanche) » des adultes.

D'autre part, lorsque la colique est plus violente que d'habitude, Colocynthis peut quelquefois avantageusement renforcer et même remplacer le Sublimé corrosif, on peut dire la même chose de TAloës, lorsque le ténesme est très incommode. Ce dernier, cependant, est plus efûcace lorsque le ténesme persiste après la disparition des symptômes inflammatoires. Lorsque Thémorrhagie est considérable, Arnica et Ipecacuanha méritent d'être « consultés. » Le premier, de plus, à un pouvoir considérable sur les tranchées, et le ténesme est quelque peu sous le contrôle du second. Capsicum est estimé par Joussèt comme le médicament principal de la dysenterie dans son plein développement ; je n'ai pas d'autres renseignements sur lui dans ce cas. Si l'affection est dès l'origine bornée au rectum et qu'il y ait prolapsus à chaque selle, Podophyllum peut être le meilleur médicament parmi tous ; c'est certainement le cas chez les enfants. Si vous ne voyez le malade que lorsque la maladie est déjà avancée et que la prostration est extrême, vous devez d'abord prescrire Arsenicum.

Je ne vois pas actuellement la raison pour laquelle ces médicaments, surtout Mercurius corrosivus, Arnica et Arsenic, ne se trouveraient pas aussi efficaces dans la dysenterie épidémique et tropicale. Il existe une pénurie de faits à l'appui. Bâbr seulement cite une épidémie en 1846, dans laquelle le D'^ Elwart, de Hanovre, traita environ trois cents malades sans une seule mort, la mortaité de la vieille école étant alors de 10 à 20 pour cent. Une spécifie pas les médicaments employés.

En Amérique, où la dysenterie tient probablement le milieu entre la nôtre et celle des tropiques, on publia des

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