‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 121 sur 189 · JAUNISSE · texte numérisé non relu

JAUNISSE

se montrer dans le cours d'autres affections toxémiques* Il peut aussi accompagner Tatrophie aiguë du foie. Dans les cas où la douleur hjpochondriaque et la sensibilité indiqueraient la présence de Tinflammation diffuse qui est la cause de cette dernière affection, j'aurais recours à Phosphoms. Lorsque la jaunisse a son point de départ dans le sang, les venins de serpents, spécialement Cro^ talus, sont indiqués, comme dans la âèvre jaune elle-même. Le B' Jousset dit qu'il a connu quelques cas de guérison d'ictère malin par la teinture mère d'Aconit. Il existe certainement la preuve que ce médicament, dans un cas d'empoisonnement [secundum artem), a causé une jaunisse qui s'est terminée par la mort.

3. Lorsque nous avons affaire à une jaunisse sous une forme chronique, et dans laquelle il n j a pas de signes d'obstruction mécanique empêchant l'écoulement de la bile, nous devons consulter Phosphorus et lodium. Bans ces dernières années on a recueilli les observations de deux cas remarquables de guérison par ce dernier médicament (I) ; il fut donné en basse atténuation.

Parmi les affections de la vésicule du ôel, je ne parlerai que des

La présence de ces calculs est en général annoncée pour la première fois par leur passage dans le conduit biliaire, et la douleur ainsi que les vomissements que ce passage occasionne. Plusieurs de nos médicaments ordinaires sont recommandés dans ce cas par nos manuels. Tels sont Belladonna, Chamomilla, Colocynthis, Bigitalis et Arsenicum. Mon expérience concoide avec celle de Bâhr, qu'aucun succès évident ne peut être obtenu par de tels moyens; et j'avais l'habitude d'avoir recours aux inhalations de Chloroforme, lorsque sur l'avis du B'^Drury j'essayai Calcarea 30*^. L'effet de ce médicament dans le cas que j'eus à traiter le premier ensuite fut quelque chose

(1) Voy» BHU Joum. ofHom., XXII, 357; XXXIV, 381.

ICALABIBS BBS OROANISS DIGESTIFS.

de merveilleux, ei il ne m'a jamais fait défaut depuis. Les D*» Bayes et Dudgeon ont aussi témoigné en faveur de son efficacité. Viendrai-t-il à vous manquer dans un cas? Je puis citer -Berôem comme susceptible de jouer le même rôle ici que nous le verrons jouer dans le passage de la gravelle urique. Dans une légère atteinte que je ressentis une fois moi-même, ce médicament, prescrit par mon ami le D' Edward Blake, me rendit un service signalé ; mais dans une seconde occasion, Calcarea me soulagea beaucoup plus promptement.

Le traitement de la tendance aux calculs biliaires est principalement du ressort de la diète et du régime. Mais je puis appeler votre attention sur Texpérience du D' Thayer, de Boston, touchant la valeur de China dans ces cas. Il affirme qu'avec ce médicament, donné à la 6* dilution et à des intervalles de plus en plus longs, il a pendant plus de vingt ans traité des patients sujets aux passages de calculs biliaires, et n*a jamais manqué d'obtenir une guérison radicale. Quelquefois, dit-il, son premier effet semble être d'expulser les calculs plus rapidement; mais ensuite les attaques cessent de revenir (1).

Telles sont toutes les affections substantielles du 'foie dont j'ai à traiter. Mais le D' Murchison vient dernièrement de jeter une nouvelle lumière sur ce département de la pathologie en appelant notre attention sur les dérangements fonctionnels de l'organe, et en faisant remarquer qu'en y songeant nous ne devons pas limiter nos vues à la sécrétion de la bile. Outre cet office, le foie est une iniportante glande sanguine, ayant beaucoup à faire à la fois avec la formation et avec la purification (par destruction) du fiuide vital, en sorte que ses dérangements fonctionnels peuvent avoir pour conséquence non pas simplement l'altération de la quantité et de la qualité de la bile, mais encore divers désordres de nutrition et d'élimination, tels que le diabète, la lithiase et la goutte,

(1) Je possède un cas de réussite permanente par ce traitement.

(Note du tmdueteur.)

CALCULS BILIAIRBS. 375

ceux-ci à leur tour comprenant diverses affections et même des maladies d'organes particuliers. Ce sont là des études importantes à beaucoup de points de vue, et qui ont aussi une forte portée sur notre sujet spécial.

Suivant la maxime de prescrire sur la totalité des symtômes présentés par le malade, aussi bien dans le passé que dans le présent, nous devons rechercher l'historique de quelque affection du foie dans les cas des maladies spécifiées, et être guidés dans nos prescriptions suivant les renseignements ainsi obtenus. Lorsque le diabète peut être rapporté au foie, le D' Sharp (1) nous a démontré la valeur de Chamomilla qui en pareil cas devrait prendre la place de TUranium ou du Phosphori acidum que nous eussions prescrit sans cela. Lorsque la « lithaemie » est présente par elle-même, ou associée aux symptômes appelés spécifiquement « goutteux » , une origine hépatique suggère le choix de Lycopodium et Sepia, qui ont tous deux la congestion du foie et les urines chargées dans leur symptomatologie.

Lorsque le dérangement fonctionnel du foie se montre simplement par l'excès ou le défaut de hile y Podophyllum ou Leptandra dans le premier cas, et Mercurvus ou Chelidonium dans le second, seront convenables.

(1) Sharp, Essays in Medicine, p. 791.

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